La poésie engagée

Comment la poésie peut-elle suivre, accompagner et parfois devancer un combat politique ou moral ? On associe souvent la poésie avec la rêverie, l'intimité, la nature, la beauté. Or, à cause de sa force, le langage poétique est aussi une arme, qui fut utilisée en particulier pendant la seconde guerre mondiale pour soutenir la Résistance et combattre l'Occupation.

Corpus :

- Le Pont Mirabeau, Guillaume Apollinaire, Alcools, coll. Poésie Gallimard, éd. nrf/Gallimard, 1913.

- Courage, Paul Eluard, les Armes de la douleur, éd. Gallimard, 1944.

- Strophes pour se souvenir, Louis Aragon, Le Roman inachevé, éd. Gallimard, 1956.

- Liberté, Paul Eluard, Poésies et vérités, 1942.

- La rose et le réséda, Louis Aragon, texte paru dans Le Mot d'Ordre, 1943.

- Ce coeur qui haissait la guerre, Robert Desnos, Destinée arbitraire, 1975.

Objectifs visés :

Outils de la langue Ecriture Lecture Oral
Connaissances

Connaître le vocabulaire de l'engagement (révolte, dénonciation, témoignage).

Avoir des connaissances et des repères relevant du temps : les grands traits de l'histoire de la France (la seconde guerre mondiale, la lutte contre l'Occupation).

Avoir des connaissances et des repères relevant de la culture littéraire : connaître un ensemble de textes poétiques célèbres du XXème siècle, connaître les grandes évolutions de la poésie.

Compétences

Reconnaître la construction du groupe nominal, les expansions du nom et l'apposition.

Écrire lisiblement un texte cohérent et ponctué, en respectant l'orthographe et la grammaire : Exprimer un point de vue argumenté sur la poésie libre.

Utiliser pour lire ses connaissances sur la langue, des outils appropriés : les procédés de versification utilisés en poésie, les figures de style, la construction du groupe nominal.

Adapter son mode de lecture à la nature du texte proposé et à l'objectif poursuivi : lire et réciter la poésie.

Séance 01

Qu'est-ce que la poésie ?

Cette séance est destinée à réfléchir sur les formes que peut prendre la poésie.

Oral

1. Qu'est-ce que la poésie ? Comment distingue un texte poétique d'un texte ordinaire ?

2. De quoi parle la poésie ?

Lecture

Lisez les deux textes ci-contre.

1. S'agit-il de poèmes ? Pourquoi ?

2. De quoi parlent-ils ?

Le Pont Mirabeau

Sous le pont Mirabeau coule la Seine

Et nos amours

Faut-il qu'il m'en souvienne

La joie venait toujours après la peine


Vienne la nuit sonne l'heure

Les jours s'en vont je demeure


Les mains dans les mains restons face à face

Tandis que sous

Le pont de nos bras passe

Des éternels regards l'onde si lasse


Vienne la nuit sonne l'heure

Les jours s'en vont je demeure


L'amour s'en va comme cette eau courante

L'amour s'en va

Comme la vie est lente

Et comme l'Espérance est violente


Vienne la nuit sonne l'heure

Les jours s'en vont je demeure


Passent les jours et passent les semaines

Ni temps passé

Ni les amours reviennent

Sous le pont Mirabeau coule la Seine


Vienne la nuit sonne l'heure

Les jours s'en vont je demeure

Guillaume Apollinaire, Alcools, coll. Poésie Gallimard, éd. nrf/Gallimard, 1913

Courage

Paris a froid

Paris a faim

Paris ne mange plus de marrons dans la rue

Paris a mis de vieux vêtements de vieille

Paris dort tout debout sans air dans le métro

Plus de malheur encore est imposé aux pauvres

Et la sagesse et la folie

De Paris malheureux

C'est l'air pur c'est le feu

C'est la beauté c'est la bonté

De ses travailleurs affamés

Ne crie pas au secours Paris

Tu es vivant d'une vie sans égale

Et derrière la nudité

De ta pâleur de ta maigreur

Tout ce qui est humain se révèle en tes yeux

Paris ma belle ville

Fine comme une aiguille forte comme une épée

Ingénue et savante

Tu ne supportes pas l'injustice

Pour toi c'est le seul désordre

Tu vas te libérer Paris

Paris tremblant comme une étoile

Notre espoir survivant

Tu vas te libérer de la fatigue et la boue

Frères ayons du courage

Nous qui ne sommes pas casqués

Ni bottés ni gantés ni bien éléves

Un rayon s'allume en nos veines

Notre lumière nous revient

Les meilleurs d'entre nous sont morts pour nous

Et voici que leur sang retrouve notre coeur

Et c'est de nouveau le matin un matin de Paris

La pointe de la délivrance

L'espace du printemps naissant

La force idiote a le dessous

Ces esclaves nos ennemis

S'ils ont compris

S'ils sont capables de comprendre

Vont se lever.

