Cette séquence est destinée à aborder le genre poétique à travers l'étude d'un groupement de textes des XIXe et XXe siècles.
Ajouter : Brise marine de Mallarmé, le parfum exotique de baudelaire et un hémisphère dans une chevelure, du même. Et le bateau ivre, de Rimbaud.
| Outils de la langue | Ecriture | Lecture | Oral | |
| Connaissances | Vocabulaire : Connaître le lexique du voyage |
Lire un groupement de poèmes des XIXe et XXe siècles autour du thème du voyage. Connaître les différentes formes de poésie |
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| Compétences | Grammaire : Maîtriser les conjugaisons de l'impératif et du conditionnel Stylistique : Maîtriser les principales notions de prosodie (rime, mètre, vers); Stylistique : Savoir reconnaître les principales figures de style (comparaison, métaphore) |
Savoir écrire quelques vers réguliers |
Savoir lire des textes poétiques |
Savoir réciter un texte poétique |
Cherchez autant de synonymes que possible du mot 'voyage'.
1. Quel est le thème de ce texte ?
2. Quels éléments font de ce texte un texte poétique ?
3. Pourquoi avoir choisi une forme poétique pour écrire ce texte ?
Je m'en allais, les poings dans mes poches crevées;
Mon paletot aussi devenait idéal;
J'allais sous le ciel, Muse! et j'étais ton féal;
Oh! là! là! que d'amours splendides j'ai rêvées.
Mon unique culotte avait un large trou.
-Petit-Poucet rêveur, j'égrenais dans ma course
Des rimes. Mon auberge était à la Grande-Ourse.
-Mes étoiles au ciel avaient un doux frou-frou
Et je les écoutais, assis au bord des routes,
Ces bons soirs de septembre où je sentais des gouttes
De rosée à mon front, comme un vin de vigueur;
Où, rimant au milieu des ombres fantastiques,
Comme des lyres, je tirais les élastiques
De mes souliers blessés, un pied près de mon cœur.
Arthur Rimbaud, Poésies, 1871, coll. Poésie Gallimard, éd. Gallimard
1. a) Faites le schéma des rimes en plaçant au crayon de bois une lettre à la fin de chaque rime.
b) Indiquez quelles sont les rimes utilisées dans le poème.
2. Entourez au crayon les 'e' caducs présents dans le poème.
3. Entrainez-vous à lire le poème en veillant à prononcer les 'e' caducs.
Dans le texte suivant,
a) indiquez quelle est la longueur des vers.
b) Indiquez quel type de rime est utilisé.
c) Ecrivez deux vers pour terminer le dernier quatrain.
Par les soirs bleus d'été, j'irai dans les sentiers,
Picoté par les blés, fouler l'herbe menue :
Rêveur, j'en sentirai la fraîcheur à mes pieds.
Je laisserai le vent baigner ma tête nue.
Je ne parlerai pas, je ne penserai rien :
Mais l'amour infini me montera dans l'âme,
...
Arthur Rimbaud, Poésies, Mars 1870, coll. Poésie Gallimard, éd. Gallimard
1. Soulignez les 'e' muets dans ce poème.
2. Préparez la lecture orale.
1. Qu’est-ce que le rythme de ce poème a de particulier ?
2. En quoi ce poème est-il une invitation ? A qui s’adresse-t-il ? A quoi invite-t-il ?
3. Quels sont les temps verbaux utilisés ? Étudiez leur succesion dans le poème.
4. Quels moyens le poète utilise-t-il pour inviter son interlocuteur à "partir" avec lui ?
1. Quel est l’avantage d’un rythme irrégulier ?
2. A quel genre de texte aboutirait-on si l’on essayait de suivre un rythme encore plus irrégulier ?
Mon enfant, ma sœur,
Songe à la douceur,
D'aller là-bas vivre ensemble!
Aimer à loisir,
Aimer et mourir
Au pays qui te ressemble !
Les soleils mouillés
De ces ciels brouillés
Pour mon esprit ont les charmes
Si mystérieux
De tes traîtres yeux,
Brillant à travers leurs larmes.
Là, tout n'est qu'ordre et beauté,
Luxe, calme et volupté.
Des meubles luisants,
Polis par les ans,
Décoreraient notre chambre;
Les plus rares fleurs
Mêlant leurs odeurs,
Aux vagues senteurs de l'ambre,
Les riches plafonds,
Les miroirs profonds,
La splendeur orientale,
Tout y parlerait
A l'âme en secret
Sa douce langue natale.
Là, tout n'est qu'ordre et beauté,
Luxe, calme et volupté.
