Comment la poésie peut-elle suivre, accompagner et parfois devancer un combat politique ou moral ? On associe souvent la poésie avec la rêverie, l'intimité, la nature, la beauté. Or, à cause de sa force, le langage poétique est aussi une arme, qui fut utilisée en particulier pendant la seconde guerre mondiale pour soutenir la Résistance et combattre l'Occupation.
Corpus :
- Le Pont Mirabeau, Guillaume Apollinaire, Alcools, coll. Poésie Gallimard, éd. nrf/Gallimard, 1913.
- Courage, Paul Eluard, les Armes de la douleur, éd. Gallimard, 1944.
- Strophes pour se souvenir, Louis Aragon, Le Roman inachevé, éd. Gallimard, 1956.
- Liberté, Paul Eluard, Poésies et vérités, 1942.
- La rose et le réséda, Louis Aragon, texte paru dans Le Mot d'Ordre, 1943.
- Ce coeur qui haissait la guerre, Robert Desnos, Destinée arbitraire, 1975.
Objectifs visés :
| Outils de la langue | Ecriture | Lecture | Oral | |
| Connaissances | Connaître le vocabulaire de l'engagement (révolte, dénonciation, témoignage). |
Avoir des connaissances et des repères relevant du temps : les grands traits de l'histoire de la France (la seconde guerre mondiale, la lutte contre l'Occupation). Avoir des connaissances et des repères relevant de la culture littéraire : connaître un ensemble de textes poétiques célèbres du XXème siècle, connaître les grandes évolutions de la poésie. |
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| Compétences | Reconnaître la construction du groupe nominal, les expansions du nom et l'apposition. |
Écrire lisiblement un texte cohérent et ponctué, en respectant l'orthographe et la grammaire : Exprimer un point de vue argumenté sur la poésie libre. |
Utiliser pour lire ses connaissances sur la langue, des outils appropriés : les procédés de versification utilisés en poésie, les figures de style, la construction du groupe nominal. |
Adapter son mode de lecture à la nature du texte proposé et à l'objectif poursuivi : lire et réciter la poésie. |
1. Qu'est-ce que la poésie ? Comment distingue un texte poétique d'un texte ordinaire ?
2. De quoi parle la poésie ?
Lisez les deux textes ci-contre.
1. S'agit-il de poèmes ? Pourquoi ?
2. De quoi parlent-ils ?
Le Pont MirabeauSous le pont Mirabeau coule la Seine Et nos amours Faut-il qu'il m'en souvienne La joie venait toujours après la peine
Vienne la nuit sonne l'heure Les jours s'en vont je demeure
Les mains dans les mains restons face à face Tandis que sous Le pont de nos bras passe Des éternels regards l'onde si lasse
Vienne la nuit sonne l'heure Les jours s'en vont je demeure
L'amour s'en va comme cette eau courante L'amour s'en va Comme la vie est lente Et comme l'Espérance est violente
Vienne la nuit sonne l'heure Les jours s'en vont je demeure
Passent les jours et passent les semaines Ni temps passé Ni les amours reviennent Sous le pont Mirabeau coule la Seine
Vienne la nuit sonne l'heure Les jours s'en vont je demeure Guillaume Apollinaire, Alcools, coll. Poésie Gallimard, éd. nrf/Gallimard, 1913 |
CourageParis a froid Paris a faim Paris ne mange plus de marrons dans la rue Paris a mis de vieux vêtements de vieille Paris dort tout debout sans air dans le métro Plus de malheur encore est imposé aux pauvres Et la sagesse et la folie De Paris malheureux C'est l'air pur c'est le feu C'est la beauté c'est la bonté De ses travailleurs affamés Ne crie pas au secours Paris Tu es vivant d'une vie sans égale Et derrière la nudité De ta pâleur de ta maigreur Tout ce qui est humain se révèle en tes yeux Paris ma belle ville Fine comme une aiguille forte comme une épée Ingénue et savante Tu ne supportes pas l'injustice Pour toi c'est le seul désordre Tu vas te libérer Paris Paris tremblant comme une étoile Notre espoir survivant Tu vas te libérer de la fatigue et la boue Frères ayons du courage Nous qui ne sommes pas casqués Ni bottés ni gantés ni bien éléves Un rayon s'allume en nos veines Notre lumière nous revient Les meilleurs d'entre nous sont morts pour nous Et voici que leur sang retrouve notre coeur Et c'est de nouveau le matin un matin de Paris La pointe de la délivrance L'espace du printemps naissant La force idiote a le dessous Ces esclaves nos ennemis S'ils ont compris S'ils sont capables de comprendre Vont se lever. Paul Eluard, les Armes de la douleur, éd. Gallimard, 1944 |
