Les Chevaliers de Légende

Cette séquence a une double finalité: donner aux élèves la connaissance d'un univers culturel, la matière de Bretagne; donner aux élèves la connaissance d'un genre - les romans de chevalerie - et d'un registre - l'épique ( présent de narration, hyperbole ). Pour cela nous alternerons étude de textes originaux extraits de romans de chevalerie médiévaux et présentations des élèves.

Outils de la langue Ecriture Lecture Oral
Connaissances

Connaître le vocabulaire de la chevalerie

Connaître le vocabulaire de la vaillance et de la couardise

Connaître le vocabulaire des jurons

Prendre connaisance de la matière de Bretagne

Connaître les motifs des récits de chevalerie

Compétences

Maîtriser la présentation et la ponctuation du dialogue

Savoir reconnaître les différents types de phrase

Savoir reconnaître l'attribut

Savoir reconnaître les procédés de l'hyperbole

Savoir distinguer les valeurs du présent

Maîtriser les conjugaisons du présent

Savoir écrire un dialogue

Savoir écrire un récit en suivant un modèle et des motifs culturels

Savoir reconnaître les procédés du registre épique

Savoir lire à plusieurs voix

Savoir faire une présentation orale en prenant appui sur une préparation écrite

Séance 01

Les légendes du Moyen-Age

Cette séance est consacrée à la présentation par les élèves des grandes légendes de la matière de Bretagne.

Oral
Sujets possibles

1. Arthur

2. Lancelot

3. Le Graal

4. Merlin

5. Morgane, Avalon, Mordred

6. Perceval

7. Yvain

8. Tristan et Yseult

9. Brocéliande, Camelot, la Bretagne

10. Viviane

Recherche
Recherches au cdi
Oral
Présentation des exposés

Contraintes :

Les élèves n'ont le droit qu'à une fiche bristol ( A5 ) lorsqu'ils présentent leur partie.

Le plan de l'exposé doit être écrit au tableau.

Critères d'évaluation Note Sur

Le plan de l'exposé est-il clair et organisé avec titres et sous-titres pour distinguer parties et sous-parties ?

3

Les informations contenues dans l'exposé sont-elles exactes et détaillées ?

4

Les membres du groupe s'expriment-ils de façon claire, en parlant suffisament fort, en articulant, en s'adressant au public sans rester collés à leurs notes, etc. ?

4

Les membres du groupe s'expriment-ils avec un vocabulaire et une syntaxe clairs et appropriés ?

3

Les membres du groupe sont-ils capables de répondre aux questions ?

3

Les membres du groupe s'expriment-ils tous, chacun leur tour, de façon équitable ?

3

Séance 02

Perceval découvre des chevaliers

Cette séance est destinée à introduire les élèves dans l'univers médiéval

Lecture
Oral

1. Repérez les différents interlocuteurs en choisissant une couleur pour chacun d'entre eux.

2. Lisez le texte suivant à trois voix.

Compréhension

Ce dialogue est-il sérieux ? Drôle ? Pourquoi ?

Vocabulaire

1. Quelles sont les pièces de l'équipement du chevalier décrites dans cet extrait ? Précisez, pour chaque pièce, l'usage qui en est fait.

2. Relevez dans les paroles des personnages toutes les expressions et les façons de parler qu'on n'utilise plus aujourd'hui.

Notion : La présentation du dialogue
Ecriture

Ecrivez, à votre tour, un dialogue, à partir du sujet suivant : Perceval, le jeune ignorant, se rend à la cour du roi Arthur et lui demande de le faire chevalier. Imaginez et racontez son entrée dans la cour et son dialogue avec le roi.

Un jeune ignorant

Le début du roman de Perceval raconte la jeunesse d'un jeune homme ignorant de tout, élevé à la campagne, nommé Perceval. Un jour, il aperçoit une troupe de chevaliers arriver au galop.

Quand il vit les hauberts étincelants et les heaumes éclatants de lumière, quand il vit le vert et le vermeil reluire au soleil, et l'or , et l'azur, et l'argent, il fut frappé de la beauté et de la noblesse de ce spectacle.