Paul Eluard, les Armes de la douleur, éd. Gallimard, 1944

Recherche
Courage

1. A qui s'adresse le poète ? A quel moment le texte est-il écrit ?

2. Quels sont les temps principalement utilisés ? Quelles sont les valeurs de ces temps ?

3. Quelle image de Paris le poète donne-t-il ?

4. Quelles sont les oppositions utilisées pour décrire la ville ?

5. Où se trouve le titre dans le poème ? Comment comprendre ce titre ?

6. Quelles sont les grandes parties du poème ? Justifiez.

Notion
Poésie régulière et poésie libre

Séance 02

Strophes pour se souvenir

Cette séance est consacrée à l'étude d'un poème commémorant l'épisode du groupe Manouchian

Observation

Pendant la seconde guerre mondiale, 23 membres d'un groupe de résistants appelé groupe Manouchian furent arrêtés puis présentés sur une affiche rouge.

1. Observez le choix des couleurs. Quelles remarques pouvez-vous faire ?

2. Quels mots sont utilisés dans les légendes, sous les portraits ?

3. Observez les photographies en bas de la page. Que suggèrent-elles ?

4. Quel est le message véhiculé par cette affiche ?

L'affiche rouge

source : wikimedia commons

Lecture
Vocabulaire

1. Hirsute : qui a le poil et le cheveu fourni et désordonné (en bataille ).

2. Erivan : Ville d'Arménie (Manouchian, le chef du groupe, était arménien).

3. Mélinée : compagne de Manouchian, le chef du groupe.

Recherche

1. Comment l'affiche est-elle décrite ?

2. Quelle est la réaction des français, d'après le poème ?

3. Pourquoi le passage à l'italique, dans les dernières strophes ?

4. Qui parle ? A qui ?

5. Quelle est la forme de poésie utilisée ?

6. Quelle image des membres du groupe Manouchian est donnée dans ce poème ?

Strophes pour se souvenir

Vous n'avez réclamé la gloire ni les larmes

Ni l'orgue ni la prière aux agonisants

Onze ans déjà que cela passe vite onze ans

Vous vous étiez servi simplement de vos armes

La mort n'éblouit pas les yeux des Partisans


Vous aviez vos portraits sur les murs de nos villes

Noirs de barbe et de nuit hirsutes1 menaçants

L'affiche qui semblait une tache de sang

Parce qu'à prononcer vos noms sont difficiles

Y cherchait un effet de peur sur les passants


Nul ne semblait vous voir français de préférence

Les gens allaient sans yeux pour vous le jour durant

Mais à l'heure du couvre-feu des doigts errants

Avaient écrit sous vos photos MORTS POUR LA FRANCE

Et les mornes matins en étaient différents


Tout avait la couleur uniforme du givre

À la fin février pour vos derniers moments

Et c'est alors que l'un de vous dit calmement

Bonheur à tous Bonheur à ceux qui vont survivre

Je meurs sans haine en moi pour le peuple allemand


Adieu la peine et le plaisir Adieu les roses

Adieu la vie adieu la lumière et le vent

Marie-toi sois heureuse et pense à moi souvent

Toi qui vas demeurer dans la beauté des choses

Quand tout sera fini plus tard en Erivan2


Un grand soleil d'hiver éclaire la colline

Que la nature est belle et que le coeur me fend

La justice viendra sur nos pas triomphants

Ma Mélinée3 ô mon amour mon orpheline

Et je te dis de vivre et d'avoir un enfant


Ils étaient vingt et trois quand les fusils fleurirent

Vingt et trois qui donnaient leur coeur avant le temps

Vingt et trois étrangers et nos frères pourtant

Vingt et trois amoureux de vivre à en mourir

Vingt et trois qui criaient la France en s'abattant.

