Cette séquence est consacrée à l'étude de textes touchant au biographique et à l'autobiographique. Les visées sont culturelles (connaître des autobiographies célèbres et connaître les caractéristiques du genre autobiographique) et méthodologiques (savoir reconnaître les indices de la situation d'énonciation, la valeur des temps, les marques de l'implication ou de la distanciation). Les élèves apprennent à distinguer faits et commentaires. Le vocabulaire du jugement et de l'analyse est enrichi.
Séance 01 : La définition du texte autobiographique. Comparaison biographique / autobiographique. La construction de l'image de soi. Dire la vérité ?
Reprendre le texte de Gide. Etudier l'hypothèse. La subordonnée hypothétique. Phrase simple, phrase complexe. La subordination.
Ecrire une autobiographie collective. Commencer par récolter des souvenirs collectifs. Puis faire un portrait d'un auteur, X. Puis chaque élève choisit un souvenir collectif et le réécrit pour en faire une scène de l'autobiographie de X.
Ecrire une lettre. L'adulte de 30 ou de 40 ans écrit à l'adolescent qu'il était : il raconte ce qu'il est devenu, pose des questions, donne des conseils, etc. Je > tu.
| Outils de la langue | Ecriture | Lecture | Oral | |
| Connaissances | Connaître le vocabulaire de l'introspection, du souvenir et du sentiment, de la tromperie |
Connaître le genre de l'autobiographie et ses caractéristiques |
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| Compétences | Savoir distinguer les fonctions de l'adjectif Savoir distinguer les degrés de l'adjectif Connaître la formation des adverbes en -ment Savoir reconnaître les modalisations Savoir reconnaître les valeurs des temps du présent et du passé de l'indicatif. Savoir reconnaître voix active et passive Savoir conjuguer l'imparfait du subjonctif |
Savoir faire le récit d'une expérience personnelle Savoir faire un portrait de soi |
Savoir distinguer implication et distanciation |
Qu'est-ce qu'une autobiographie ? Quelles sont les caractéristiques de ce genre ? Pouvez-vous citer quelques exemples d'autobiographie ? Connaissez-vous des genres proches ou voisins de l'autobiographie ?
1. Indiquez, pour chaque texte, l'auteur, le narrateur, le personnage principal et le genre.
2. D'après cet exemple, qu’est-ce que l’autobiographie apporte de plus qu’une biographie ?
1. Comment le mot "autobiographie" est-il formé ?
2. Quelle est la caractéristique essentielle d’une autobiographie ?
1.Albert Camus est né le 7 novembre 1913 à Mondovi, en Algérie, tout près de la frontière tunésienne. [...] Son père, Lucien Camus, était employé chez Ricôme et fils, négociants en vins d'Alger, quand ses patrons l'expédièrent en 1913 à Mondovi. Lucien était d'origine bordelaise ; son épouse, Catherine, née Sintès, d'origine espagnole. Tous deux étaient nés et avaient grandi à proximité d'Alger. Le départ pour les confins de l'Algérie dut leur paraître une aventure. Le couple avait un enfant de trois ans, prénommé Lucien comme son père, et en attendait un second. [...] Lucien Camus occupe depuis le printemps 1913 ses fonctions au domaine de Mondovi quand sa femme l'y rejoint, en septembre, avec leur fils aîné ; c'est quelques semaines plus tard qu'elle accouche d'Albert. Le 14 juillet 1914, [...] Lucien Camus informe son patron qu'il s'apprête à rentrer à Alger ; la déclaration de guerre, le 3 août, l'envoie en métropole où il est mobilisé chez les zouaves. Catherine Camus quitte alors Mondovi avec ses deux enfants pour s'installer chez sa mère, au 17, rue de Lyon (aujourd'hui rue Belouizdad), au Champ-de-Manoeuvres, quartier est d'Alger. Blessé à la bataille de la Marne, Lucien Camus meurt le 11 octobre 1914 à l'hôpital militaire de Saint-Brieuc. Catherine Camus, qui est illettrée, doit faire des ménages pour élever Lucien et Albert, sous la tutelle impérieuse de la grand-mère Sintès. En 1921, la famille déménage du 17 au 93 de la rue de Lyon ; encore plus éloigné du centre d'Alger, au coeur du populeux quartier de Belcourt, le nouvel appartement coûte sans doute moins cher. Pierre-Louis Rey, Camus, L'homme révolté, coll. Découvertes Gallimard, éd. Gallimard, 2006 |
2.Je suis née à quatre heures du matin, le 9 janvier 1908, dans une chambre aux meubles laqués de blanc, qui donnait sur le boulevard Raspail. Sur les photos de famille prises l'été suivant, on voit de jeunes dames en robes longues, aux chapeaux empanachés de plumes d'autruches, des messieurs coiffés de canotiers et de panamas qui sourient à un bébé : ce sont mes parents, mon grand-père, des oncles, des tantes, et c'est moi. Mon père avait trente ans, ma mère vingt et un, et j'étais leur premier enfant. Je tourne une page de l'album ; maman tient dans ses bras un bébé qui n'est pas moi ; je porte une jupe plissée, un béret, j'ai deux ans et demi, ma soeur vient de naître. J'en fus, paraît-il, jalouse, mais pendant peu de temps. Aussi loin que je me souvienne, j'étais fière d'être l'aînée : la première. [...] De mes premières années, je ne retrouve guère qu'une impression confuse : quelque chose de rouge, de noir et de chaud. L'appartement était rouge, rouges la moquette, la salle à manger Henri II, la soie gaufrée qui masquait les portes vitrées, et dans le cabinet de papa les rideaux de velours ; les meubles de cet antre sacré étaient en poirier noirci ; je me blotissais dans la niche creusée sous le bureau, je m'enroulais dans les ténèbres ; il faisait sombre, il faisait chaud et le rouge de la moquette criait dans mes yeux. Ainsi se passa ma toute petite enfance. Je regardais, je palpais, j'apprenais le monde, à l'abri. Simone de Beauvoir, Les Mémoires d'une jeune fille rangée, éd. Gallimard |
Dans l'article suivant, quelles sont les motivations invoquées par les auteurs d'aubiographie ?