« Ah! Seigneur Dieu, dit-il, pardon! Ce sont des anges que je vois! » [...]

Celui des chevaliers qui commandait aux autres l'aperçoit. [...] Ils s'arrêtent donc et lui s'avance rapidement vers le jeune garçon. Il le salue et pour le rassurer : « Jeune homme, fait-il, n'aie pas peur.

-Mais, répond celui-ci, par la foi que je porte au Sauveur , je n'ai pas peur. Etes-vous donc Dieu ?

-Vraiment, non.

-Qui êtes-vous donc ?

-Un chevalier.

-Je ne sais ce qu'est un chevalier, fait le jeune homme. [...] Ah! si je pouvais être pareil à vous, fait comme vous et comme vous éclatant de lumière! »

Le chevalier s'approche alors et lui demande : « As-tu rencontré aujourd'hui même sur cette lande cinq chevaliers et trois jeunes filles ? » Mais c'est sur un tout autre sujet que le jeune garçon entend se renseigner et poser des questions. Il tend la main vers la lance du chevalier et s'en saisissant : « Mon cher seigneur, dit-il, vous qui vous appelez chevalier, qu'est-ce donc que vous tenez là ?

-Me voilà vraiment bien avancé, fait le chevalier. Je pensais, mon bon ami, apprendre quelque chose de toi et c'est toi qui veux savoir quelque chose de moi! Mais je vais te répondre : ceci est ma lance.

-Voulez-vous dire qu'on la lance comme je le fais de mes javelots ?

-Non bien, jeune homme, quel nigaud tu fais! On en donne seulement des coups, de près.

-Alors un seul de ces trois javelots que vous voyez vaut bien mieux, car j'en tue tout ce que je veux, bêtes ou oiseaux, autant que de besoin, et je les tue d'aussi loin qu'on pourrait le faire d'une puissante flèche.

-De tout cela, jeune homme, je n'ai que faire. Réponds-moi plutôt au sujet des chevaliers dont je t'ai parlé. [...] »

Le jeune garçon le saisit par le bord de son écu et, sans plus de manières. « Qu'est cela, demande-t-il, et à quoi cela vous sert-il ?

-Jeune homme, tu te moques de moi de me mettre ainsi sur un autre sujet que celui sur lequel je t'interroge! [...] Je vais pourtant, malgré tout, te répondre, car j'ai de la sympathie pour toi. Ce que je porte s'appelle un écu.

-Un écu ?

-Oui, vraiment, reprend-il, et ce n'est pas chose à mépriser, car il m'est si dévoué que, si l'on cherche à me porter un coup de lance ou à m'atteindre d'un trait, il s'interpose entre moi et les coups [...]. Jeune homme, ne t'en déplaise, dis-moi donc, ces cinq chevaliers et ces jeunes filles aussi, les as-tu rencontrés, les as-tu vus ? » Mais le jeune garçon le retenait par le pan de son haubert et l'attirant à lui : « Dites-moi donc, seigneur, fait-il, quel est ce vêtement que vous portez ?

- Jeune homme, répond l'autre, tu ne le sais donc pas ?

- Ma foi, non.

-Mais, jeune homme, c'est mon haubert. Il est même lourd comme fer. [...]

-Ma foi, je n'y connais rien, mais, par Dieu, il est de toute beauté. Qu'en faites-vous et à quoi vous sert-il ?

-Jeune homme, c'est facile à expliquer: si tu voulais me lancer un javelot ou me tirer une flèche, tu ne pourrais me faire aucun mal.

-Seigneur chevalier, de tels hauberts Dieu garde biches et cerfs! Je ne pourrais plus en tuer aucun: à quoi bon désormais les prendre en chasse ? »

Le chevalier lui répète encore : « Jeune homme, au nom du Ciel, peux-tu m'apprendre quelque chose sur les chevaliers et les jeunes filles ? » Mais l'autre, non sans sottise, lui rétorque : « Etes-vous né ainsi vêtu ?