1. A qui s'adresse le poète ? A quel moment le texte est-il écrit ?
2. Quels sont les temps principalement utilisés ? Quelles sont les valeurs de ces temps ?
3. Quelle image de Paris le poète donne-t-il ?
4. Quelles sont les oppositions utilisées pour décrire la ville ?
5. Où se trouve le titre dans le poème ? Comment comprendre ce titre ?
6. Quelles sont les grandes parties du poème ? Justifiez.
Pendant la seconde guerre mondiale, 23 membres d'un groupe de résistants appelé groupe Manouchian furent arrêtés puis présentés sur une affiche rouge.
1. Observez le choix des couleurs. Quelles remarques pouvez-vous faire ?
2. Quels mots sont utilisés dans les légendes, sous les portraits ?
3. Observez les photographies en bas de la page. Que suggèrent-elles ?
4. Quel est le message véhiculé par cette affiche ?
source : wikimedia commons
1. Hirsute : qui a le poil et le cheveu fourni et désordonné (en bataille ).
2. Erivan : Ville d'Arménie (Manouchian, le chef du groupe, était arménien).
3. Mélinée : compagne de Manouchian, le chef du groupe.
1. Comment l'affiche est-elle décrite ?
2. Quelle est la réaction des français, d'après le poème ?
3. Pourquoi le passage à l'italique, dans les dernières strophes ?
4. Qui parle ? A qui ?
5. Quelle est la forme de poésie utilisée ?
6. Quelle image des membres du groupe Manouchian est donnée dans ce poème ?
Vous n'avez réclamé la gloire ni les larmes
Ni l'orgue ni la prière aux agonisants
Onze ans déjà que cela passe vite onze ans
Vous vous étiez servi simplement de vos armes
La mort n'éblouit pas les yeux des Partisans
Vous aviez vos portraits sur les murs de nos villes
Noirs de barbe et de nuit hirsutes1 menaçants
L'affiche qui semblait une tache de sang
Parce qu'à prononcer vos noms sont difficiles
Y cherchait un effet de peur sur les passants
Nul ne semblait vous voir français de préférence
Les gens allaient sans yeux pour vous le jour durant
Mais à l'heure du couvre-feu des doigts errants
Avaient écrit sous vos photos MORTS POUR LA FRANCE
Et les mornes matins en étaient différents
Tout avait la couleur uniforme du givre
À la fin février pour vos derniers moments
Et c'est alors que l'un de vous dit calmement
Bonheur à tous Bonheur à ceux qui vont survivre
Je meurs sans haine en moi pour le peuple allemand
Adieu la peine et le plaisir Adieu les roses
Adieu la vie adieu la lumière et le vent
Marie-toi sois heureuse et pense à moi souvent
Toi qui vas demeurer dans la beauté des choses
Quand tout sera fini plus tard en Erivan2
Un grand soleil d'hiver éclaire la colline
Que la nature est belle et que le coeur me fend
La justice viendra sur nos pas triomphants
Ma Mélinée3 ô mon amour mon orpheline
Et je te dis de vivre et d'avoir un enfant
Ils étaient vingt et trois quand les fusils fleurirent
Vingt et trois qui donnaient leur coeur avant le temps
Vingt et trois étrangers et nos frères pourtant
Vingt et trois amoureux de vivre à en mourir
Vingt et trois qui criaient la France en s'abattant.
