Les Misérables

Séance 01

Les Misérables

Cette séance est destinée à construire des attentes de lecture

Oral

1. Qu'est-ce qu'un héros ?

2. Quels sont les différents sens du mot 'misérable' ? Cherchez dans le dictionnaire.

3. En quoi le titre proposé peut-il être surprenant ?

Observation

En observant les deux couvertures ci-contre, et en observant le sommaire du livre, formulez des hypothèses sur les personnages et l'histoire.

Prolongement

Expliquez le rapport entre ce plaidoyer pour l'ortie et le propos du livre.

Un jour il voyait des gens du pays très occupés à arracher des orties ; il regarda ce tas de plantes déracinées èt déjà desséchées, et dit : — C’est mort. Cela serait pourtant bon si l’on savait s’en servir. Quant l’ortie est jeune, la feuille est un légume excellent ; quand elle vieillit, elle a des filaments et des fibres comme le chanvre et le lin. La toile d’ortie vaut la toile de chanvre. Hachée, l’ortie est bonne pour la volaille ; broyée, elle est bonne pour lès bêtes à cornes, La graine de l’ortie mêlée au fourrage donne du luisant au poil des animaux ; la racine mêlée au sel produit une belle couleur jaune. C’est du reste un excellent foin qu’on peut faucher deux fois. Et que faut-il à l’ortie ? Peu de terre, nul soin, nulle culture. Seulement la graine tombe à mesure qu’elle mûrit, et est difficile à récolter. Avec quelque peine qu’on prendrait, l’ortie serait utile ; on la néglige, elle devient nuisible. Alors on la tue. Que d’hommes ressemblent à l’ortie ! — Il ajouta après un silence : Mes amis, retenez ceci, il n’y a ni mauvaises herbes ni mauvais hommes. Il n’y a que de mauvais cultivateurs.

Victor Hugo, Les Misérables, Tome I, livre 5.

Séance 02

Jean Valjean (I, 1 et 2)

Cette séance est consacrée à l'étude du personnage de Jean Valjean

Recherche
La chute (pp. 16-19)

"Jean Valjean était d'un caractère... avoir cassé un carreau et pris un pain."

1. Le jeune Jean Valjean : indiquez sa situation familiale, sa profession, son caractère.

2. "Il se louait comme moissonneur, comme manoeuvre, comme garçon de ferme bouvier, comme homme de peine. Il faisait ce qu'il pouvait. Sa soeur travaillait de son côté, mais que faire avec sept petits enfants ? C'était un triste groupe que la misère enveloppa et étreignit peu à peu. Il arriva qu'un hiver fut rude. Jean n'eut pas d'ouvrage. La famille n'eut pas pain. Pas de pain. A la lettre. Sept enfants !" (pp. 16-17)

a. Dans la première phrase, quelle est la figure de style utilisée ?

b. Observez les dernières phrases. Qu'y remarque-t-on ? Quel est l'effet recherché ?

3. Faites le décompte des condamnations successives du détenu. Quelle impression se dégage de la façon dont elles sont racontées ?

Prolongement
Le rachat (pp. 24-26)

"Comme le frère et la soeur... je la donne à Dieu."

1. Lorsque les gendarmes frappent chez l'Evêque,

a) Observez l'apparition du groupe. Quelle impression s'en dégage ?

b) De quelle façon l'Evêque accueille-t-il le groupe ? Quelle impression s'en dégage ?

c) Quelle est la figure de style utilisée ?

2. a) Qu'y a-t-il de remarquable dans la réaction de l'Evêque ?

b) Comment l'Evêque parle-t-il à Jean Valjean, en particulier dans la deuxième moitié de l'extrait ?

3. Sur les chandeliers.

a) Sont-ils utiles à Jean Valjean par la suite ? (v. p. 63)

b) A quoi servent-ils donc ?

4. Que fait Jean Valjean pendant cette scène ? Pourquoi réagit-il ainsi ?

Synthèse

1. a) Qu'est-ce que l'Evêque offre à Jean Valjean ?

b) Comment peut-on décrire l'action de l'Evêque ?

2. Après cet épisode, Jean Valjean s'écrie : "je suis un misérable !" (p. 28)

a) Qu'est-ce qui a changé dans le personnage ?

b) En quoi cette exclamation est-elle importante dans le roman ?