- Certes non, jeune homme. Personne -c'est impossible -ne peut être ainsi de naissance !

- Qui donc alors vous a équipé de la sorte ?

- Jeune homme, je veux bien te le dire.

- Dites-le donc.

- Avec plaisir. Il n'y a pas encore cinq jours révolus que le roi Arthur, en me faisant chevalier, m'a remis tout cet équipement. »

Chrétien de Troyes, Perceval le Gallois ou le conte du Graal

Exemple

Un jeune ignorant à la cour du roi

Cette séance est destinée à donner un exemple de rédaction possible

Exemple
Ecriture

Ecrivez, à votre tour, un dialogue, à partir du sujet suivant : Perceval, le jeune ignorant, se rend à la cour du roi Arthur et lui demande de le faire chevalier. Imaginez et racontez son entrée dans la cour et son dialogue avec le roi.

Perceval, profondément impressionné par sa rencontre avec les chevaliers, décida de devenir à son tour l'un d'entre eux. Il prit quelques affaires, dit au revoir à sa mère, et, indifférant aux larmes qu'elle versait pour lui, partit sur son cheval.

Il chevaucha quelques jours, demandant son chemin aux paysans et aux villageois qu'il croisait, et arriva enfin à la cité où se trouvait Arthur et sa cour. Un garde l'accueillit : "Qui es-tu et que veux-tu ?

-Je m'appelle Perceval, et je souhaite parler au roi Arthur, pour qu'il me fasse chevalier."

Le garde sourit, en voyant ce jeune homme, habillé comme un paysan, qui demandait à parler au roi. Mais, comme il était sans armes, il jugea qu'il n'était pas dangereux, et le laissa entrer dans le chateau.

Séance 03

Remédiation

Cette séance est destinée à revenir sur les textes écrits par les élèves

Observation

1. Observez les extraits suivants. Qu'est-ce qui ne va pas ?

Perceval se rendit au château pour lui demander de le faire chevalier :

- Sire pourriez-vous me faire chevalier demanda Perceval

- Non Jeune homme tu n'as pas accompli d'exploits

- Mais pourquoi cela dans mon village je fais beaucoup de choses pour les autres

- Ce n'est pas suffisant mon brave

Perceval repartit désespéré. Il arriva dans son village et il se dit :

- Il faut que j'aide quelqu'un, se dit-il

2. Observez les extraits suivants. Qu'est-ce qui ne va pas ?

a) - Nous ne pouvons pas vous laissez passer, jeune homme ! s'exclama un des gardes.

b) Perceval fit ce que le garde lui avait ordonner.

c) - Votre majesté, j'ai une faveur à vous demandez.

Notion
Les terminaisons en [e]
Exercices

Réécrivez en faisant toutes les modifications nécessaires.

1. "Quand il vit les hauberts étincelants et les heaumes éclatants de lumière, il fut frappé de la beauté de ce spectacle."

a) "il" > "ils" : "Quand ils..."

b) "il" > "elle" : "Quand elle..."

2. "Le chevalier s'approche alors et lui demande : « As-tu rencontré aujourd'hui même trois jeunes filles ? »"

a) Le chevalier parle à Perceval et à sa mère.

3. "[Mon écu] m'est si dévoué que, si l'on cherche à me porter un coup de lance ou à m'atteindre d'un trait, il s'interpose entre moi et les coups."

a) Le chevalier par de "ses protections" ( plus de son écu ).

4. "Me voilà vraiment bien avancé", fait le chevalier.

a) Remplacez "le chevalier" par "les chevaliers".

b) Remplacez "le chevalier" par "la dame".

c) Remplacez "le chevalier" par "les dames".