Louis Aragon, Le Roman inachevé, éd. Gallimard, 1956
Paul Eluard a d'abord fait paraître son poème sous le titre "une seule pensée", avant de l'intégrer, en avril 1942, au recueil Poésie et Vérité, publié semi-clandestinement. Le poème fait l'ouverture du recueil et s'intitule désormais "Liberté". Sous ce titre, il connaîtra un destin hors du commun, puisqu'il sera parachuté par la Royal Air Force dans des containers destinés à la Résistance intérieure.
Comment ce texte exprime-t-il d'une façon poétique l'idée de "liberté" ?
Sur mes cahiers d'écolier Sur mon pupitre et les arbres Sur le sable de neige J'écris ton nom
Sur les pages lues Sur toutes les pages blanches Pierre sang papier ou cendre J'écris ton nom
Sur les images dorées Sur les armes des guerriers Sur la couronne des rois J'écris ton nom
Sur la jungle et le désert Sur les nids sur les genêts Sur l'écho de mon enfance J'écris ton nom
Sur tous mes chiffons d'azur Sur l'étang soleil moisi Sur le lac lune vivante J'écris ton nom
Sur les champs sur l'horizon Sur les ailes des oiseaux Et sur le moulin des ombres J'écris ton nom
Sur chaque bouffée d'aurore Sur la mer sur les bateaux Sur la montagne démente J'écris ton nom
Sur la mousse des nuages Sur les sueurs de l'orages Sur la pluie épaisse et fade J'écris ton nom
Sur les formes scintillantes Sur les cloches des couleurs Sur la vérité physique J'écris ton nom
Sur les sentiers éveillés Sur les routes déployées Sur les places qui débordent J'écris ton nom |
Sur la lampe qui s'allume Sur la lampe qui s'éteint Sur mes raisons réunies J'écris ton nom
Sur le fruit coupé en deux Du miroir et de ma chambre Sur mon lit coquille vide J'écris ton nom
Sur mon chien gourmand et tendre Sur ses oreilles dressées Sur sa patte maladroite J'écris ton nom
Sur le tremplin de ma porte Sur les objets familiers Sur le flot du feu béni J'écris ton nom
Sur toute chair accordée Sur le front de mes amis Sur chaque main qui se tend J'écris ton nom
Sur la vitre des surprises Sur les lèvres attendries Bien au-dessus du silence J'écris ton nom
Sur mes refuges détruits Sur mes phares écroulés Sur les murs de mon ennui J'écris ton nom
Sur l'absence sans désir Sur la solitude nue Sur les marches de la mort J'écris ton nom
Sur la santé revenue Sur le risque disparu Sur l'espoir sans souvenir J'écris ton nom
Et par le pouvoir d'un mot Je recommence ma vie Je suis né pour te connaître Pour te nommer
Liberté. Paul Eluard, Poésies et vérités, 1942 |
1. Indiquez la construction des groupes nominaux suivants.
a) Sur le moulin des ombres
b) Sur la montagne démente
c) Sur les places qui débordent
1. Indiquez la construction des groupes nominaux suivants.
a) Sur la lampe qui s'allume
b) Sur mon chien gourmand et tendre
c) Sur le tremplin de ma porte
2. Trouvez dans la deuxième colonne un exemple d'adjectif épithète, un exemple de proposition relative épithète, et un exemple de complément du nom.
1. Recherchez dans un dictionnaire les sens du mot 'poétique'.
2. Quels éléments font des deux textes Courage et Liberté des textes poétiques ?
3. Qu'est-ce qui rend, en général, un texte poétique ?
1. Quelles sont les images utilisées dans les groupes de mots suivants ? Comment peut-on les comprendre ?
a) Paris tremblant comme une étoile (Paul Eluard, Courage)
b) Ils étaient vingt et trois quand les fusils fleurirent (Louis Aragon, Strophes pour se souvenir)
c) Le lit coquille vide (Paul Eluard, Liberté)
d) Le fruit coupé en deux // Du miroir et de ma chambre (Paul Eluard, Liberté)
1. Que pensez-vous de la citation suivante ?
POESIE : [...] La poésie ne se trouve pas que dans les vers. Elle est là où le talent la met. La poésie est le résultat de toute bonne littérature.