Vois sur ces canaux
Dormir ces vaisseaux
Dont l'humeur est vagabonde;
C'est pour assouvir,
Ton moindre désir
Qu'ils viennent du bout du monde.
-Les soleils couchants
Revêtent les champs,
Les canaux, la ville entière,
D'hyacinthe et d'or;
Le monde s'endort
Dans une chaude lumière.
Là, tout n'est qu'ordre et beauté,
Luxe, calme et volupté.
Baudelaire, Les Fleurs du Mal, 1855, coll. GF, éd. Flammarion
1. Indiquez à quel temps les verbes suivants sont conjugués : J'étais ; tu aurais ; il aura fait ; nous pourrons ; ils étaient allés ; J'aurais vu ; sache ; il voudra ; nous venions ; ayez fini ; ils auraient dû ; j'avais cru ; trouve ; il donnerait ; nous aurons parlé ; ayez pris.
2. Conjuguez les verbes suivants aux temps demandés : je (être / futur); tu (avoir / futur antérieur) ; il (faire / conditionnel) ; nous (pouvoir / conditionnel passé) ; aller (impératif) ; venir (impératif passé).
| Points | Sur | |
| Le texte est mémorisé | 6 | |
| Le texte est dit de façon compréhensible (articulation, volume, débit, pauses, intonation) | 6 | |
| Le texte est dit de façon expressive (voix, regards vers l'auditoire, implication, variété du rythme, du volume) | 6 | |
| Les 'e' muets sont bien prononcés | 2 |
1. Comparez ce texte avec le poème précédent. Quels sont les points communs et les différences ?
2. Quelle est la nature de ce texte ? Justifiez votre réponse.
Il est une contrée qui te ressemble, où tout est beau, riche, tranquille et honnête, [...] où la vie est douce à respirer, où le bonheur est marié au silence. C'est là qu'il faut aller vivre, c'est là qu'il faut aller mourir ! […]
Oui, c'est dans cette atmosphère qu'il ferait bon vivre, -là-bas, où les heures plus lentes contiennent plus de pensées, où les horloges sonnent le bonheur avec une plus profonde et plus significative solennité.
Sur des panneaux luisants, ou sur des cuirs dorés et d'une richesse sombre, vivent discrètement des peintures béates, calmes et profondes, comme les âmes des artistes qui les créèrent. Les soleils couchants, qui colorent si richement la salle à manger ou le salon, sont tamisés par de belles étoffes ou par ces hautes fenêtres ouvragées que le plomb divise en nombreux compartiments. Les meubles sont vastes, curieux, bizarres, armés de serrures et de secrets comme des âmes raffinées. Les miroirs, les métaux, les étoffes, l'orfèvrerie et la faïence y jouent pour les yeux une symphonie muette et mystérieuse [...].
Un vrai pays de Cocagne, te dis-je, où tout est riche, propre et luisant, comme une belle conscience, [...] comme une splendide orfèvrerie, comme une bijouterie bariolée ! Les trésors du monde y affluent, comme dans la maison d'un homme laborieux et qui a bien mérité du monde entier. […]
Ces trésors, ces meubles, ce luxe, cet ordre, ces parfums, ces fleurs miraculeuses, c'est toi. C'est encore toi, ces grands fleuves et ces canaux tranquilles. Ces énormes navires qu'ils charrient, tout chargés de richesses, et d'où montent les chants monotones de la manœuvre, ce sont mes pensées qui dorment ou qui roulent sur ton sein. Tu les conduis doucement vers la mer qui est l'Infini, tout en réfléchissant les profondeurs du ciel dans la limpidité de ta belle âme; -et quand, fatigués par la houle et gorgés des produits de l'Orient, ils rentrent au port natal, ce sont encore mes pensées, enrichies qui reviennent de l'Infini vers toi.
Baudelaire, Petits Poèmes en Prose, 1857, coll. Livre de Poche, éd. Librairie Générale Française
1. Quels effets ce texte cherche-t-il à produire ?
2. Quels moyens utilise-t-il pour produire ces effets ?
1. Quelles sont les figures de style utilisées dans les phrases suivantes :
a) "C'est là qu'il faut aller vivre, c'est là qu'il faut aller mourir !"
b) "Les meubles sont vastes, curieux, bizarres, armés de serrures et de secrets comme des âmes raffinées."
c) "Les trésors du monde y affluent, comme dans la maison d'un homme laborieux et qui a bien mérité du monde entier. "
d) "Ces trésors, ces meubles, ce luxe, cet ordre, ces parfums, ces fleurs miraculeuses, c'est toi."