Séance 04

Yvain - Scène de combats

Cette séance est consacrée à la connaissance de récits de combats chevaleresques

Lecture
Oral

1. Pour quelles causes les chevaliers se battent-ils ?

2. Quelle est l'impression produite par ce combat ?

Recherche

1. Comment les deux chevaliers se battent-ils ? Quelles armes utilisent-ils ? Dans quel ordre ?

2. Quels détails montrent la violence du combat ?

3. Relevez les comparaisons utilisées dans ce texte.

Synthèse

1. Quels sont tous les procédés utilisés par l'auteur pour suggérer une impression de violence ?

2. Quels sont les points communs entre ces deux textes ? Pourquoi ?

La forêt de Brocéliande

Un jeune chevalier, Yvain a décidé de tenter l'aventure de la fontaine merveilleuse, située dans la forêt de Brocéliande.

Alors arriva, plus brûlant de colère qu'une braise, le fameux chevalier, avec un aussi grand bruit que s'il chassait un cerf.

Aussitôt qu'ils se furent mutuellement aperçus, les chevaliers se précipitèrent l'un contre l'autre [...]. Chacun a une lance dure et forte et ils se donnent de si grands coups qu'ils transpercent tous deux leurs écus [...], que leurs hauberts se déchirent, que leurs lances se fendent et volent en éclats et que les tronçons sautent en l'air. Ils s'attaquent à l'épée, et, à force de frapper, ils finissent par couper les courroies des écus et par déchiqueter entièrement ces derniers, et par-dessus et par-dessous, si bien que les lambeaux en pendent et qu'ils ne peuvent ni s'en couvrir ni s'en protéger. En effet, ils en ont si bien fait de la dentelle, que c'est en toute liberté que, sur les flancs, sur les bras et sur les hanches, ils se frappent de leurs épées étincelantes. Férocement, ils s'affrontent, sans jamais bouger de la même position, pas plus que s'ils étaient deux rochers de grès.

Jamais encore deux chevaliers n'avaient été aussi acharnés à hâter leur mort. [...] Les heaumes se cabossent et fléchissent et les mailles des hauberts volent, si bien qu'ils s'ôtent pas mal de sang. [...] En plein visage ils se frappent d'estoc, et c'est merveille qu'une bataille aussi féroce et aussi dure se prolonge tant. [...]

À la fin, monseigneur Yvain fendit en quatre le heaume du chevalier. Sous l'effet du choc, l'autre fut ébranlé comme par un coup de tonnerre et vidé de sa force; il se trouva paralysé. Jamais encore il n'avait essuyé un coup aussi terrible. [...] L'autre en ressentit une si grande douleur qu'il s'en fallut de peu que son coeur ne lui défaillît. [...] Se ressaisissant, il s'enfuit aussitôt vers son château à bride abattue.

Chrétien de Troyes, Yvain, Le Chevalier au Lion

Le combat de Gauvain et d'Yvain

Deux soeurs se disputent pour un héritage ; chacune fait appel à un chevalier pour défendre ses intérêts. Les deux chevaliers, Gauvain et Yvain, vont se battre en combat singulier.

Elles font entrer les chevaliers dans la lice, et tout le peuple accourt, comme en pareil cas accourent les gens qui prennent plaisir à regarder les joutes et les passes d'armes. Mais les chevaliers qui s'apprêtent à se battre ne se reconnaissent pas, eux qui se témoignaient mutuellement une si profonde amitié.[...]

Puisqu'ils ne se reconnaissent pas, ils prennent du champ. Au premier choc, ils brisent les fortes lances de frêne qu'ils ont en main. [...] Les épées sont émoussées et ébréchées, car ils assènent leurs terribles coups du tranchant et non du plat des lames. Avec le pommeau ils s'acharnent sur le nasal, sur la nuque, sur le front, sur les joues qui en sont toutes bleuies et violettes, là où le sang éclate sous la peau. Ils ont si bien réussi à rompre les hauberts, à mettre en pièces les écus, qu'ils sont tous deux couverts de blessures. Les efforts extrêmes auxquels ils se livrent les laissent presque sans souffle. Si vif est le combat que les pierres incrustées sur leur heaume, hyacinthe ou émeraude, sont écrasées et pulvérisées. Du pommeau ils se donnent de si terribles coups sur les heaumes, qu'ils sont au bord de l'évanouissement et qu'il s'en faut de peu qu'ils ne se brisent le crâne. Leurs yeux étincellent. Ils ont des poings carrés, énormes, des muscles robustes, des os solides, et ils cognent en tenant empoignées leurs épées qui rendent leurs coups encore plus redoutables.