Séance 03

Fantine (I, 3 à 5)

Cette séance est consacrée à l'itinéraire du personnage

Vocabulaire

1. Expliquez la formation du mot 'déchéance' ?

2. Trouver trois mots de la même famille.

3. Trouvez trois synonymes de ce mot.

Recherche
La déchéance de Fantine

1. Quelles sont les différentes étapes qui font peu à peu de Fantine une 'misérable' ?

2. Quelles sont les fautes que les gens lui reprochent ? Pourquoi a-t-elle commis ces fautes ?

3. Relevez les portraits qui jalonnent cette déchéance. Que remarquez-vous ?p. 30, p. 36, pp. 55-56

4. Quels éléments rendent l'agonie de Fantine particulièrement touchante ?

Synthèse

Quels sont les points communs à Jean Valjean et à Fantine ?

Séance 04

Waterloo (II, 1)

Cette séance est consacrée à l'étude du registre épique.

Observation

Toise : mesure de longueur. Six pieds, soit environ deux mètres.

La charge de la Garde Impériale

De "Donc, le matin..." à "...la perte de la bataille." (pp. 79-81)

1. Comment les soldats de la Garde Impériale sont-ils présentés par le narrateur ?

2. "Alors on vit..." à "...discipliné et terrible" (pp. 79-80)

a) D'où voit-on la scène ?

b) Quelles indications font de cette charge "un spectacle formidable" ?

c) Quelles comparaisons sont utilisées pour décrire la cavalerie ?

d) Observez la dernière phrase. Que remarquez-vous ?

3. "Bizarre coïncidence..." à "...tremblement de terre." (p. 80)

a) D'où voit-on la scène ?

b) Commment l'armée française est-elle perçue par les soldats anglais ?

c) Quel effet est ainsi créé ?

4. Dans les deux derniers paragraphes,

a) comment l'épopée se transforme-t-elle en tragédie ?

b) Quelle phrase résume la violence de la scène ?

Synthèse

Comment cet épisode poursuit-il la réflexion sur les héros proposée par le livre ?

Notion
Le registre épique
Prolongement

Le texte suivant a été publié dans un recueil de poèmes de Victor Hugo nommé 'Les châtiments'.

Vocabulaire

1. Grouchy : Général commandant les troupes françaises.

2. Blücher : Général commandant les troupes prussiennes, ennemies de Napoléon.

Qui est le héros de ce texte ? Justifiez votre réponse.

L'expiation

Waterloo ! Waterloo ! Waterloo ! morne plaine !

Comme une onde qui bout dans une urne trop pleine,

Dans ton cirque de bois, de coteaux, de vallons,

La pâle mort mêlait les sombres bataillons.

D’un côté c’est l’Europe et de l’autre la France.

Choc sanglant ! des héros Dieu trompait l’espérance

Tu désertais, victoire, et le sort était las.

Ô Waterloo ! je pleure et je m’arrête, hélas !

Car ces derniers soldats de la dernière guerre

Furent grands ; ils avaient vaincu toute la terre,

Chassé vingt rois, passé les Alpes et le Rhin,

Et leur âme chantait dans les clairons d’airain !


Le soir tombait ; la lutte était ardente et noire.

Il avait l’offensive et presque la victoire ;

Il tenait Wellington1 acculé sur un bois.

Sa lunette à la main, il observait parfois

Le centre du combat, point obscur où tressaille

La mêlée, effroyable et vivante broussaille,

Et parfois l’horizon, sombre comme la mer.

Soudain, joyeux, il dit : Grouchy2 ! — C’était Blücher3.

L’espoir changea de camp, le combat changea d’âme,

La mêlée en hurlant grandit comme une flamme.

La batterie anglaise écrasa nos carrés.

La plaine, où frissonnaient les drapeaux déchirés,

Ne fut plus, dans les cris des mourants qu’on égorge,

Qu’un gouffre flamboyant, rouge comme une forge ;

Gouffre où les régiments comme des pans de murs

Tombaient, où se couchaient comme des épis mûrs

Les hauts tambours-majors aux panaches énormes,

Où l’on entrevoyait des blessures difformes !

Carnage affreux ! moment fatal ! L’homme inquiet

Sentit que la bataille entre ses mains pliait.

Derrière un mamelon la garde était massée.

La garde, espoir suprême et suprême pensée !

« Allons ! faites donner la garde ! » cria-t-il.

Et, lanciers, grenadiers aux guêtres de coutil,

Dragons que Rome eût pris pour des légionnaires,

Cuirassiers, canonniers qui traînaient des tonnerres,

Portant le noir colback ou le casque poli,

Tous, ceux de Friedland et ceux de Rivoli,

Comprenant qu’ils allaient mourir dans cette fête,

Saluèrent leur dieu, debout dans la tempête.

