Comment la pièce de Jean Anouilh souligne-t-elle l'actualité de la tragédie au sein du monde moderne ? Le personnage d'Antigone expose aux yeux du spectateur l'impossible conciliation entre la pureté d'un idéal personnel et les compromis de la vie parmi les hommes. Et même Créon le roi doit sacrifier toutes ses aspirations personnelles, y compris la justice et le bonheur, pour le rôle qu'on lui a attribué.
Cet ensemble de cours est consacré à l'étude de la pièce de Jean Anouilh, Antigone, éd. La Table Ronde (première représentation en 1944).
| Outils de la langue | Ecriture | Lecture | Oral | |
| Connaissances | Connaître le vocabulaire de la tragédie (dilemne, fatalité, inéluctable), de l'idéal et du compromis. |
Avoir des connaissances et des repères relevant du temps : les grands traits de l'histoire de la France (la seconde guerre mondiale, le dilemne de la Collaboration ou de la Résistance) Avoir des connaissances et des repères relevant de la culture littéraire : le mythe des Atrides, les caractéristiques du texte théâtral et en particulier de la tragédie (trois unités, bienséances), la composition d'une pièce (exposition, noeud, dénouement), les différences entre théâtre classique et théâtre contemporain. |
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| Compétences | Reconnaître les types et les formes de phrase. Connaître les conjugaisons de l'impératif et du subjonctif. |
Produire un texte avec une présentation adaptée. Écrire lisiblement un texte cohérent et ponctué, en respectant l'orthographe et la grammaire : un dialogue de théâtre. |
Utiliser pour lire ses connaissances sur la langue, des outils appropriés : les types et les formes de phrase, les valeurs de l'impératif et du subjonctif, les figures de style, les éléments du texte théâtral. |
Adapter son mode de lecture à la nature du texte proposé et à l'objectif poursuivi : Lire à plusieurs voix un dialogue de théâtre. |
1. Observez la couverture du livre. Que peut-elle vous apprendre sur l'histoire ?
2. Trouvez, dans le livre, la date de première représentation. Que pouvez-vous en déduire ?
3. D'après la citation suivante, quels évènements sont à l'origine de la pièce ?
"L'Antigone de Sophocle, lue et relue et que je connaissais par coeur depuis toujours, a été un choc soudain pour moi pendant la guerre, le jour des petites affiches rouges. Je l'ai réécrite à ma façon, avec la résonance de la tragédie que nous étions alors en train de vivre." (Antigone, p. 125)
Observez la liste des personnages. Quelles informations donne-t-elle ?
1. Cherchez dans une encyclopédie les histoires d'Oedipe et d'Antigone.
2. Vous chercherez également dans un dictionnaire la signification du mot "mythe".
3. Quel peut être l'intérêt, à cette époque, de reprendre un mythe ancien ?
Observez le texte. Quelles sont les différentes graphies utilisées ? Pourquoi ces différences ?
Observez les énoncés en italique.
1. Quelles sont les différentes formes grammaticales de ces énoncés ?
2. Quel temps est utilisé ? Quelle est la valeur de ce temps ?
Connaissez-vous des exemples d'histoire où l'on connaît la fin dès le début ? Quel est l'intérêt de ce genre d'histoire ?
Lisez le prologue à l'oral en essayant de varier le rythme, le volume, etc. de façon à rendre votre lecture vivante et proche du texte.
1. Qui parle ? Est-ce un personnage de la pièce ? De quelle façon s'exprime-t-il ?
2. Qu'apprend-on sur chaque personnage ? Résumez les différentes informations recueillies dans un tableau.
3. A quelle époque se déroule l'action ?
4. Que va-t-il se passer ? Justifiez votre réponse par des citations du texte.
5. Quelles formes verbales sont utilisées pour annoncer ce qui va arriver ?
1. Est-ce un début de pièce de théâtre courant ?
2. Quelle(s) question(s) se pose(nt) suite à ce début de pièce ? Quelle(s) question(s) ne se pose(nt) pas ?
3. Pourquoi parler de tragédie ? De tragique ?
Qu'est-ce qui fait qu'on est touché par le personnage d'Antigone ?