Louis Aragon, Le Roman inachevé, éd. Gallimard, 1956

Séance 03

Liberté

Cette séance est consacrée à l'étude de la liberté en poésie

Lecture

Paul Eluard a d'abord fait paraître son poème sous le titre "une seule pensée", avant de l'intégrer, en avril 1942, au recueil Poésie et Vérité, publié semi-clandestinement. Le poème fait l'ouverture du recueil et s'intitule désormais "Liberté". Sous ce titre, il connaîtra un destin hors du commun, puisqu'il sera parachuté par la Royal Air Force dans des containers destinés à la Résistance intérieure.

Recherche

Comment ce texte exprime-t-il d'une façon poétique l'idée de "liberté" ?

Liberté

Sur mes cahiers d'écolier

Sur mon pupitre et les arbres

Sur le sable de neige

J'écris ton nom


Sur les pages lues

Sur toutes les pages blanches

Pierre sang papier ou cendre

J'écris ton nom


Sur les images dorées

Sur les armes des guerriers

Sur la couronne des rois

J'écris ton nom


Sur la jungle et le désert

Sur les nids sur les genêts

Sur l'écho de mon enfance

J'écris ton nom


Sur tous mes chiffons d'azur

Sur l'étang soleil moisi

Sur le lac lune vivante

J'écris ton nom


Sur les champs sur l'horizon

Sur les ailes des oiseaux

Et sur le moulin des ombres

J'écris ton nom


Sur chaque bouffée d'aurore

Sur la mer sur les bateaux

Sur la montagne démente

J'écris ton nom


Sur la mousse des nuages

Sur les sueurs de l'orages

Sur la pluie épaisse et fade

J'écris ton nom


Sur les formes scintillantes

Sur les cloches des couleurs

Sur la vérité physique

J'écris ton nom


Sur les sentiers éveillés

Sur les routes déployées

Sur les places qui débordent

J'écris ton nom

Sur la lampe qui s'allume

Sur la lampe qui s'éteint

Sur mes raisons réunies

J'écris ton nom


Sur le fruit coupé en deux

Du miroir et de ma chambre

Sur mon lit coquille vide

J'écris ton nom


Sur mon chien gourmand et tendre

Sur ses oreilles dressées

Sur sa patte maladroite

J'écris ton nom


Sur le tremplin de ma porte

Sur les objets familiers

Sur le flot du feu béni

J'écris ton nom


Sur toute chair accordée

Sur le front de mes amis

Sur chaque main qui se tend

J'écris ton nom


Sur la vitre des surprises

Sur les lèvres attendries

Bien au-dessus du silence

J'écris ton nom


Sur mes refuges détruits

Sur mes phares écroulés

Sur les murs de mon ennui

J'écris ton nom


Sur l'absence sans désir

Sur la solitude nue

Sur les marches de la mort

J'écris ton nom


Sur la santé revenue

Sur le risque disparu

Sur l'espoir sans souvenir

J'écris ton nom


Et par le pouvoir d'un mot

Je recommence ma vie

Je suis né pour te connaître

Pour te nommer


Liberté.

Paul Eluard, Poésies et vérités, 1942

Observation

1. Indiquez la construction des groupes nominaux suivants.

a) Sur le moulin des ombres

b) Sur la montagne démente

c) Sur les places qui débordent

Rappel
Le groupe nominal ; les expansions du nom
Exercices

1. Indiquez la construction des groupes nominaux suivants.

a) Sur la lampe qui s'allume

b) Sur mon chien gourmand et tendre

c) Sur le tremplin de ma porte

2. Trouvez dans la deuxième colonne un exemple d'adjectif épithète, un exemple de proposition relative épithète, et un exemple de complément du nom.

Evaluation

Grammaire

Séance 04

Qu'est-ce que la poésie ?

Cette séance est consacrée à une réflexion sur les formes poétiques

Recherche

1. Recherchez dans un dictionnaire les sens du mot 'poétique'.

2. Quels éléments font des deux textes Courage et Liberté des textes poétiques ?

3. Qu'est-ce qui rend, en général, un texte poétique ?

Notion
L'image poétique
Exercice

1. Quelles sont les images utilisées dans les groupes de mots suivants ? Comment peut-on les comprendre ?

a) Paris tremblant comme une étoile (Paul Eluard, Courage)

b) Ils étaient vingt et trois quand les fusils fleurirent (Louis Aragon, Strophes pour se souvenir)

c) Le lit coquille vide (Paul Eluard, Liberté)

d) Le fruit coupé en deux // Du miroir et de ma chambre (Paul Eluard, Liberté)

Prolongement

1. Que pensez-vous de la citation suivante ?

POESIE : [...] La poésie ne se trouve pas que dans les vers. Elle est là où le talent la met. La poésie est le résultat de toute bonne littérature.