Antoine de Saint-Exupéry est monté à bord de son premier avion à Ambérieu-en-Bugey (Ain). Roger Vailland y a vécu dans les années 1950. Cette ville banale, sans charme particulier, compte toutefois un motif plus vif de fierté littéraire. Il est mentionné au sortir de l'autoroute A42, sur un panneau routier : "Ambérieu, ville de l'autobiographie." Non que la commune détienne le record de concitoyens pratiquant ce genre d'écriture mais elle abrite, dans les réserves de sa médiathèque, 2 500 écrits personnels laissés par des amateurs à l'Association pour l'autobiographie et le patrimoine autobiographique (APA), fondée en 1992.
Une malle aux trésors, une boîte de Pandore d'où s'échappent drames et passions. Des fragments de vie consignés sur papier pour être préservés de l'oubli. Là, des hommes et femmes ont déposé des reliquaires ornés de photos, des journaux familiaux destinés aux enfants, des mémoriaux érigés aux chers disparus. Une femme atteinte d'un cancer a expédié une copie des courriels écrits à ses amis alors qu'elle pensait mourir. Redoutant que sa mère tombe dessus, une adolescente a confié son journal intime. Deux mois après, elle l'a réclamé. Il lui manquait trop.
Une majorité des textes est envoyée par les auteurs eux-mêmes ou leurs descendants. Certains textes orphelins trouvent refuge à Ambérieu après avoir été dénichés dans des brocantes. Le cahier d'une employée parisienne de 21 ans, exaltant son amour pour un jeune homme parti deux mois en vacances à Toulouse en juillet 1939, a été découvert dans un meuble abandonné sur la voirie : une litanie de poèmes transpirant peine et mélancolie. Les conseils d'une rédactrice du courrier du coeur ont convaincu la jeune femme de se marier à un autre. Après la guerre, le jeune homme de 1939 reviendra la voir...
L'amour, la mort, la maladie, la souffrance, la guerre, ces thèmes universels structurent le fonds de l'APA. Agrémenté d'échantillons floraux et de cartes postales, un carnet de voyage à Madagascar voisine avec le journal de détention d'un Français, prisonnier des Allemands en 1941. Le jour de son évasion, il note à la mine de plomb : "Je n'ai jamais vu soleil plus brillant et ciel plus bleu."
Nombre de récits visent à transmettre le vécu d'une activité professionnelle. Parmi les auteurs, des postières, des infirmières, mais aussi un plombier, une cascadeuse, une "repasseuse de fin", une épicière, le gérant d'une enseigne Casino narrant l'invention du code-barres et l'évolution des caisses enregistreuses.
Le dépôt est gratuit, assorti de la signature du pacte autobiographique : déclaration sur l'honneur et autorisation ou non de laisser le texte ouvert aux consultations. Une minorité d'auteurs refusent. Leurs textes tiennent dans une armoire et mentionnent l'année jusqu'à laquelle court l'interdiction de lecture. A côté des Mémoires d'une ex-fonctionnaire d'Etat d'une organisation internationale, soumise au secret professionnel jusqu'à 2020, est rangé un petit monument à l'infidélité. Une femme mariée a entretenu une liaison adultère, l'a racontée avec constance et brûlé avec la même régularité ces feuillets, de peur que son mari ne les découvre. Jusqu'à ce qu'elle connaisse l'existence de l'APA. "Savoir que mes écrits sont ici sauve une part de ma pauvre existence", a avoué la vieille femme qui perdait la vue.