Leur bouche, d’un seul cri, dit : vive l’empereur !

Puis, à pas lents, musique en tête, sans fureur,

Tranquille, souriant à la mitraille anglaise,

La garde impériale entra dans la fournaise.

Hélas ! Napoléon, sur sa garde penché,

Regardait, et, sitôt qu’ils avaient débouché

Sous les sombres canons crachant des jets de soufre,

Voyait, l’un après l’autre, en cet horrible gouffre,

Fondre ces régiments de granit et d’acier

Comme fond une cire au souffle d’un brasier.

Ils allaient, l’arme au bras, front haut, graves, stoïques.


Pas un ne recula. Dormez, morts héroïques !

Le reste de l’armée hésitait sur leurs corps

Et regardait mourir la garde. — C’est alors

Qu’élevant tout à coup sa voix désespérée,

La Déroute, géante à la face effarée

Qui, pâle, épouvantant les plus fiers bataillons,

Changeant subitement les drapeaux en haillons,

À de certains moments, spectre fait de fumées,

Se lève grandissante au milieu des armées,

La Déroute apparut au soldat qui s’émeut,

Et, se tordant les bras, cria : Sauve qui peut !

Sauve qui peut ! — affront ! horreur ! — toutes les bouches

Criaient ; à travers champs, fous, éperdus, farouches,

Comme si quelque souffle avait passé sur eux,

Parmi les lourds caissons et les fourgons poudreux,

Roulant dans les fossés, se cachant dans les seigles,

Jetant shakos, manteaux, fusils, jetant les aigles,

Sous les sabres prussiens, ces vétérans, ô deuil !

Tremblaient, hurlaient, pleuraient, couraient ! — En un clin d’œil,

Comme s’envole au vent une paille enflammée,

S’évanouit ce bruit qui fut la grande armée,

Et cette plaine, hélas, où l’on rêve aujourd’hui,

Vit fuir ceux devant qui l’univers avait fui !

Quarante ans sont passés, et ce coin de la terre,

Waterloo, ce plateau funèbre et solitaire,

Ce champ sinistre où Dieu mêla tant de néants,

Tremble encor d’avoir vu la fuite des géants !

Victor Hugo, Les Châtiments, V, L'Expiation

Séance 05

Cosette

Cette séance est consacrée aux différents portraits du personnage de Cosette

Recherche

1. Recherchez dans le livre les trois portraits de Cosette. p. 35, p. 43, p. 151

2. Que pouvez-vous remarquer sur l'évolution du personnage ?

3. Par rapport au propos général du livre, que souligne cette évolution ?

Observation

1. "L'enfant de cette femme était un des plus divins êtres qu'on pût voir. C’était une fille de deux à trois ans. Elle était admirablement rose et bien portante. La belle petite donnait envie de mordre dans les pommes de ses joues. On ne pouvait rien dire de ses yeux, sinon qu’ils devaient être très grands et qu’ils avaient des cils magnifiques. Elle dormait."

a) Comment les groupes nominaux soulignés sont-ils organisés ? Indiquez la nature et la fonction de chaque élément du groupe.

b) Trouvez trois adjectifs qui ne font pas partie d'un groupe nominal. Quelle est leur fonction ?

2. "Il ne lui restait que ses beaux yeux qui faisaient peine." Indiquez la construction du groupe nominal souligné.

Notion
Les fonctions de l'adjectif ; les expansions du nom
Exercices
Les fonctions de l'adjectif ; les expansions du nom

1. Indiquez la construction des groupes nominaux soulignés.

"C'étaient d'admirables cheveux châtains nuancés de veines dorées, un front qui semblait fait de marbre, des joues qui semblaient faites d'une feuille de rose, un incarnat pâle, une blancheur émue, une bouche exquise d'où le sourire sortait comme une clarté et la parole comme une musique."

D'admirables cheveux châtains nuancés de veines dorées

d' admirables cheveux châtains nuancés de veines dorées
Nature / / / / /
Fonction / / / / / / /
Nature / / / /
Fonction / / / / /
Nature
Fonction / /

Des joues qui semblaient faites d'une feuille de rose

des joues qui semblaient faites d' une feuille de rose
Nature / / / / /
Fonction / / / / / / /
Nature / / /
Nature
Fonction / /

2. Indiquez la fonction des adjectifs soulignés.

Les Misérables est un immense roman. Ce roman est célèbre dans le monde entier. L'histoire, dramatique, est bouleversante. Les profondes réflexions de l'auteur sur la société sont terribles.