Ils se sont longtemps évertués à cette lutte; à force de les marteler de leurs épées, ils ont brisé leurs heaumes, rompu les mailles des hauberts, fendu et mis en pièces les écus; ils s'éloignent un peu l'un de l'autre pour apaiser les battements de leur coeur et reprendre leur souffle. Mais ils ne s'attardent guère, et se lancent l'un contre l'autre avec encore plus de violence qu'avant.

Tous ceux qui les regardent disent qu'ils n'ont encore jamais vu deux chevaliers plus courageux.

Chrétien de Troyes, Yvain, Le Chevalier au Lion

Notion
L'hyperbole
Exercice
La douleur de Laudine

« A ce moment entra l'une des plus belles dames qu'ait jamais vue une créature terrestre. D'une aussi belle chrétienne, jamais on n'avait entendu parler. Mais elle manifestait son chagrin avec une telle fureur que peu s'en fallait qu'elle ne se tuât. De temps en temps elle criait aussi haut qu'elle pouvait et retombait évanouie; et quand on l'avait relevée, ainsi qu'une femme qui a perdu la raison, elle se mettait à se lacérer le visage et à s'arracher les cheveux. Elle s'arrache les cheveux, déchire ses vêtements, et se réévanouit à chaque pas; rien ne peut la consoler, quand elle voit emporter son mari devant elle, mort, dans la bière. » Chrétien de Troyes, Yvain, Le Chevalier au Lion.

Relevez les mots et expressions qui marquent l'exagération : a) sur la beauté de la dame ; b) sur la douleur de la dame.

Séance 05

Les temps dans le récit épique

Cette séance est consacrée à l'étude de la valeur des temps

Recherche

Quels sont les temps utilisés dans le récit extrait d'Yvain ? Expliquez pourquoi l'auteur a choisi d'utiliser ces temps particuliers.

Notion
Exercices

1. Dans les phrases suivantes, indiquez quelles sont les valeurs du présent.

2. Même exercice. Attention, il peut y avoir différentes valeurs dans la même phrase.

Notion

Evaluation

Conjugaisons

Séance 06

Ancien et nouveau français

Cette séance est consacrée à la découverte de l'ancien français

Lecture

Observez les deux textes. Que remarquez-vous sur le texte de gauche ?

Artus, li buens rois de Bretaingne,

La cui proesce nos ansaingne,

Que nos soiiens preu et cortois,

Tint cort si riche come rois

A cele feste, qui tant coste,

Qu'an doit clamer la pantecoste.

Li rois fu a Carduel an Gales.

Aprés mangier parmi cez sales

Li chevalier s'atropelerent

La, ou dames les apelerent.

Chrétien de Troyes, Yvain ou le chevalier au lion, coll. GF, éd. Flammarion, 1990

Arthur, le sage roi de Bretagne, dont la prouesse nous incite à être vaillants et courtois, tint une cour, d'une magnificence toute royale, lors de cette fête qui tant coûte qu'il faut ben l'appeler Pentecôte. Le roi était à Carduel au pays de Galles ; après le repas, les chevaliers se répandirent dans les salles pour former de petits groupes là où des dames [...] les appelaient.

Chrétien de Troyes, Yvain ou le chevalier au lion, coll. GF, éd. Flammarion, 1990

Orthographe

Préparation

1. a) Indiquez la formation des mots suivants : réveiller, transpercer, tronçon.

b) Trouvez deux mots de la même famille pour chacun des mots suivants : dentelle, coup, précipiter, étincelant.