2. Dans Ma Bohème, trouvez deux exemples de comparaisons et deux exemples de métaphores.
Dans la phrase suivante :
"Les soleils couchants, qui colorent si richement la salle à manger ou le salon, sont tamisés par ces hautes fenêtres ouvragées que le plomb divise en nombreux compartiments."
a) Supprimez tout ce qui n'est pas indispensable, tout en faisant en sorte que la phrase reste correcte.
b) A quoi les mots ou les groupes supprimés servaient-ils ?
c) Comment appelle-t-on, en grammaire, ces mots et ces groupes ?
1. Donnez la nature et la fonction des expansions du nom ou des appositions soulignées.
a) "Sur des cuirs dorés et d'une richesse sombre, vivent discrètement des peintures béates, calmes et profondes, comme les âmes des artistes qui les créèrent."
b) "Ces énormes navires qu'ils charrient, tout chargés de richesses, et d'où montent les chants monotones de la manœuvre, ce sont mes pensées qui dorment..."
2. Trouvez les expansions du nom ou les appositions utilisées ; précisez leur nature et leur fonction.
a) "Il est une contrée qui te ressemble, où tout est beau, riche, tranquille et honnête."
b) "Les trésors du monde y affluent, comme dans la maison d'un homme laborieux et qui a bien mérité du monde entier."
3. Réécrivez la phrase suivante en remplaçant 'des peintures' par 'une peinture'. Faites tous les changements nécessaires.
"Sur des panneaux luisants, ou sur des cuirs dorés et d'une richesse sombre, vivent discrètement des peintures béates, calmes et profondes, comme les âmes des artistes qui les créèrent."
4. Réécrivez la phrase suivante en remplaçant 'Les soleils' par 'Le soleil'. Faites tous les changements nécessaires.
Les soleils couchants, qui colorent si richement la salle à manger ou le salon, sont tamisés par de belles étoffes ou par ces hautes fenêtres ouvragées que le plomb divise en nombreux compartiments.
Pour les textes suivants, indiquez s'il s'agit de poèmes et justifiez votre réponse.
Haleur : personne dont le métier consiste à tirer un bateau depuis la rive.
Falot : grande lanterne.
1. Quel est le personnage qui parle ?
2. Quel itinéraire le bateau suit-il ? Relevez ses différentes étapes.
3. Quelle évolution le bateau connaît-il ? Que perd-il ?
4. Quelles sont les rimes utilisées ? Les vers utilisés ? Les strophes utilisées ?
1. Maman les p'tits bateauxMaman les petits bateaux Qui vont sur l'eau Ont-ils des jambes? Mais oui, mon gros bêta S'ils n'en avaient pas Ils ne marcheraient pas.
Allant droit devant eux, Ils font le tour du monde. Mais comme la terre est ronde, Ils reviennent chez eux. |
2. VoyageCe n'est pas seulement l'objet des voyages qui s'est modifié avec le temps; c'est aussi la manière même de voyager. Exécutés naguère avec lenteur, à pied ou sur un quadrupède quelconque (cheval, chameau, etc. ) sur la terre ferme, par un homme seul ou par des caravanes plus ou moins nombreuses, les déplacements sont devenus plus faciles de très bonne heure, grâce à la découverte de la roue, qui a permis de créer la voiture. De même, sur mer, en a-t-il été le jour où la navigation à voile s'est substituée à la navigation à godille ou à rame, ou combinée avec elle, et où des bâtiments voiliers se sont substitués aux simples barques. Le Larousse du XXème siècle, éd. Larousse, 1933 |
3. Un hémisphère dans une chevelureLaisse-moi respirer longtemps, longtemps, l'odeur de tes cheveux, y plonger tout mon visage, comme un homme altéré dans l'eau d'une source, et les agiter avec ma main comme un mouchoir odorant, pour secouer des souvenirs dans l'air. Si tu pouvais savoir tout ce que je vois! tout ce que je sens! tout ce que j'entends dans tes cheveux! Mon âme voyage sur le parfum comme l'âme des autres hommes sur la musique. Tes cheveux contiennent tout un rêve, plein de voilures et de mâtures; ils contiennent de grandes mers dont les moussons me portent vers de charmants climats, où l'espace est plus bleu et plus profond, où l'atmosphère est parfumée par les fruits, par les feuilles et par la peau humaine. Dans l'océan de ta chevelure, j'entrevois un port fourmillant de chants mélancoliques, d'hommes vigoureux de toutes nations et de navires de toutes formes découpant leurs architectures fines et compliquées sur un ciel immense où se prélasse l'éternelle chaleur. Dans les caresses de ta chevelure, je retrouve les langueurs des longues heures passées sur un divan, dans la chambre d'un beau navire, bercées par le roulis imperceptible du port, entre les pots de fleurs et les gargoulettes rafraîchissantes. Dans l'ardent foyer de ta chevelure, je respire l'odeur du tabac mêlé à l'opium et au sucre; dans la nuit de ta chevelure, je vois resplendir l'infini de l'azur tropical; sur les rivages duvetés de ta chevelure je m'enivre des odeurs combinées du goudron, du musc et de l'huile de coco. Charles Baudelaire, Un hémisphère dans une chevelure, coll. Poésie Gallimard, éd. Gallimard |
4. Le bateau ivreComme je descendais des Fleuves impassibles, Je ne me sentis plus guidé par les haleurs : Des Peaux-Rouges criards les avaient pris pour cibles Les ayant cloués nus aux poteaux de couleurs.