Le poème est l'objet; la poésie, éventuellement, le résultat. La poésie est même le résultat de tout art réussi : un tableau est de la poésie, un beau vêtement bien porté est de la poésie, etc. Est poésie le résultat de toute activité humaine menée à bien. Un geste gracieux est de la poésie, un mouvement de troupe bien accompli est de la poésie. [...]

Charles Dantzig, Dictionnaire égoïste de littérature française, 2005.

2. Quelle forme vous semble la plus appropriée pour exprimer des émotions personnelles ? La poésie régulière ou la poésie libre ? La poésie traditionnelle ou la poésie moderne ? Faites une liste des arguments pour justifier votre point de vue.

3. Vous écrivez un texte dans le journal du collège pour justifier votre propre point de vue sur cette question.

Votre texte contiendra une introduction, un développement composé de plusieurs paragraphes, et une conclusion.

Vous citerez des extraits de ces poèmes pour illustrer votre propos.

Séance 05

Lire la poésie

Cette séance est destinée à travailler sur la lecture orale de poèmes

Lecture

Le poème est dédié à quatre résistants fusillés, deux chrétiens ("celui qui croyait au ciel") et deux communistes ("celui qui n'y croyait pas"). "La belle prisonnière des soldats" est la France.

La rose et le réséda

comme à Guy Môquet et Gilbert Dru

À Gabriel Péri et d’Estienne d’Orves


Celui qui croyait au ciel

Celui qui n'y croyait pas

Tous deux adoraient la belle

Prisonnière des soldats


Lequel montait à l'échelle

Et lequel guettait en bas

Celui qui croyait au ciel

Celui qui n'y croyait pas


Qu'importe comment s'appelle

Cette clarté sur leurs pas

Que l'un fut de la chapelle

Et l'autre s'y dérobât


Celui qui croyait au ciel

Celui qui n'y croyait pas

Tous les deux étaient fidèles

Des lèvres du coeur des bras


Et tous les deux disaient qu'elle

Vive et qui vivra verra

Celui qui croyait au ciel

Celui qui n'y croyait pas


Quand les blés sont sous la grêle

Fou qui fait le délicat

Fou qui songe à ses querelles

Au coeur du commun combat


Celui qui croyait au ciel

Celui qui n'y croyait pas

Du haut de la citadelle

La sentinelle tira


Par deux fois et l'un chancelle

L'autre tombe qui mourra

Celui qui croyait au ciel

Celui qui n'y croyait pas

Ils sont en prison Lequel

A le plus triste grabat

Lequel plus que l'autre gèle

Lequel préfère les rats


Celui qui croyait au ciel

Celui qui n'y croyait pas

Un rebelle est un rebelle

Nos sanglots font un seul glas


Et quand vient l'aube cruelle

Passent de vie à trépas

Celui qui croyait au ciel

Celui qui n'y croyait pas


Répétant le nom de celle

Qu’aucun des deux ne trompa

Et leur sang rouge ruisselle

Même couleur même éclat


Celui qui croyait au ciel

Celui qui n'y croyait pas

Il coule il coule et se mêle

A la terre qu'il aima


Pour qu'à la saison nouvelle

Mûrisse un raisin muscat

Celui qui croyait au ciel

Celui qui n'y croyait pas


L'un court et l'autre a des ailes

De Bretagne ou du Jura

Et framboise ou mirabelle

Le grillon rechantera


Dites flûte ou violoncelle

Le double amour qui brûla

L'alouette et l'hirondelle

La rose et le réséda

L. Aragon, texte paru dans Le Mot d'Ordre, 1943

Lecture

Robert Desnos est un poète français, né le 4 juillet 1900 à Paris et mort du typhus le 8 juin 1945 au camp de concentration de Theresienstadt, en Tchécoslovaquie.

Ce coeur qui haïssait la guerre

Ce coeur qui haïssait la guerre

voilà qu'il bat pour le combat et la bataille !