2. Surligner dans la liste suivante les mots que vous ne connaissez pas et apprenez-les.

Nom Verbe Adjectif Adverbe ou locutions

chevalier

coup

écu

haubert

éclat

tronçon

courroie

lambeau

dentelle

liberté

flanc

bras

hanche

épée

chagrin

fureur

raison

visage

cheveu

choc

lance

pommeau

nasal

nuque

front

blessure

souffle

combat

pierre

hyacinthe

émeraude

se précipiter

transpercer

déchirer

fendre

attaquer

frapper

couper

pendre

imaginer

manifester

réveiller

tomber

lacérer

assèner

arracher

consoler

emporter

briser

émousser

rompre

couvrir

écraser

pulvériser

étincelant

haut

réveillé

évanoui

mort

fort

émoussé

bleu

violet

terrible

couvert

extrême

écrasé

pulvérisé

de temps en temps

presque

Dictée

Séance 07

L'idéal chevaleresque

Cette séance est consacrée à l'étude des valeurs et des visées du récit de chevalerie

Lecture
Recherche

Pour chaque texte, répondez aux questions suivantes :

1. Par qui la chevalerie a-t-elle été créée ?

2. Qu'est-ce qui permet à un homme de devenir un chevalier ?

3. Qu'est-ce qui motive un chevalier ?

4. Comment un chevalier se comporte-t-il avec les autres ( femmes, pauvres, ennemis ) ?

Synthèse

A l'origine, le roman était lu à haute voix par un récitant, face à un public de nobles, chevaliers, dames et seigneurs, souvent frustres.

Quel était le but des récits de chevalerie ?

Perceval

Après avoir reçu des armes, Perceval part à l'aventure. Il rencontre un Seigneur qui lui enseigne comment se servir de ses armes et le faitchevalier.

« Le noble seigneur s'est alors saisi de l'épée ; il la lui ceint et lui donne l'accolade en lui déclarant qu'avec cette épée il lui confère l'ordre le plus élevé que Dieu ait établi et créé, l'ordre de chevalerie qui n'admet aucune bassesse. Puis il ajoute :

« Qu'il vous souvienne, mon ami, si d'aventure il vous faut combattre quelque chevalier, des instructions pressantes que je vais vous donner: si vous avez le dessus au point que votre adversaire ne puisse plus se défendre ni vous résister et qu'il lui faille demander grâce, ne le tuez pas délibérément.

Gardez-vous aussi de vous abandonner au bavardage et au commérage. [...]

Et je vous demande également si vous rencontrez une jeune fille ou une femme, demoiselle ou dame, qui se trouve privée d'appui, de lui venir en aide, pour peu que vous soyez capable de le faire et en ayez les moyens -ce sera une bonne action.

J'ai encore une autre chose à vous apprendre [...]: ne manquez pas de vous rendre à l'église y prier le Créateur de toutes choses d'avoir pitié de votre âme et de protéger en ce bas monde le chrétien que vous êtes et qui lui appartient. »

Chrétien de Troyes, Perceval

Lancelot

Dans un roman de chevalerie, Viviane, la dame du lac, enseigne à Lancelot l'origine de la chevalerie.

« Sachez bien que les chevaliers ne furent pas créés à la légère [...]. Mais quand l'envie et la convoitise s'accrurent dans le monde et que la force prit le dessus sur le droit, [...] quand les faibles ne purent plus accepter ni endurer les humiliations des forts, ils établirent pour se protéger des garants et des défenseurs pour s'assurer paix et justice [...].

Pour assurer cette garantie, furent mis en place ceux qui, de l'avis général, avaient le plus de qualités, les grands, les forts, les beaux, les agiles, les loyaux, les preux, les hardis, ceux qui étaient riches en ressources morales et physiques. [...] À l'origine de l'ordre, il fut imposé à qui voulait être chevalier [...] d'être courtois sans bassesse, bon sans félonie, pitoyable envers les nécessiteux, généreux et toujours prêt à secourir les miséreux, à tuer les voleurs et les meurtriers, à rendre d'équitables jugements sans amour et sans haine. »

Chrétien de Troyes, Lancelot

Prolongement

1. Regardez dans un dictionnaire à « chevalier ».

a) Quelle est l'origine du mot ?

b) Quelle est la définition de « chevalier » ?

c) Quelles sont les expressions ( en italique ) liées à la légende de la chevalerie ?