1. Antigone et la nourrice parlent-elle l'une avec l'autre ?
2. De quelle façon Antigone s'exprime-t-elle ?
3. Comment imaginez-vous la nourrice ? Physiquement ? Moralement ? Dans quel genre de pièce l'imagine-t-on ?
4. Quelles sont toutes les émotions que montre Antigone dans ce passage ?
Dans quelle situation se trouve le personnage d'Antigone par rapport aux autres ?
1. "Nous ne pouvons pas." (p. 23)
a) De quoi parle Ismène ? Pourquoi ne le dit-elle pas clairement ?
b) D'après Ismène, pourquoi est-ce que ce n'est pas possible ? Quels sont tous les arguments qu'elle utilise ?
c) Comment parle-t-elle à sa soeur pour essayer de la convaincre ?
2. Que remarquez-vous dans les réponses d'Antigone à Ismène ?
1. Comment chacune des deux soeurs voit-elle la situation ?
2. Comment comprenez-vous la réplique d'Antigone p. 32 : "Pauvre Ismène".
3. Pourquoi la tentative d'ismène pour convaincre Antigone paraît-elle dérisoire au spectateur ?
1. Qui prononce ces répliques ? Classez-les selon qu'il s'agit d'Ismène ou d'Antigone.
"Pourquoi ?"
"Moi aussi j'aurais bien voulu ne pas mourir."
"Moi, je ne suis pas le roi."
"Ecoute-moi."
"Essaie de comprendre au moins."
"Moi, je ne veux pas comprendre."
"Tu n'as donc pas envie de vivre, toi ?"
"Je t'en supplie !"
2. Que pouvez-vous dire sur les phrases prononcées par l'une ou l'autre ?
1. Indiquez le type et la (les) forme(s) de chacune de ces phrases.
a) Le jardin dormait encore.
b) Ce n’était pas moi qu’on attendait.
c) D’où viens-tu ?
d) Il n’était pas quatre heures !
e) Fais la folle !
f) Ne pleure plus.
g) Toi, tu étais ma préférée.
h) Ne laisse pas couler tes larmes.
2. Indiquez le type d'interrogation utilisé (totale, partielle, rhétorique).
a) Antigone n’incarne-t-elle pas la résistance de l’époque ?
b) Antigone a-t-elle désobéi à son oncle ?
c) À quel moment se passe la scène ?
d) Antigone aime-t-elle la vie ?
e) Comment se comporte la nourrice ?
3. Conjuguez les phrases suivantes au présent de l'impératif
a) Tu prends ton sac.
b) Tu ne lui écriras pas.
c) Vous lui rappellerez son passé.
d) Tu lui donnes de l'eau.
f) Tu y vas.
h) Tu songes aux conséquences.
1. Dans cette scène, que cherche à faire Créon ? Que cherche à faire Antigone ?
2. D'après les pages 76 à 82, quelles sont les motivations de Créon pour assumer le pouvoir ? Comment en parle-t-il ?
3. D'après les pages 90 à 97,
a) Pourquoi Antigone refuse-t-elle le bonheur dont Créon lui parle ?
b) A quoi compare-t-elle ce bonheur ?
c) Quel vocabulaire asssocie-t-elle au bonheur ?
4. Dans cette scène, qui est prisonnier ? Qui est libre ? Pourquoi ?
1. Cherchez dans un dictionnaire le sens de l'expression : "Raison d'État".
2. Cherchez la formation des mots suivants : intransigeance, pragmatisme.
3. Cherchez des synonymes aux mots suivants : renier, compromission.
1. Dans cette scène, qui semble avoir raison ? Qui semble avoir tort ? Justifiez votre réponse.
2. D'où vient le tragique dans lequel les personnages se débattent ?
1. Relevez toutes les formes verbales utilisées par Créon pour dire à Antigone ce qu'elle doit faire.
2. Dans la tirade d'Antigone "Quel sera-t-il, mon bonheur ?..."
a) Comment Antigone parle-t-elle de l'avenir que lui propose Créon ?
b) Quel temps utilise-t-elle alors ?
3. "Quelles pauvretés faudra-t-il qu'elle fasse ...?" (p. 92)
"S'il ne doit plus se sentir seul au monde quand je ris sans qu'il sache pourquoi..." (p. 93)
Quel est le temps utilisé dans les verbes en gras ?