Le poème est l'objet; la poésie, éventuellement, le résultat. La poésie est même le résultat de tout art réussi : un tableau est de la poésie, un beau vêtement bien porté est de la poésie, etc. Est poésie le résultat de toute activité humaine menée à bien. Un geste gracieux est de la poésie, un mouvement de troupe bien accompli est de la poésie. [...]
Charles Dantzig, Dictionnaire égoïste de littérature française, 2005.
2. Quelle forme vous semble la plus appropriée pour exprimer des émotions personnelles ? La poésie régulière ou la poésie libre ? La poésie traditionnelle ou la poésie moderne ? Faites une liste des arguments pour justifier votre point de vue.
3. Vous écrivez un texte dans le journal du collège pour justifier votre propre point de vue sur cette question.
Votre texte contiendra une introduction, un développement composé de plusieurs paragraphes, et une conclusion.
Vous citerez des extraits de ces poèmes pour illustrer votre propos.
Le poème est dédié à quatre résistants fusillés, deux chrétiens ("celui qui croyait au ciel") et deux communistes ("celui qui n'y croyait pas"). "La belle prisonnière des soldats" est la France.
comme à Guy Môquet et Gilbert Dru
À Gabriel Péri et d’Estienne d’Orves
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Celui qui croyait au ciel Celui qui n'y croyait pas Tous deux adoraient la belle Prisonnière des soldats
Lequel montait à l'échelle Et lequel guettait en bas Celui qui croyait au ciel Celui qui n'y croyait pas
Qu'importe comment s'appelle Cette clarté sur leurs pas Que l'un fut de la chapelle Et l'autre s'y dérobât
Celui qui croyait au ciel Celui qui n'y croyait pas Tous les deux étaient fidèles Des lèvres du coeur des bras
Et tous les deux disaient qu'elle Vive et qui vivra verra Celui qui croyait au ciel Celui qui n'y croyait pas
Quand les blés sont sous la grêle Fou qui fait le délicat Fou qui songe à ses querelles Au coeur du commun combat
Celui qui croyait au ciel Celui qui n'y croyait pas Du haut de la citadelle La sentinelle tira
Par deux fois et l'un chancelle L'autre tombe qui mourra Celui qui croyait au ciel Celui qui n'y croyait pas |
Ils sont en prison Lequel A le plus triste grabat Lequel plus que l'autre gèle Lequel préfère les rats
Celui qui croyait au ciel Celui qui n'y croyait pas Un rebelle est un rebelle Nos sanglots font un seul glas
Et quand vient l'aube cruelle Passent de vie à trépas Celui qui croyait au ciel Celui qui n'y croyait pas
Répétant le nom de celle Qu’aucun des deux ne trompa Et leur sang rouge ruisselle Même couleur même éclat
Celui qui croyait au ciel Celui qui n'y croyait pas Il coule il coule et se mêle A la terre qu'il aima
Pour qu'à la saison nouvelle Mûrisse un raisin muscat Celui qui croyait au ciel Celui qui n'y croyait pas
L'un court et l'autre a des ailes De Bretagne ou du Jura Et framboise ou mirabelle Le grillon rechantera
Dites flûte ou violoncelle Le double amour qui brûla L'alouette et l'hirondelle La rose et le réséda L. Aragon, texte paru dans Le Mot d'Ordre, 1943 |
Robert Desnos est un poète français, né le 4 juillet 1900 à Paris et mort du typhus le 8 juin 1945 au camp de concentration de Theresienstadt, en Tchécoslovaquie.
Ce coeur qui haïssait la guerre
voilà qu'il bat pour le combat et la bataille !