2. a) D'où vient le mot 'courage' ?

b) Trouvez quatre synonymes et quatre antonymes de 'courage'.

Evaluation

La littérature chevaleresque

Evaluation

Un combat de chevaliers

Evaluation

Ecrire un récit de chevalerie

Annexes

Lecture
La cour du roi Arthur et l'idéal chrétien

Un jeune chevalier, Galaad, est arrivé à la cour du roi Arthur, et a fait preuve d'une grande valeur.

S'adressant alors aux chevaliers de sa cour, le roi leur dit : « Chers seigneurs [...], je désire qu'ait lieu maintenant, dans les prairies devant Camaaloth, un tournoi si brillant que nos descendants, après notre mort, en gardent le souvenir ». Tous l'approuvent et reviennent dans la ville. Certains revêtent leurs armures pour jouter avec plus de sécurité mais la plupart se contentent de prendre housses de cheval et écus tant ils se fient en leur valeur. [...]

Quand tout le monde fut réuni dans la prairie devant Camaaloth, Galaad, à la demande expresse du roi et de la reine, revêtit son haubert et son heaume mais, malgré leurs prières, il refusa de prendre un écu. [...] La reine était montée sur les murs avec un grand nombre de dames et de demoiselles. Galaad, qui était venu dans la prairie avec les autres, se mit alors à briser des lances avec une telle fougue que nul n'aurait pu le voir sans être frappé d'étonnement. En peu de temps, il accomplit tant de prouesses que tous ceux, hommes et femmes, qui assistaient à ses exploits étaient émerveillés et voyaient en lui le meilleur des chevaliers. [...] En effet, à la fin du tournoi, on s'aperçut que de tous les compagnons de la Table Ronde qui y avaient participé, il n'y en avait que deux qu'il n'avait pas abattus, Lancelot et Perceval.

Le tournoi dura ainsi une partie de l'après-midi jusqu'au moment où le roi lui-même y mit fin: il craignait que les passions ne se déchaînent. Il fit délacer le heaume de Galaad et le donna à Bohort de Gaunes puis conduisit le jeune homme à travers la prairie jusqu'à la cité de Camaaloth où il le fit entrer par la grand-rue, le visage découvert, afin que tous puissent le voir distinctement. La reine, après l'avoir longuement regardé, déclara que c'était bien là le fils de Lancelot car il était impossible que deux hommes se ressemblent autant que ces deux-là. [...] Au retour de l'église, le roi monta dans la salle haute et ordonna de mettre les tables. Les chevaliers reprirent leur place, comme ils l'avaient fait le matin. Ils étaient tous assis et le silence s'était établi lorsque éclata un coup de tonnerre d'une force et d'une violence telles qu'il leur semblât que le château s'écroulait. Puis aussitôt apparut un rayon de soleil qui répandit dans la salle une éblouissante clarté. [...] Alors apparut à l'intérieur de la salle le Saint-Graal que recouvrait une étoffe de soie blanche. Personne ne put voir qui le portait. Il entra par la grand-porte et aussitôt la salle fut emplie d'odeurs si suaves qu'il semblait que toutes les senteurs de la terre y avaient été répandues. Le Saint-Graal passa dans la salle en faisant le tour de chaque table et, chaque fois qu'il passait, apparaissaient à chaque place les mets que chacun désirait. Puis, quand tous furent servis, le Saint-Graal disparut. Nul ne put voir ce qu'il était devenu et où il était parti. [...]

Cet événement combla de joie tous ceux qui y avaient assisté. [...] Ils en parlèrent tout au long du repas, tout comme le roi, qui dit à ceux qui étaient près de lui : «Seigneurs, nous devons être remplis d'allégresse [...]