A l'origine de ce conservatoire, l'universitaire Philippe Lejeune, spécialiste de l'autobiographie. Après avoir lancé un appel à la radio pour récupérer les écrits de gens ordinaires au XIXe siècle, l'auteur du Pacte autobiographique (Seuil, 1996) a reçu des textes anciens mais aussi contemporains : "J'ai découvert un continent et une souffrance, un manque de reconnaissance et de dialogue. On nourrit de fausses idées sur les écrits personnels, pensant qu'ils résultent d'une poussée névrotique, narcissique. Les gens n'ont pas envie d'être publiés mais d'établir un contact. Leur autre désir est de survivre, en sourdine, quelque part."
Combien sont-ils en France, ceux qui tiennent leur journal ? "On dit qu'il y en a autant que des gens qui jouent du piano. C'est juste que ça fait moins de bruit", rapporte Michel Vannet, dont le père a entrepris, à 70 ans, d'écrire ses Mémoires de cheminot. La pratique apparaît désuète à l'heure des blogs. Sauf interdiction du déposant, tous les textes sont lus, indexés, recensés et résumés avec sympathie par six groupes de bénévoles de l'association, qui en font des compte rendus dans la brochure Garde-mémoire.
Nicole Lamboley, 71 ans, fait partie des 700 adhérents de l'APA - l'association vit de leurs cotisations. Il y a une dizaine d'années, lors d'un voyage en Allemagne, elle avait lié connaissance avec Rainer, un Berlinois de l'ex-RDA dont le père biologique, Jean Riant, était un ancien du STO, le Service du travail obligatoire. Pendant la guerre, celui-ci s'était épris d'Erika. Elle était tombée enceinte. Pour punition, Jean Riant avait été envoyé dans des mines de sel. Il mourut de tuberculose en 1952 sans avoir revu Erika, à laquelle il avait écrit 270 lettres. Ni leur fils Rainer.
Celui-ci souhaitait que la correspondance de ses parents fût traduite en français. "Bouleversée par la lecture", Nicole Lamboley s'est attelée à la tâche. Elle a déposé la transcription de cette liaison épistolaire à l'APA, de même que son propre récit testamentaire que ses enfants pourront lire après sa mort.
"On est l'association des inconnus du train, vous savez... ceux qui vous content leur vie lors d'un voyage", résume avec humour Michel Vannet.
A Ambérieu, sur des étagères, enfermées dans des boîtes en carton, des coeurs palpitent, des voix chuchotent encore.
Macha Séry Ambérieu-en-Bugey (Ain) Envoyée spéciale, Le Monde, 31 décembre 2008
Choisissez l'une des identités suivantes... Puis imaginez un début d'autobiographie fictive.
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Gérard Laboureau, 74 ans, divorcé, deux enfants Agriculteur |
Tatiana Beresnikoff, 36 ans, vit avec son compagnon, un enfant Commissaire de police |
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Marc-Antoine Foucault, 57 ans, remarié, cinq enfants Pilote d'avion |