Ce coeur qui ne battait qu'au rythme des marées, à celui des saisons,

à celui des heures du jour et de la nuit,

Voilà qu'il se gonfle et qu'il envoie dans les veines

un sang brûlant de salpêtre et de haine.

Et qu'il mène un tel bruit dans la cervelle que les oreilles en sifflent

Et qu'il n'est pas possible que ce bruit ne se répande pas dans la ville et la campagne

Comme le son d'une cloche appelant à l'émeute et au combat.

Écoutez, je l'entends qui me revient renvoyé par les échos.


Mais non, c'est le bruit d'autres coeurs, de millions d'autres coeurs

battant comme le mien à travers la France.

Ils battent au même rythme pour la même besogne tous ces coeurs,

Leur bruit est celui de la mer à l'assaut des falaises

Et tout ce sang porte dans des millions de cervelles un même mot d'ordre :

Révolte contre Hitler et mort à ses partisans !

Pourtant ce coeur haïssait la guerre et battait au rythme des saisons,

Mais un seul mot : Liberté a suffi à réveiller les vieilles colères

Et des millions de Francais se préparent dans l'ombre

à la besogne que l'aube proche leur imposera.

Car ces coeurs qui haïssaient la guerre battaient pour la liberté

au rythme même des saisons et des marées,

du jour et de la nuit.

Robert Desnos, Destinée arbitraire, 1975 (recueil posthume)

Séance 06

Le Chant des Partisans

Cette séance est destinée à proposer un entraînement à l'épreuve orale de l'Histoire des Arts

Lecture

En 1943, Maurice Druon et Joseph Kessel rencontrent à Londres Anna Marly, une artiste d'origine russe dont les chansons sont destinées à lutter contre l'ennemi nazi.

Les deux hommes voient dans ses oeuvres aux titres évocateurs (Courage, Paris est à nous, France,...) l'occasion de soutenir le combat des maquisards français, dont l'action en métropole est déterminante.

Ils repèrent en particulier un air intitulé la Marche des Partisans dont ils écrivent les paroles. La chanson est enregistrée sur les ondes de la BBC. Pour l'anecdote, il faut rappeler que l'air est sifflé de façon à percer le brouillage ennemi.

Publié dans le numéro 1 des Cahiers de Libération, le 25 septembre 1943, sous le titre original Les Partisans, le chant est également largué sur les territoires occupés par la Royal Air Force.

Il est adopté par les Résistants et, après l'armistice, le Gouvernement de la France libre en fait son hymne officieux, aux côtés de La Marseillaise.

texte disponible sur www.archives.premier-ministre.gouv.fr/

Le chant des Partisans

Ami, entends-tu le vol noir des corbeaux

Sur nos plaines ?

Ami, entends-tu ces cris sourds du pays

Qu'on enchaîne ?

Ohé ! partisans, ouvriers et paysans,

C'est l'alarme.

Ce soir, l'ennemi connaîtra le prix du sang

Et des larmes.


Montez dans la mine

Descendez des collines, Camarades.

...Sortez de la paille

Les fusils, la mitraille,

Les grenades.

Ohé ! les tueurs,

A la balle et au couteau,

Tuez vite.

Ohé ! saboteur,

Attention à ton fardeau

Dynamite...


C'est nous qui brisons

Les barreaux des prisons

Pour nos frères.

La haine à nos trousses

Et la faim qui nous pousse.

La misère.

Il y a des pays

Où les gens au creux des lits

Font des rêves.

Ici, nous, vois-tu,

Nous on marche et nous on tue

Nous on crève...


Ici, chacun sait

Ce qu'il veut, ce qu'il fait

Quand il passe.

Ami, si tu tombes,

Un ami sort de l'ombre

A ta place.

Demain du sang noir

Séchera au grand soleil

Sur les routes.

Chantez, compagnons,

Dans la nuit la liberté

Nous écoute...


Ami, entends-tu ces cris sourds du pays

Qu'on enchaîne ?

Ami, entends-tu le vol noir des corbeaux

Sur nos plaines ?