-Seigneur, dit monseigneur Gauvain, vous ne savez pas tout encore: tous ceux qui étaient là ont été servis de ce qu'ils désiraient en leur c?ur et ceci ne s'est jamais produit en aucune cour [...]. Mais ils sont si égarés qu'ils n'ont pu voir distinctement le Saint-Graal et que sa véritable apparence leur est restée cachée. C'est pourquoi je fais pour ma part le serment que, dès demain matin, j'entreprendrai la Quête et que je la poursuivrai pendant un an et un jour, et davantage s'il le faut. J'ajoute que je ne reviendrai pas à la cour, quoi qu'il advienne, avant d'avoir vu le Saint-Graal plus distinctement qu'il ne m'est apparu ici, si du moins une telle faveur peut m'être accordée. [...]»

Quand les compagnons de la Table Ronde l'entendirent ainsi parler, ils se levèrent à leur tour, prononcèrent le même serment et jurèrent que leur quête ne cesserait que le jour où ils prendraient place à la sainte table où est chaque jour apprêtée la nourriture suave qu'ils avaient eue aujourd'hui. Ce serment remplit le roi de douleur car il comprit alors que rien ne les ferait plus renoncer.

La queste del Saint Graal

Lecture
Perceval contre Clamadeu

Clamadeu a alors dépêché devant la porte vingt chevaliers, qui font claquer au vent étendards et bannières -et il yen avait de toutes sortes. Quand ceux du château les aperçoivent, ils ouvrent toutes grandes les portes, comme le voulait le jeune homme qui sortit en avant de tous pour se mesurer aux chevaliers. Avec hardiesse, violence et fougue, il les attaque tous à la fois. Celui qu'il atteint n'a certes pas l'impression d'avoir affaire à un novice dans le métier des armes. Ce jour-là maintes entrailles firent connaissance avec le fer de sa lance. A l'un il transperce la poitrine, à l'autre le sein; à celui-ci il brise les bras et à cet autre la clavicule; il jette l'un à terre et met à mal l'autre. Prisonniers et chevaux, il les remet, il les livre sur-le-champ à ceux qui en avaient besoin.

Mais voici venir les troupes nombreuses qui avaient remonté tout le long de la vallée. on pouvait dénombrer jusqu'à cinq cents chevaliers, sans parler des mille hommes de guerre qui arrivaient et occupaient déjà la plus grande partie du terrain du côté de la porte qu'on avait ouverte. Les assaillants voient les pertes subies par les leurs, les blessés et les morts, et se dirigent droit sur la porte en rangs serrés et en bon ordre -tandis que les défenseurs s'établissent devant leur porte en rangs compacts et les affrontent hardiment. Mais ils étaient affaiblis et en petit nombre, alors que les autres voyaient leur force s'accroître de ceux de leurs gens qui les avaient suivis. Aussi ne purent-ils supporter le choc et se retirèrent-ils dans leur château. Au- dessus de la porte se tenaient des archers: ils tirent dans la foule qui se presse en bas, toute à son ardeur belliqueuse et à son furieux désir de pénétrer à toute force dans le château. Finalement, un groupe avec impétuosité réussit à forcer l'entrée, mais les assiégés font retomber sur eux une porte: elle écrase et tue tous ceux qu'elle atteint dans sa chute. Clamadeu n'a jamais rien vu de plus triste: la porte coulissante lui a tué nombre de ses hommes, tout en lui interdisant à lui l'accès du château. Il ne lui reste plus qu'à se tenir tranquille: un assaut trop hâtif serait peine perdue. Mais son maître, qui est son conseiller, lui dit : « [...] Arrachez-moi les deux yeux s'ils tiennent seulement cinq jours dans cette situation. Le château et la tour seront alors à vous et ils en sortiront tous pour se rendre à merci. Si vous voulez bien rester ici ne fût-ce qu'aujourd'hui et demain, le château est à vous -et celle qui vous a si longtemps oppose ses refus sera la première à vous supplier, au nom de Dieu, de consentir à la prendre. »