Françoise Tanger, 65 ans, célibataire, sans enfants Infirmière |
1. Préparez la lecture orale des quatre débuts d'autobiographie (y compris celle de la première séance).
2. Quelles sont les différences entre ces quatre débuts d'autobiographie ?
3. D'après ces quatre textes, quelles raisons peuvent pousser un homme (ou une femme) à écrire une autobiographie ?
1. Cherchez dans le dictionnaire le sens des mots suivants : narcissique, introspection.
2. En quoi peuvent-ils s'appliquer à la démarche autobiographique ?
L'Âge d'hommeJe viens d'avoir trente-quatre ans, la moitié de la vie. Au physique, je suis de taille moyenne, plutôt petit. J'ai des cheveux châtains, coupés courts afin d'éviter qu'ils n'ondulent, par crainte aussi que ne se développe une calvitie menaçante. Autant que je puisse en juger, les traits caractéristiques de ma physionomie sont: une nuque très droite, tombant verticalement comme une muraille ou une falaise, marque classique ( si l'on en croit les astrologues ) des personnes nées sous le signe du Taureau; un front développé, plutôt bossué, aux veines temporales exagérément noueuses et saillantes. [...] Mes yeux sont bruns, avec le bord des paupières habituellement enflammé; mon teint est coloré; j'ai honte d'une fâcheuse tendance aux rougeurs et à la peau luisante. Mes mains sont maigres, assez velues, avec des veines très dessinées; mes deux majeurs, incurvés vers le bout, doivent dénoter quelque chose d'assez faible ou d'assez fuyant dans mon caractère. Ma tête est plutôt grosse pour mon corps; j'ai les jambes un peu courtes par rapport à mon torse, les épaules trop étroites relativement aux hanches. [...] J'aime à me vêtir avec le maximum d'élégance; pourtant, à cause des défauts que je viens de relever dans ma structure et de mes moyens qui, sans que je puisse me dire pauvre, sont plutôt limités, je me juge d'ordinaire profondément inélégant; j'ai horreur de me voir à l'improviste dans une glace car, faute de m'y être préparé, je me trouve à chaque fois d'une laideur humiliante. Michel Leiris, L'âge d'homme, coll. Folio, éd. Gallimard, 1939 |
L'AfricainTout être humain est le résultat d'un père et d'une mère. On peut ne pas les reconnaître, ne pas les aimer, on peut douter d'eux. Mais ils sont là, avec leur visage, leurs attitudes, leurs manières et leurs manies, leurs illusions, leurs espoirs, la forme de leurs mains et de leurs doigts de pied, la couleur de leurs yeux et de leurs cheveux, leur façon de parler, leurs pensées, probablement l'âge de leur mort, tout cela est passé en nous. J'ai longtemps rêvé que ma mère était noire. je m'étais inventé une histoire, un passé, pour fuir la réalité à mon retour d'Afrique, dans ce pays, dans cette ville où je ne connaissais personne, où j'étais devenu un étranger. Puis j'ai découvert, lorsque mon père, à l'âge de la retraite, est revenu vivre avec nous en France, que c'était lui l'Africain. Cela a été difficile à admettre. Il m'a fallu retourner en arrière, recommencer, essayer de comprendre. En souvenir de cela, j'ai écrit ce petit livre. J. M. G. Le Clézio, L'Africain, coll. Folio, éd. Gallimard, (c) Mercure de France, 2004 |
Si c'est un hommeJ'ai eu la chance de n'être déporté à Auschwitz qu'en 1944, alors que le gouvernement allemand, en raison de la pénurie croissante de main d'oeuvre, avait déjà décidé d'allonger la moyenne de vie des prisonniers à éliminer, améliorant sensiblement leurs conditions de vie et suspendant provisoirement les éxécutions arbitraires individuelles. Aussi, en fait de détails atroces, mon livre n'ajoutera-t-il rien à ce que les lecteurs du monde entier savent déjà sur l'inquiétante question des camps d'extermination. Je ne l'ai pas écrit dans le but d'avancer de nouveaux chefs d'accusation, mais plutôt de fournir des documents à une étude dépassionnée de certains aspects de l'âme humaine. Beaucoup d'entre nous, individus ou peuples, sont à la merci de cette idée, consciente ou inconsciente, que "l'étranger, c'est l'ennemi". Le plus souvent, cette conviction sommeille dans les esprits, comme une infection latente ; elle ne se manifeste que par des actes isolés, sans lien entre eux, elle ne fonde pas un système. Mais lorsque cela se produit, [...] alors, au bout de la chaîne logique, il y a le Lager ; c'est à dire le produit d'une conception du monde poussée à ses plus extrêmes conséquences avec une cohérence rigoureuse ; tant que la conception a cours, les conséquences nous menacent. Puisse l'histoire des camps d'extermination retentir pour tous comme un sinistre signal d'alarme. Primo Levi, Si c'est un homme, coll. Pocket, éd. Julliard, 1987 (livre terminé en 1947). |
1. a) Dans le premier paragraphe, relevez le vocabulaire du corps, distinguez les noms des adjectifs, et donnez la fonction des adjectifs.
| Nom | Adverbe | Adjectif | Fonction de l'adjectif |
| Je | plutôt | petit | Attribut du sujet |
| Front | |||
| Veines | |||
| Bord des paupières | |||
| Peau | |||
| Mains | |||
| Tête | |||
| Jambes |
b) Observez les adjectifs ainsi relevés. Que remarquez-vous ?
2. Relevez également, dans le premier paragraphe, le vocabulaire de l'émotion ou du caractère. Quel champ lexical domine ?
3. Que pouvez-vous dire sur ce portrait ?
1. Dans les trois extraits suivants, relevez les termes subjectifs utilisés, et indiquez si l'extrait est plutôt valorisant ou dévalorisant.
a) Iakoust, capitale de la République socialiste soviétique de Yakoutie, est une ville moderne, où les confortables autobus mis à la disposition de la population croisent sans cesse les puissantes Zym, triomphe de l'automobile soviétique. Dans la joyeuse émulation du travail socialiste, les heureux ouvriers soviétiques, parmi lesquels nous voyons passer un pittoresque représentant des contrées boréales, s'appliquent à faire de la Yakoutie un pays où il fait bon vivre!
b) Iakoust, à la sinistre réputation, est une ville sombre, où tandis que la population s'entasse péniblement dans des autobus rouge sang, les puissants du régime affichent insolemment le luxe de leurs Zym, d'ailleurs coûteuses et inconfortables. Dans la posture des esclaves, les malheureux ouvriers soviétiques, parmi lesquels nous voyons passer un inquiétant asiate, s'appliquent à un travail bien symbolique : le nivellement par le bas!