Oh oh oh oh oh oh oh oh oh oh oh oh oh oh...

texte disponible sur www.archives.premier-ministre.gouv.fr/

Bilan

Evaluation

Lecture

Cette évaluation est destinée à mesurer les acquis des élèves

Texte

Notions à réviser :

  • La versification (vers, rimes, strophes) ;
  • Les discours rapportés (direct, indirect, indirect libre) ;
  • Les types de phrase (déclaratif, injonctif, interrogatif, exclamatif) ;
  • Le groupe nominal, les expansions du nom ;
  • Les figures de style ;
  • Les temps et leur valeur ;
Exercices

1. Indiquez la longueur des vers, le type de rimes, le type de strophes, et s'il s'agit de poésie régulière ou libre.

a) Légende de Gabriel Péri

Gabriel Péri est un homme politique français (Toulon, 9 février 1902 — Paris, 15 décembre 1941). Journaliste de profession, il a été membre du Comité central du Parti communiste français, rédacteur du service politique étrangère de l'Humanité et député de Seine-et-Oise. Résistant, il a été arrêté puis fusillé par les Allemands, au Mont-Valérien.

C'est au cimetière d'Ivry

Qu'au fond de la fosse commune

Dans l'anonyme nuit sans lune

Repose Gabriel Péri


Pourtant le martyr dans sa tombe

Trouble encore ses assassins

Miracle se peut aux lieux saints

Où les larmes du peuple tombent

L. Aragon, Légende de Gabriel Péri (extrait)

2. Indiquez comment les paroles suivantes sont rapportées.

a) "Aragon est le plus grande poète français du XXème siècle", affirmait l'enseignant.

b) L'enseignant affirmait qu'Aragon était le plus grand poète français du XXème siècle.

c) L'enseignant ne cessait de s'enthousiasmer à propos d'Aragon. C'était le plus grand poète du XXème siècle ! Ses poèmes étaient extraordinaires !

3. Indiquez quel est le type de phrase utilisé.

a) Les artistes engagées créent des oeuvres qui prennent position par rapport à des questions sociales, politiques, humaines.

b) Leurs oeuvres en sont-elles plus fortes pour autant ?

c) C'est discutable !

d) Engagez-vous !

4. Indiquez comment est formé le GN souligné : Aragon, le grand poète français qui a écrit La légende de Gabriel Péri, est mort en 1982.

5. Indiquez quelles sont les figures de style utilisées dans les textes suivants.

a) La rose et le réséda

Le poème est dédié à quatre résistants fusillés, deux chrétiens ("celui qui croyait au ciel") et deux communistes ("celui qui n'y croyait pas"). "La belle prisonnière des soldats" est la France.

Celui qui croyait au ciel

Celui qui n'y croyait pas

Tous deux adoraient la belle

Prisonnière des soldats

b) Les lilas et les roses

Lorsque l'Allemagne nazie attaqua en 1940, la défense française s'écroula avec plus de 100 000 morts. L'avancée allemande en France entraîna la désintégration de l'armée et une gigantesque panique dans la population. Dix millions de personnes s'enfuirent sur les routes avec de maigres bagages, au cours d'un épisode qu'on appela l'« Exode ». Le gouvernement, dirigé par Philippe Pétain depuis la démission de Paul Reynaud, fit demander l'armistice, signé le 22 juin 1940.

Je n'oublierai jamais l'illusion tragique

Le cortège les cris la foule et le soleil

Les chars chargés d'amour les dons de la Belgique

L'air qui tremble et ce bourdon d'abeilles


Je n'oublierai jamais les jardins de la France

Semblables aux missels des siècles disparus

Ni le trouble des soirs l'énigme du silence

Les roses tout le long du chemin parcouru

6. a) Indiquez quels sont les temps utilisés, et quels sont les valeurs de ces temps.

Je voudrais être libre. Tu feras ce que j'ai dit. Il faut obéir aux lois. Nous marchions quand une voiture a explosé. Tous les jours, nous sabotions une voie ferrée. Vous aviez tout préparé. Ceux qui auront commis ce crime seront punis. Je sais tout, tu ferais mieux d'avouer.

b) Conjuguez les verbes aux temps demandés.

Ils (préparer/plus que parfait) tout. Vous (partir/futur antérieur) quand la police (arriver/futur). Nous (mettre/présent) le matériel en sûreté. Le groupe de résistant (connaître/passé simple) des heures difficiles. Tu (imaginer/passé antérieur) ce qu'ils (traverser/passé composé). Je (faire/conditionnel passé) tout ce qu'il (être/conditionnel passé) nécessaire.