J'étais insoucieux de tous les équipages, Porteur de blés flamands ou de cotons anglais. Quand avec mes haleurs ont fini ces tapages Les Fleuves m'ont laissé descendre où je voulais.
Dans les clapotements furieux des marées, Moi, l'autre hiver, plus sourd que les cerveaux d'enfants, Je courus! Et les Péninsules démarrées N'ont pas subi tohu-bohus plus triomphants.
La tempête a béni mes éveils maritimes. Plus léger qu'un bouchon j'ai dansé sur les flots Qu'on appelle rouleurs éternels de victimes, Dix nuits, sans regretter l’œil niais des falots
Plus douce qu'aux enfants la chair des pommes sûres, L'eau verte pénétra ma coque de sapin Et des taches de vins bleus et des vomissures Me lava, dispersant gouvernail et grappin.
Et dès lors, je me suis baigné dans le Poème De la Mer, infusé d'astres, et lactescent, Dévorant les azurs verts; où, flottaison blême Et ravie, un noyé pensif parfois descend… A. Rimbaud, Poésies, coll. Folio Classique, éd. Gallimard |
1. A quels sens le poète fait-il appel pour évoquer la chevelure et les paysages ?
2. Relevez les figures de style utilisées dans Un hémisphère dans une chevelure. Quelles sont les figures utilisées pour passer des cheveux aux paysages ? Quelles sont les figures de style utilisées pour créer un rythme dans le poème ?
3. A partir des réponses précédentes, indiquez comment le poème est construit.
A la façon d'Un hémisphère, imaginez un poème qui partirait d'un aspect d'une personne aimée (ses yeux, ses mains, sa peau, etc.) pour évoquer des sensations, lesquelles conduiraient à leur tour à des paysages.
Utilisez le tableau suivant pour rassembler des idées.
| Partie du corps | Sensations | Paysage associé | Détails sur le paysage |
Que demandait le sujet ?
Observez les extraits suivants. Indiquez, pour chacun, ce qui vous semble intéressant, et comment l'extrait pourrait être amélioré.
Tes yeux sont très beaux. Ils me donnent de la joie. Quand je les regarde, je suis heureux.
Laisse-moi regarder longtemps, très longtemps,
Dans tes yeux qui me font penser à la forêt.
Quand j'observe tes cheveux ondulés, je pense aux vacances dans l'océan et aux vagues qui avancent doucement vers la plage quand la mer commence juste à remonter.
Quand tu tournes la tête, tes cheveux blonds ressemblent à un champ de blé balayé par le vent. Cela me donne une impression d'été, de chaleur et de moisson.
La nuit, tes cheveux ressemblent à une aurore boréale flottant à travers le ciel nocturne du pôle nord.
Laisse-moi te regarder tout le temps, plonger mes yeux dans tes yeux comme dans le mer bleue d'azur, m'y abreuver comme un lion devant le point d'eau, me réchauffer les mains à ton regard flamboyant.
Laisse-moi voir dans tes yeux, galoper sur le dos d'une antilope, y sentir l'odeur de la terre fraîchement labourée, entendre striduler les criquets.
Tu ne peux savoir tout ce que je vois, tout ce que j'entends, tout ce que je sens dans tes yeux. Les hommes creusent dans les tunnels à la recherche de diamants et d'or dont sont constitués tes yeux pour nourrir leur bien-aimée, tapent du peu de force qu'il leur reste. J'entends leurs cris tandis que le soleil se couche.
Dans tes yeux noirs, la nuit n'est que beauté.