c) A Iakoust, où les maisons modernes gagnent petit à petit sur les vieux quartiers sombres, un autobus moins bondé que ceux de Paris aux heures d'affluence, croise une Zim, excellente voiture que sa rareté réserve aux services publics. Avec courage et tenacité, et dans des conditions très dures, les ouvriers soviétiques, parmi lesquels nous voyons passer un Yakoute affligé de strabisme, s'appliquent à embellir leur ville, qui en a bien besoin
1. Expliquez, d'après leur formation, la signification des mots suivants : astrologue, bossué, noueuses, temporales.
2. Relevez les adverbes en -ment et expliquez leur formation.
1. Formez des adverbes en -ment à partir des adjectifs suivants : doux, gracieux, conscient, suffisant, passionné, poli, ardent, bref.
2. Trouvez dans la liste suivante les adverbes mal orthographiés : sauvagement, partiellement, étourdiement, richement, infiniement, péniblement, sixièment, joliement, vraiment, tragiquement, souverainement, nullement, gentillement.
3. Indiquez à partir de quel adjectifs ces adverbes sont formés : aisément, grièvement, légèrement, précisément, galamment.
Choisissez l'une des identités suivantes... Puis écrivez un autoportrait.
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Gérard Laboureau, 74 ans, divorcé, deux enfants Agriculteur |
Tatiana Beresnikoff, 36 ans, vit avec son compagnon, un enfant Agent de police |
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Marc-Antoine Foucault, 57 ans, remarié, cinq enfants Pilote d'avion |
Françoise Tanger, 65 ans, célibataire, sans enfants Infirmière |
1. Quelle était la consigne ?
2. Les textes suivants sont inspirés de portraits écrits lors de la séance précédente. Quelles remarques pouvez-vous faire ?
a) Je m'appelle Tatiana Beresnikoff, j'ai 36 ans, je vis avec mon compagnon. J'ai un enfant qui s'appelle Adrien. Je suis diplômée d'une école d'architecture. J'ai les yeux bleus. J'ai les cheveux blonds et longs. Je mesure un mètre 68. Je chausse du 39. J'ai un petit nez. J'ai des grosses oreilles. J'ai une petite bouche. J'ai des tâches de rousseur. Je pèse 65 kilos. J'ai de petites jambes.
b) Marc Foucault a une vie agréable. Il vit dans les Midi-Pyrénées depuis 7 ans. A 57 ans, pas très loin de la retraite, il a décidé de créer sa propre entreprise, dont l'activité consiste à vendre des vêtements de marque sur internet. Marc a demandé à l'un de ses enfants de reprendre son entreprise.
3. Corrigez l'orthographe ou la syntaxe dans les extraits suivants.
a) Je m'appelle Tatiana Beresnikoff. Je suis de taille moyenne, j'ai les cheveux bouclé et je suis brune, qui tombe jusqu'au épaules. J'ai les yeux vert, et la peau mate. J'ai des mains belle et douce. Je suis une femme dévoué à son enfant et à son compagnon.
b) A l'âge de 19 ans, je suis entré dans un grand restaurant comme cuisinier. J'ai rencontrer ma femme quand j'avais vingt ans, on s'est mariés peu après. J'ai trouver un contrat plus intéressant sur la capitale. Mais après 3 ans passer a Paris, on ma proposer de venir travaillé à Marseille. Aujourd'hui, je suis a la retraite.
c) Je suis assez mince, j'ai les épaules larges. J'ai les cheveux court et brun. Mes yeux sont bleus. J'ai la jambe droite plus longue que la jambe gauche. J'ai des grosses mains, assez velues, bien que mes doigts sont assez petit.
d) Mes yeux sont tous petits. J'achète tout sans regarder au prix. Je déteste calculer, je fais toujours tous sans réfléchir. Vous savez tous de moi.
Quels sont les points communs et les différences entre ces deux textes ? Vous observerez en particulier la façon de raconter les deux épisodes et l'importance que chacun des narrateurs lui donne.
"Ta grand-mère va venir te voir"... Maman m'a dit ça... Ma grand-mère ? la mère de papa ? Est-ce possible ? elle va venir pour de vrai ? Elle ne vient jamais, elle est si loin... Je ne me souviens pas du tout d'elle, mais je sens sa présence par les petites lettres caressantes qu'elle m'envoie de là-bas, par ces boîtes en bois tendre gravées de jolies images dont on peut suivre les contours creux avec son doigt, ces coupes de bois peint couvertes d'un vernis doux au toucher... "Quand arrivera-t-elle ? quand sera-t-elle là ?... - Demain après-midi... Tu n'iras pas à la promenade..."