1. Indiquez à quel mode et à quel temps les verbes suivants sont conjugués : J'étais ; tu aurais ; il aura fait ; nous pourrons ; ils étaient allés ; J'aurais vu ; sache ; qu'il veuille ; que nous venions ; ayez fini ; ils auraient dû ; j'avais cru ; trouve ; il donnerait ; nous aurons parlé ; ayez pris.
2. Conjuguez les verbes suivants aux temps demandés : être (futur); avoir (futur antérieur) ; faire ( conditionnel) ; pouvoir (subjonctif présent) ; vous ( aller (impératif) ; venir (impératif passé)
1. Que s’est-il passé le soir du jour précédant le début de la pièce ? Les heures précédant le début de la pièce ?
2. Combien d’heures dure l’action de la pièce ? Relevez les indications de temps.
3. Où se passent les différents épisodes de l'action ? Relevez toutes les indications de lieu.
4. A l’aide de ces informations, remplissez le tableau des évènements de la journée, puis commentez-le.
| Moment | Scène | Hors-scène |
1. D'après la citation ci-contre, indiquez la différence entre la situation des personnages dans le drame, et la situation des personnages dans la tragédie.
2. Quel est le rôle du choeur dans la pièce ?
3. Considérant l'époque de la première représentation, indiquez ce que les premiers spectateurs pouvaient reconnaître dans cette pièce.
4. L'auteur prend-il position en faveur de la Résistance ? Justifiez.
"LE CHŒUR
Et voilà. Maintenant le ressort est bandé. Cela n'a plus qu'à se dérouler tout seul. C'est cela qui est commode dans la tragédie. On donne le petit coup de pouce pour que ça démarre, rien, un regard pendant une seconde à une fille qui passe et lève les bras dans la rue, une envie d'honneur un beau matin, au réveil, comme de quelque chose qui se mange, une question de trop qu'on se pose un soir... C'est tout. Après, on n'a plus qu'à laisser faire. On est tranquille. Ça roule tout seul. C'est minutieux, bien huilé depuis toujours. La mort, la trahison, le désespoir sont là, tout prêts, et les éclats, et les orages, et les silences, tous les silences : le silence quand le bras du bourreau se lève à la fin, le silence au commencement quand les deux amants sont nus l'un en face de l'autre pour la première fois, sans oser bouger tout de suite, dans la chambre sombre, le silence quand les cris de la foule éclatent autour du vainqueur - et on dirait un film dont le son s'est enrayé, toutes ces bouches ouvertes dont il ne sort rien, toute cette clameur qui n'est qu'une image, et le vainqueur, déjà vaincu, seul au milieu de son silence...
C'est propre, la tragédie. C'est reposant, c'est sûr... Dans le drame, avec ces traîtres, avec ces méchants acharnés, cette innocence persécutée, ces vengeurs, ces terre-neuve, ces lueurs d'espoir, cela devient épouvantable de mourir, comme un accident. On aurait peut-être pu se sauver, le bon jeune homme aurait peut-être pu arriver à temps avec les gendarmes. Dans la tragédie on est tranquille. D'abord, on est entre soi. On est tous innocents en somme ! Ce n'est pas parce qu'l y en a un qui tue et l'autre qui est tué. C'est une question de distribution. Et puis, surtout, c'est reposant, la tragédie, parce qu'on sait qu'il n'y a plus d'espoir, le sale espoir ; qu'on est pris, qu'on est enfin pris comme un rat, avec tout le ciel sur son dos, et qu'on n'a plus qu'à crier, - pas à gémir, non, pas à se plaindre, - à gueuler à pleine voix ce qu'on avait à dire, qu'on n'avait jamais dit et qu'on ne savait peut-être même pas encore. Et pour rien : pour se le dire à soi, pour l'apprendre, soi. Dans le drame on se débat parce qu'on espère en sortir. C'est ignoble, c'est utilitaire. Là, c'est gratuit. C'est pour les rois. Et il n'y a plus rien à tenter, enfin !
Antigone est entrée, poussée par les gardes.
LE CHŒUR
Alors, voilà, ça commence. La petite Antigone est prise. La petite Antigone va pouvoir être elle-même pour la première fois."