Ce coeur qui ne battait qu'au rythme des marées, à celui des saisons,
à celui des heures du jour et de la nuit,
Voilà qu'il se gonfle et qu'il envoie dans les veines
un sang brûlant de salpêtre et de haine.
Et qu'il mène un tel bruit dans la cervelle que les oreilles en sifflent
Et qu'il n'est pas possible que ce bruit ne se répande pas dans la ville et la campagne
Comme le son d'une cloche appelant à l'émeute et au combat.
Écoutez, je l'entends qui me revient renvoyé par les échos.
Mais non, c'est le bruit d'autres coeurs, de millions d'autres coeurs
battant comme le mien à travers la France.
Ils battent au même rythme pour la même besogne tous ces coeurs,
Leur bruit est celui de la mer à l'assaut des falaises
Et tout ce sang porte dans des millions de cervelles un même mot d'ordre :
Révolte contre Hitler et mort à ses partisans !
Pourtant ce coeur haïssait la guerre et battait au rythme des saisons,
Mais un seul mot : Liberté a suffi à réveiller les vieilles colères
Et des millions de Francais se préparent dans l'ombre
à la besogne que l'aube proche leur imposera.
Car ces coeurs qui haïssaient la guerre battaient pour la liberté
au rythme même des saisons et des marées,
du jour et de la nuit.
Robert Desnos, Destinée arbitraire, 1975 (recueil posthume)
En 1943, Maurice Druon et Joseph Kessel rencontrent à Londres Anna Marly, une artiste d'origine russe dont les chansons sont destinées à lutter contre l'ennemi nazi.
Les deux hommes voient dans ses oeuvres aux titres évocateurs (Courage, Paris est à nous, France,...) l'occasion de soutenir le combat des maquisards français, dont l'action en métropole est déterminante.
Ils repèrent en particulier un air intitulé la Marche des Partisans dont ils écrivent les paroles. La chanson est enregistrée sur les ondes de la BBC. Pour l'anecdote, il faut rappeler que l'air est sifflé de façon à percer le brouillage ennemi.
Publié dans le numéro 1 des Cahiers de Libération, le 25 septembre 1943, sous le titre original Les Partisans, le chant est également largué sur les territoires occupés par la Royal Air Force.
Il est adopté par les Résistants et, après l'armistice, le Gouvernement de la France libre en fait son hymne officieux, aux côtés de La Marseillaise.
texte disponible sur www.archives.premier-ministre.gouv.fr/
Ami, entends-tu le vol noir des corbeaux
Sur nos plaines ?
Ami, entends-tu ces cris sourds du pays
Qu'on enchaîne ?
Ohé ! partisans, ouvriers et paysans,
C'est l'alarme.
Ce soir, l'ennemi connaîtra le prix du sang
Et des larmes.
Montez dans la mine
Descendez des collines, Camarades.
...Sortez de la paille
Les fusils, la mitraille,
Les grenades.
Ohé ! les tueurs,
A la balle et au couteau,
Tuez vite.
Ohé ! saboteur,
Attention à ton fardeau
Dynamite...
C'est nous qui brisons
Les barreaux des prisons
Pour nos frères.
La haine à nos trousses
Et la faim qui nous pousse.
La misère.
Il y a des pays
Où les gens au creux des lits
Font des rêves.
Ici, nous, vois-tu,
Nous on marche et nous on tue
Nous on crève...
Ici, chacun sait
Ce qu'il veut, ce qu'il fait
Quand il passe.
Ami, si tu tombes,
Un ami sort de l'ombre
A ta place.
Demain du sang noir
Séchera au grand soleil
Sur les routes.
Chantez, compagnons,
Dans la nuit la liberté
Nous écoute...
Ami, entends-tu ces cris sourds du pays
Qu'on enchaîne ?
Ami, entends-tu le vol noir des corbeaux
Sur nos plaines ?