Je l'attends, je guette, j'écoute ses pas dans l'escalier, sur le palier... Voilà, c'est elle, on a sonné à la porte, je veux me précipiter, on me retient, attends, ne bouge pas... La porte de la chambre s'ouvre, un homme et une femme vêtus de blouses blanches me saisissent, on me prend sur les genoux, on me serre, je me débats, on m'appuie sur la bouche, sur le nez, un morceau de ouate, un masque, d'où quelque chose d'atroce, d'asphyxiant se dégage, m'étouffe, m'emplit les poumons, monte dans ma tête, mourir c'est ça, je meurs... Et puis je revis, je suis dans mon lit, ma gorge brûle, mes larmes coulent, maman les essuie... "Mon petit chaton, il fallait t'opérer, tu comprends, on t'a enlevé de la gorge quelque chose qui te faisait du mal, c'était mauvais pour toi... dors, maintenant, c'est fini..."
Nathalie Sarraute, Enfance, coll. Folio, éd. Gallimard
Agé de cinq ou six ans, je fus victime d'une agression. Je veux dire que je subis dans la gorge une opération qui consista à m'enlever les végétations; l'intervention eut lieu d'une manière très brutale, sans que je fusse anesthésié. Mes parents avaient d'abord commis la faute de m'emmener chez le chirurgien sans me dire où ils me conduisaient. Si mes souvenirs sont justes, je m'imaginais que nous allions au cirque; j'étais donc très loin de prévoir le tour sinistre que me réservaient le vieux médecin de la famille, qui assistait le chirurgien, et ce dernier lui-même. Cela se déroula, point pour point, ainsi qu'un coup monté et j'eus le sentiment qu'on m'avait attiré dans un abominable guet-apens. Voici comment les choses se passèrent: laissant mes parents dans le salon d'attente, le vieux médecin m'amena jusqu'au chirurgien, qui se tenait dans une autre pièce en grande barbe noire et blouse blanche (telle est, du moins, l'image d'ogre que j'en ai gardée); j'aperçus des instruments tranchants et, sans doute, eus-je l'air effrayé car, me prenant sur ses genoux, le vieux médecin dit pour me rassurer: « Viens, mon petit coco ! On va jouer à faire la cuisine. » A partir de ce moment je ne me souviens de rien, sinon de l'attaque soudaine du chirurgien qui plongea un outil dans ma gorge, de la douleur que je ressentis et du cri de bête qu'on éventre que je poussai. Ma mère, qui m'entendit d'à côté, fut effarée.
Dans le fiacre qui nous ramena je ne dis pas un mot; le choc avait été si violent que pendant vingt-quatre heures il fut impossible de m'arracher une parole; ma mère, complètement désorientée, se demandait si je n'étais pas devenu muet. Tout ce que je me rappelle de la période qui suivit immédiatement l'opération, c'est le retour en fiacre, les vaines tentatives de mes parents pour me faire parler puis, à la maison, ma mère me tenant dans ses bras devant la cheminée du salon, les sorbets qu'on me faisait avaler, le sang qu'à diverses reprises je dégurgitai et qui se confondait pour moi avec la couleur fraise des sorbets.
Ce souvenir est, je crois, le plus pénible de mes souvenirs d'enfance. Non seulement je ne comprenais pas que l'on m'eût fait si mal, mais j'avais la notion d'une duperie, d'un piège, d'une perfidie atroce de la part des adultes, qui ne m'avaient amadoué que pour se livrer sur ma personne à la plus sauvage agression. Toute ma représentation de la vie en est restée marquée: le monde, plein de chausse-trapes, n'est qu'une vaste prison ou salle de chirurgie; je ne suis sur terre que pour devenir chair à médecins, chair à canons, chair à cercueil; comme la promesse fallacieuse de m'emmener au cirque ou de jouer à faire la cuisine, tout ce qui peut m'arriver d'agréable en attendant n'est qu'un leurre, une façon de me dorer la pilule pour me conduire plus sûrement à l'abattoir où, tôt ou tard, je dois être mené.
Michel Leiris, Gorge coupée (L’âge d’homme), coll. Folio, éd. Gallimard.
1. Dans les extraits suivants, indiquez quels sont les temps des verbes conjugués, et les valeurs de ces temps.
a) "Je l'attends, je guette, j'écoute ses pas dans l'escalier, sur le palier."
b) "Si mes souvenirs sont justes, je m'imaginais que nous allions au cirque;"
c) "j'eus le sentiment qu'on m'avait attiré dans un abominable guet-apens."
d) "Ce souvenir est, je crois, le plus pénible de mes souvenirs d'enfance."
e) "Toute ma représentation de la vie en est restée marquée: le monde, plein de chausse-trapes, n'est qu'une vaste prison ou salle de chirurgie."
Quel est le temps de ces deux verbes ?