Evaluation

Grammaire

Séance 06

La mort de Gavroche

Cette séance est consacrée à l'étude d'un passage du roman et du sublime

Observation

La Liberté guidant le peuple est un tableau d'Eugène Delacroix de 3,25 m sur 2,60 m représentant les trois glorieuses, présenté au public au Salon de Paris de 1831. Les 27, 28 et 29 juillet 1830, dites les « Trois Glorieuses » se déroule la Révolution de Juillet, révolution française à la faveur de laquelle un nouveau régime, la monarchie de Juillet, succède à la Seconde Restauration.

Quelle scène du livre se rapproche de ce tableau ?

Recherche

Le 5 juin 1832 à Paris, de violents affrontements se produisirent entre les Républicains qui souhaitaient renverser la monarchie de Juillet, et la garde nationale. L’émeute se poursuit les 6 et 7 juin. Une partie de la garde nationale fraternisa avec les insurgés.

La mort de Gavroche (pp. 258-261)

De "Courfeyrac tout à coup aperçut..." (p. 258) à "...quinze coups à tirer." (p. 261)

1. Où se trouve Gavroche dans ce passage ?

2. Comment l'enfant réagit-il à la menace des soldats et des balles ?

3. Observez les couplets chantés par Gavroche. (Pour information : Voltaire et Rousseau sont deux philosophes, deux écrivains de l'époque des Lumières, qui a précédé la Révolution de 1789. Tous deux sont reconnus comme des inspirateurs de la Révolution. Le premier a lutté contre le fanatisme religieux, le second contre le despotisme.)

a) Relevez les oppositions.

b) Quelle évolution remarquez-vous ?

4. Quelles métaphores désignent l'enfant ?

5. Relevez les verbes indiquant les mouvements de Gavroche : à quel temps sont-ils conjugués ? Pourquoi ? Comment sont-ils disposés ?

6. Quel changement remarquez-vous dans l’emploi des temps à partir de "Une balle pourtant..." Que montre ce changement ?

7. Expliquez l’expression « Cette petite grande âme venait de s’envoler. »

Synthèse

Quels éléments rendent ce passage particulièrement intense ?

Notion
Les valeurs de l'imparfait
Exercices
Les valeurs de l'imparfait

1. Indiquez les valeurs de l'imparfait dans les phrases suivantes.

a) Nous voulions vous demander si vous pouviez venir avec nous.

b) Lorsqu'il était enfant, mon voisin faisait six kilomètres à pied pour aller à l'école.

c) Si vous vous appliquiez davantage, vous réussiriez.

d) A chaque panier, les joueurs bondissaient de joie.

e) Pierre avoua qu'il avait peur.

f) Depuis des semaines, une épaisse couche de neige recouvrait la campagne.

g) Chaque soir, elle prenait une tisane avant de se coucher.

h) Il essayait d'entrer dans la maison quand les policiers l'arrêtèrent.

Séance 07

Javert, la justice impitoyable

Cette séance est destinée à réfléchir sur une des problématiques du livre

Recherche

1. a) Relevez les villes dans lesquelles Jean Valjean passe. Digne, avec l'Evêque Myriel ; Faverolles, lieu de jeunesse de Jean Valjean ; Bicêtre, enferrage ; Toulon, le bagne ; Montreuil sur Mer, M. Madeleine ; Arras, au procès de Champmathieu ; Montfermeil, chez les Thénardier ; La masure Gorbeau, près de la porte d'Italie, à la Salpêtrière (Saint-Médard) ; Couvent du Petit-Picpus, rue Picpus, quartier Saint-Antoine ; jardin du Luxembourg, la rencontre avec Marius ; rue Saint-Jacques, maison de Marius et de Jondrette ; seconde maison de Jean Valjean rue Plumet ; la barricade, cabaret Corinthe, rue de la Chanvrerie ; rue de l'homme-armé ;

b) Relevez, dans Paris, les lieux dans lesquels Jean Valjean séjourne.

c) Placez ces lieux sur les cartes ci-contre.

d) Pourquoi se déplace-t-il autant ?

4. a) Dans quels lieux Javert apparaît-il ?

b) Que symbolise ce personnage ?

c) Que devient-il finalement ?

Evaluation

Lecture