Oh oh oh oh oh oh oh oh oh oh oh oh oh oh...
texte disponible sur www.archives.premier-ministre.gouv.fr/
Notions à réviser :
1. Indiquez la longueur des vers, le type de rimes, le type de strophes, et s'il s'agit de poésie régulière ou libre.
a) Légende de Gabriel Péri
Gabriel Péri est un homme politique français (Toulon, 9 février 1902 — Paris, 15 décembre 1941). Journaliste de profession, il a été membre du Comité central du Parti communiste français, rédacteur du service politique étrangère de l'Humanité et député de Seine-et-Oise. Résistant, il a été arrêté puis fusillé par les Allemands, au Mont-Valérien.
C'est au cimetière d'Ivry
Qu'au fond de la fosse commune
Dans l'anonyme nuit sans lune
Repose Gabriel Péri
Pourtant le martyr dans sa tombe
Trouble encore ses assassins
Miracle se peut aux lieux saints
Où les larmes du peuple tombent
L. Aragon, Légende de Gabriel Péri (extrait)
2. Indiquez comment les paroles suivantes sont rapportées.
a) "Aragon est le plus grande poète français du XXème siècle", affirmait l'enseignant.
b) L'enseignant affirmait qu'Aragon était le plus grand poète français du XXème siècle.
c) L'enseignant ne cessait de s'enthousiasmer à propos d'Aragon. C'était le plus grand poète du XXème siècle ! Ses poèmes étaient extraordinaires !
3. Indiquez quel est le type de phrase utilisé.
a) Les artistes engagées créent des oeuvres qui prennent position par rapport à des questions sociales, politiques, humaines.
b) Leurs oeuvres en sont-elles plus fortes pour autant ?
c) C'est discutable !
d) Engagez-vous !
4. Indiquez comment est formé le GN souligné : Aragon, le grand poète français qui a écrit La légende de Gabriel Péri, est mort en 1982.
5. Indiquez quelles sont les figures de style utilisées dans les textes suivants.
a) La rose et le réséda
Le poème est dédié à quatre résistants fusillés, deux chrétiens ("celui qui croyait au ciel") et deux communistes ("celui qui n'y croyait pas"). "La belle prisonnière des soldats" est la France.
Celui qui croyait au ciel
Celui qui n'y croyait pas
Tous deux adoraient la belle
Prisonnière des soldats
b) Les lilas et les roses
Lorsque l'Allemagne nazie attaqua en 1940, la défense française s'écroula avec plus de 100 000 morts. L'avancée allemande en France entraîna la désintégration de l'armée et une gigantesque panique dans la population. Dix millions de personnes s'enfuirent sur les routes avec de maigres bagages, au cours d'un épisode qu'on appela l'« Exode ». Le gouvernement, dirigé par Philippe Pétain depuis la démission de Paul Reynaud, fit demander l'armistice, signé le 22 juin 1940.
Je n'oublierai jamais l'illusion tragique
Le cortège les cris la foule et le soleil
Les chars chargés d'amour les dons de la Belgique
L'air qui tremble et ce bourdon d'abeilles
Je n'oublierai jamais les jardins de la France
Semblables aux missels des siècles disparus
Ni le trouble des soirs l'énigme du silence
Les roses tout le long du chemin parcouru
6. a) Indiquez quels sont les temps utilisés, et quels sont les valeurs de ces temps.
Je voudrais être libre. Tu feras ce que j'ai dit. Il faut obéir aux lois. Nous marchions quand une voiture a explosé. Tous les jours, nous sabotions une voie ferrée. Vous aviez tout préparé. Ceux qui auront commis ce crime seront punis. Je sais tout, tu ferais mieux d'avouer.
b) Conjuguez les verbes aux temps demandés.Ils (préparer/plus que parfait) tout. Vous (partir/futur antérieur) quand la police (arriver/futur). Nous (mettre/présent) le matériel en sûreté. Le groupe de résistant (connaître/passé simple) des heures difficiles. Tu (imaginer/passé antérieur) ce qu'ils (traverser/passé composé). Je (faire/conditionnel passé) tout ce qu'il (être/conditionnel passé) nécessaire.