"Sans que je fusse anesthésié"
"je ne comprenais pas que l'on m'eût fait si mal"
1. Dans les phrases suivantes, indiquez le temps employé et la valeur de ce temps.
a) Je revois nettement les premiers pas de ma soeur qui a dix ans à présent : elle me regarde, ses petites mains quittent la chaise à laquelle elle se tenait, et elle avance vers moi en vacillant.
b) Je sais maintenant que l'enfance ne peut pas durer toujours.
c) Assis dans le bus, je regardais l'allée, quand, à un arrêt, une jeune femme très jolie vint s'asseoir à côté de moi. Nous nous regardons ; elle me sourit, et me demande mon nom ; aussitôt, je deviens écarlate.
2. Conjuguez les verbes suivants aux temps demandés : aller (subjonctif présent et imparfait), venir (subjonctif imparfait), pouvoir (subjonctif imparfait et conditionnel).
1. a) A quel temps sont conjugués la majorité des verbes de ce passage ? Quelle est la valeur de ce temps ? Observez le dernier verbe (« suis »). Est-ce le même temps ? L’auteur a-t-il choisi ce temps pour la même raison ?
b) Réécrivez les phrases en gras au passé en choisissant, selon les cas, l’imparfait ou le passé simple.
« Il en est de même de ce bal, rue de Crosne, que ma mémoire s’est longtemps obstinée à placer du temps de ma grand-mère-qui mourut en 73, alors que je n'avais que quatre ans. Il s'agit évidemment d'une soirée que mon oncle et ma tante Henri donnèrent trois ans plus tard, à la majorité de leur fille : Je suis déjà couché, mais une singulière rumeur, un frémissement du haut en bas de la maison, joints à des vagues harmonieuses, écartent de moi le sommeil. [...] À la fin, n'y tenant plus, je me lève, je sors de la chambre à tâtons dans le couloir sombre et, pieds nus, gagne l'escalier plein de lumière. Ma chambre est au troisième étage. Les vagues de sons montent du premier; il faut aller voir; et, à mesure que de marche en marche je me rapproche, je distingue des bruits de voix, des frémissements d'étoffes, des chuchotements et des rires. Rien n'a l'air coutumier ; il me semble que je vais être initié tout à coup à une autre vie, mystérieuse.[...] Je passe ma tête à travers les fers de la rampe. Précisément des invités arrivent, un militaire en uniforme, une dame toute en rubans, toute en soie ; elle tient un éventail à la main. [...] À présent j'entends parfaitement bien la musique. Au son des instruments que je ne puis voir, des messieurs tourbillonnent avec des dames parées qui toutes sont beaucoup plus belles que celles du milieu de la journée. La musique cesse : les danseurs s'arrêtent ; et le bruit des voix remplace celui des instruments. [...] Mais à ce moment une des belles dames qui se tient debout, appuyée près de la porte et s'éventait, m'aperçoit ; elle vient à moi, m'embrasse et rit parce que je ne la reconnais pas. C'est évidemment cette amie de ma mère que j'ai vue précisément ce matin; mais tout de même je ne suis pas bien sûr que ce soit tout à fait elle, elle réellement. Et Quand je me retrouve dans mon lit, j'ai les idées toutes brouillées et je pense, avant de sombrer dans le sommeil, confusément: il y a une réalité et il y a les rêves; et puis il y a une seconde réalité.
La croyance indistincte, indéfinissable, à je ne sais quoi d'autre, à côté du réel, du quotidien, de l'avoué, m'habita durant nombre d'années; et je ne suis pas sûr de n'en pas retrouver en moi, encore aujourd'hui, quelques restes. »
André GIDE, Si le grain ne meurt, 1920, coll. Folio, éd. Gallimard
C'est à l'Afrique que je veux revenir sans cesse, à ma mémoire d'enfant. À la source de mes sentiments et de mes déterminations. Le monde change, c'est vrai, et celui qui est debout là-bas au milieu de la pleine d'herbes hautes, dans la savane, le bruit aigu de la forêt, sentant sur ses lèvres l'humidité du ciel et des nuages, celui-là est si loin de moi qu'aucune histoire, aucun voyage ne me permettra de le rejoindre.
Pourtant, parfois, je marche dans les rues d'une ville, au hasard, et tout d'un coup, en passant devant une porte au bas d'un immeuble en construction, je respire l'odeur froide du ciment qui vient d'être coulé, et je suis dans la case de passage d'Abakaliki, j'entre dans le cube ombreux de ma chambre et je vois derrière la porte le grand lézard bleu que notre chatte a étranglé et qu'elle m'a apporté en signe de bienvenue. Ou bien, au moment où je m'y attends le moins, je suis envahi par le parfum de la terre mouillée de notre jardin à Ogaja, quand la mousson roule sur le toit de la maison et fait zébrer les ruisseaux couleur de sang sur la terre craquelée. J'entends même la vibration des autos embouteillées dans une avenue, la musique douce et froissante de la rivière Aiya.[...]