Antigone, J. Anouilh, éd. la table Ronde, p. 54-55
Imaginez un dialogue entre un Résistant, arrêté alors qu'il commettait un sabotage sur une voie ferrée, et un commissaire de police, chargé par ses supérieurs d'obtenir les noms de ses complices et de faire stopper les sabotages. Vous situerez le dialogue dans un bureau du commissariat, en 1944, sous l'Occupation.
Imaginez et écrivez un dialogue qui s'inscrive dans le registre de la tragédie.
Vous préciserez le décor et vous introduirez dans le dialogue des didascalies indiquant les émotions, les gestes et les déplacements. Vous veillerez, dans les répliques des personnages, à utiliser des arguments et à exprimer des émotions.
Vous terminerez par le monologue d'un personnage.
Disposition du texte |
Dialogue théâtral, avec didascalies (NOMS, indications de costumes, de gestes, d'intonations) et répliques. |
... / 2 pts |
Contenu du texte |
Didascalie initiale présentant le décor. Dialogue entre le commissaire et le Résistant. Argumentation sur les valeurs et registre tragique. Didascalies indiquant les émotions, les gestes et les déplacements. |
... / 10 pts |
Maîtrise de la langue |
Orthographe Syntaxe Ponctuation |
.../8 pts |
Observez les trois extraits ci-contre. Quelles remarques pouvez-vous faire ?
Un bureau de commissariat très grand accueillit le jeune accusé.
LE COMMISSAIRE
Bon. Pourquoi vous avez fait ça ?
LE RÉSISTANT
Ce n'est pas moi
LE COMMISSAIRE
C'est qui alors ?
LE RÉSISTANT
Je ne vous dirai pas les noms qui m'ont chargé de le faire.
UN SUPÉRIEUR
Monsieur le commissaire venez là.
LE COMMISSAIRE
Oui qu'est-ce qu'il y a.
UN SUPÉRIEUR
Essyez d'obtenir les noms de ses complices.
LE COMMISSAIRE
Oui, monsieur.
Reprenons. Qui sont vos complices
Un décor sombre. Il y a seulement une table, deux chaises, une vieille lampe et une porte en fer.
Un homme menoté et couvert de bleus est assis sur une chaise, un autre homme est assis en face.
LE COMMISSAIRE
Que faisais-tu sur cette voie ?
LE RÉSISTANT
Je me promenais.
LE COMMISSAIRE
Ah oui ! Tu te promenais, tout seul, à cinq heures du matin, sur une voie ferrée, une boîte à outils à la main.
LE RÉSISTANT
Oui, exactement.
Le résistant attendit une heure, assis dans un bureau du commissariat avant qu'une salle d'interrogatoire ne se libère. Mais ce n'était pas sans s'impatienter ni sans essayer de s'échapper.
ATTENTION AU VOCABULAIRE SUIVANT :
- monsieur
- bonjour
- bien sûr
- en train
- on a affaire à
- vu que
1. "Nous marchions sur la voie, nous parlions quand je suis tomber, puis je me suis relever quand j'ai entendu du bruit et c'est là que vous m'avez attraper."
2. Complétez par 'ça' ou 'sa'.
a) __ ira mieux quand il aura retrouvé __ boussole.
b) Si __ ne vous dérange pas, je vous demanderais de passer voir __ secrétaire.
c) __ demande beaucoup de concentration et __ ne rapporte pas grand-chose.
d) __ montre s’était arrêtée à dix heures dix, et elle considérait __ comme un signe du destin.
e) Il verse une pension à __ mère, qui ne pourrait vivre sans __.
f) __ ne la dérange pas qu’une abeille se pose sur __ main, mais elle n’aimerait pas __ qu’elle se
pose sur __ lèvre.
3. Même question avec 'se' et 'ce'
a) Le soleil __ levait sur __ paysage dévasté.
b) __ que tu vois, __ ne sont pas des mauvaises herbes, __ sont des ancolies.
c) Les jours __ suivent et ne __ ressemblent pas.
d) __ n’était pas mon ami, __ n’était qu’un passant.
e) __ voisin est bruyant et __ n’est pas la première fois qu’on __ plaint.
f) Alors, les lumières __ sont allumées et la plupart des gens __ sont levés.
Pour le devoir de lecture, les notions suivantes sont à revoir :