Tout cela est si loin, si proche. Une simple paroi fine comme un miroir sépare le monde d'aujourd'hui et le monde d'hier. Je ne parle pas de nostalgie. [...]
Quelque chose m'a été donné, quelque chose m'a été repris. Ce qui est définitivement absent de mon enfance : avoir eu un père, avoir grandi près de lui dans la douceur du foyer familial. Je sais que cela m'a manqué, sans regret, sans illusion extraordinaire. Quand un homme regarde jour après jour changer la lumière sur le visage de la femme qu'il aime, qu'il guette chaque éclat furtif dans le regard de son enfant. Tout cela qu'aucun portrait, aucune photo ne pourra jamais saisir.
Mais je me souviens de tout ce que j'ai reçu quand je suis arrivé pour la première fois en Afrique : une liberté si intense que cela me brûlait, m'enivrait, que j'en jouissait jusqu'à la douleur. [...]
Aujourd'hui j'existe, je voyage, j'ai à mon tour fondé une famille, je me suis enraciné dans d'autres lieux. Pourtant, à chaque instant, [...] je suis transpercé par le temps d'autrefois, à Ogoja. Par bouffées cela me submerge et m'étourdit. Non pas seulement cette mémoire d'enfant, extraordinairement précise pour toutes les sensations, les odeurs, les goûts, l'impression de relief ou de vide, le sentiment de la durée.
C'est en l'écrivant que je le comprends, maintenant. Cette mémoire n'est pas seulement la mienne. Elle est aussi la mémoire du temps qui a précédé ma naissance, lorsque mon père et ma mère marchaient ensemble sur les routes du haut pays, dans les royaumes de l'ouest du Cameroun. La mémoire des expérances et des angoisses de mon père, sa solitude, sa détresse à Ogoja. La mémoire des instants de bonheur, lorsque mon père et ma mère sont unis par le bonheur qu'ils croient éternel. Alors ils allaient dans la liberté des chemins, et les noms de lieux sont entrés en moi comme des noms de famille, Bali, Nkom, Bamendo, Banso, Nkongsamba, Revi, Kwaja. Et les noms de pays, Mbembé, Kaka, Nsungli, Bum, Fungom. Les hauts plateaux où avance lentement le troupeau de bêtes à cornes de lune à accrocher les nuages, entre Lassim et Ngonzin.
J. M. G. Le Clézio, L'Africain, coll. Folio, éd. Gallimard, (c) Mercure de France, 2004
Quels sont les principaux temps verbaux utilisés dans l'autobiographie ? Pour quelle raison ?
Dans le cadre d'une autofiction, imaginez que vous ayez trente ou quarante ans, et que vous commenciez à écrire une autobiographie.
1. Vous travaillez à alterner faits et commentaires. Vous écrivez un bref paragraphe pour évoquer le souvenir d'une pièce de votre maison, dans lequel vous alternez évènements et impressions au passé. Vous pouvez utiliser les expressions suivantes: je sentais... j'avais l'impression que... Il me semblait que...
2. Vous travaillez à alterner narration au passé et réflexion au présent. Vous faites le portrait d'un de vos parents (oncle, grand-parent, cousine, neveu, etc.). Evoquez en quelques phrases votre perception d'enfant (en quelques phrases). Puis rédigez quelques phrases supplémentaires dans lesquelles vous exprimez votre point de vue d'aujourd'hui (par exemple: j'ignorais alors que... aujourd'hui je pense que...).
3. Ecrivez un fragment d'autofiction sur l'un des sujets suivants:
a) la description d'une pièce de la maison de votre enfance et le récit d'une expérience dans cette pièce;
b) le portrait d'un de vos parents (oncle, grand-parent, cousine, neveu, etc.) et le récit d'une expérience avec cette personne.
Vous veillerez à alterner récit des évènements et expression des sentiments, narration au passé et réflexion au présent.
Voici une liste des notions à réviser pour le devoir de lecture :
Pour la réécriture, la maîtrise des accords du passé composé sera attendue.
Réécrivez le texte suivant en remplaçant "Mon père" par "Mon père et mon oncle"
Mon père a décidé de partir. Le Colonial Office vient de lui attribuer un poste de médecin sur les fleuves de Guyane. Dès qu'il arrive, il affrète une pirogue munie d'un toit de palmes et propulsée par un moteur Ford à axe long. A bord de sa pirogue, accompagné par l'équipe, il remonte les rivières.
Il prend des photos. Avec son Leica à soufflet, il collectionne des clichés en noir et blanc qui représentent mieux que des mots son éloignement, son enthousiasme devant la beauté de ce nouveau monde.
Les photos que mon père a aimé prendre, ce sont celles qui montrent l'intérieur du continent. Ce pays est immense, il n'appartient pas encore tout à fait aux hommes. Sur ses photos paraissent la solitude, l'abandon, l'impression d'avoir touché à la rive la plus lointaine du monde.