Comment plonger l'auditeur, le spectateur, le lecteur, au coeur de l'évènement, lui donner à voir, à entendre, à sentir les drames humains proches ou lointains ?
Corpus :
- Interception, L'École casanière (extrait), août 2008, Lionel Thompson et Pascal Dervieux, France Inter.
- Mention rien, Des diplômés option précarité, Guillaume Chauvin et Remi Hubert, Grand Prix Paris Match du Photoreportage Etudiant 2009.
- Extraits de reportages publiés dans Le Monde, dont en particulier Survivre dans la rue à Guatemala, Alain Abellard, article paru dans l'édition du Monde du 06 juillet 2003 et Charniers de Tchétchénie, Natalie Nougayrède, article paru dans l'édition du Monde du 1er octobre 2002.
| Outils de la langue | Ecriture | Lecture | Oral | |
| Connaissances | Connaître les valeurs du présent de l'indicatif. |
Connaître le fonctionnement et le rôle de différents médias. |
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| Compétences |
Savoir reconnaître les compléments circonstanciels (fonction et natures). Distinguer les différents types de discours rapportés. |
Faire des paragraphes Écrire lisiblement un texte cohérent et ponctué, en respectant l'orthographe et la grammaire : un début de reportage écrit. Utiliser pour améliorer son texte des outils appropriés : introduire une citation, organiser la progression du texte. |
Utiliser pour lire ses connaissances sur la langue, des outils appropriés : distinguer les valeurs du présent, reconnaître les compléments circonstanciels, identifier les figures de style les plus courantes (comparaison, métaphore, répétition, accumulation), les différents types de discours rapportés. |
Adapter son mode de lecture à la nature du texte proposé. |
1. Ecoutez la bande-son. Quels sont les différents éléments qui la constituent ? Quel est l'intérêt de chacun ?
2. Cherchez l'origine du mot reportage. Que signifie-t-il exactement ?
Lisez l'article d'introduction, puis observez le photoreportage primé lors du Grand Prix Paris Match du Photoreportage Etudiant 2009.
1. Quel est le sujet du photoreportage ?
2. Observez les images. Comment sont-elles organisées les unes par rapport aux autres ? Quels points communs pouvez-vous trouver entre les photographies ?
3. Observez le texte. Quel rapport a-t-il avec l'image ? Comment appelle-t-on ce genre de texte ?
4. Quelle est l'impression générale produite par ce photoreportage ? Par quels procédés est-ce que cette impression a été produite ?
Expliquez, en quelques mots, comment est construit un photoreportage.
Retournez sur la page d'accueil du concours. Que dit-on sur ce reportage dans le communiqué "dernière minute" ?
Vous avez observé qu'un reportage, qu'il soit audio ou photo, vise à placer l'auditeur ou le spectateur au plus près des lieux et des acteurs de l'évènement. A votre tour, réalisez un début de reportage écrit, en vous efforçant de placer le lecteur au plus près des lieux et des acteurs de l'évènement
Quels procédés sont utilisés par vos camarades pour donner au lecteur l'illusion d'être sur les lieux ?
Quels sont les points communs et les différences entre ces débuts de reportage ?
Quelles sont les qualités d'une bonne accroche ? Quels sont les procédés utilisés ?
SAINT LOUIS (MISSOURI) ENVOYÉ SPÉCIAL
Des céréales à l'infini. Au coeur du Midwest américain, Saint Louis (Missouri), siège de la société Monsanto, est cernée par les plantes transgéniques. C'est dans sa banlieue, à Chesterfield, que se trouve, avec ses 300 chercheurs, le principal centre de recherche de l'agrochimiste américain, sur les 14 dont il dispose dans le monde. Les toits des bâtiments sont couverts de serres, dans la touffeur desquelles poussent des centaines de plants de maïs transgénique, testés pour leur capacité à repousser des insectes ravageurs ou à tolérer des pesticides - les fonctions classiques des OGM. Mais aussi capables d'être plus digestes, de croître avec moins de nitrates, ou d'embellir sous la sécheresse - ce qui est plus futuriste.
Article publié dans Le Monde du 21 mars 2006
Le 2 octobre 1999, Les troupes russes entraient dans la petite République rebelle. Trois ans plus tard, la guerre continue et les fosses communes livrent leur horrible secret.
Les femmes, en longues jupes et foulards, s’étreignent, en pleurs. Un sanglot déchirant s’élève au-dessus du hameau de Krasno stepnovskoe, sovkhoze laitier blotti au creux de la steppe ondulante qui s’étire à l’ouest de Grozny. Les corps de quatre hommes du village, enlevés par des soldats russes à 3 heures du matin, le 13 mai 2002, viennent d’être retrouvés. Torturés, ensanglantés, méconnaissables. Le charnier, qui contiendrait une quinzaine de dépouilles, a été trouvé à la frontière avec l’Ingouchie, près du village de Goragorsk, à proximité d’un poste de l’armée russe. Des paysans tchétchènes, le visage figé, arrivés dans un minibus brinquebalant, se joignent à la famille pour la veillée funéraire. Debout, les mains tournées vers le visage, dans le geste de la prière musulmane, les habitants se recueillent.
Natalie Nougayrède, Article paru dans Le Monde du 1er octobre 2002
DONGGUAN (CHINE), ENVOYÉ SPÉCIAL
Ils ont à peine 30 ans et sont originaires du même village du Hubei. Comme des millions d'autres migrants des campagnes, ils se sont retrouvés dans l'une de ces zones côtières en plein boom économique : Dongguan, infini patchwork de parcs industriels et de banlieues construites à la va-vite, entre Shenzhen et Canton. Elle, arrivée en 1997, est embauchée dans une usine de chaussures. Il l'a suivie peu après et il est devenu chef de la sécurité dans un supermarché. Ils ont économisé et s'apprêtaient à rentrer "au pays". Pour les derniers mois de leur vie de migrant, ils avaient fait venir leur petite fille, Xu Qian, de 4 ans et demi, qui vivait chez ses grands-parents.
Quand elle a disparu, enlevée, en plein milieu de ce quartier en perpétuelle mutation, ils ont été anéantis par ce malheur.
Brice Pedroletti, Le Monde, article paru dans l'édition du 18.08.09
Observez les temps utilisés au début de l'article. Quels sont-ils ? Pourquoi sont-ils utilisés ?
Indiquez la valeur du présent dans les phrases suivantes.
a) La vengeance est un plat qui se mange froid.
b) Aujourd'hui, il fait sombre, la pluie tombe.
c) Le tabac nuit gravement à la santé.
d) L'homme prit une rue, puis une autre. Il savait que son ennemi était là, quelque part. Soudain, au détour d'un bâtiment, il est là, il l'attend.
e) Le chien est le meilleur ami de l'homme.
f) A qui parles-tu ?
g) Il se promenait tranquillement le long du canal, on lui tape sur l'épaule, il se retourne, bute sur une pierre, le voilà par terre.
h) Je ne retrouve plus mes feuilles !
1. Conjuguez les verbes suivants au présent : prendre, peindre, mettre, connaître, appeler.
2. Même consigne, avec les verbes : être, avoir, tendre, atteindre, battre, naître, jeter.
1. Comment le début du reportage nous plonge-t-il dans l'évènement ?
2. Observez les paroles prononcées : qui parle ?
3. De combien de personnes nous raconte-t-on l'histoire ? Faites la liste des personnages principaux.
4. Comment le reportage progresse-t-il ? Suit-il un ordre chronologique ?
Quel est l'objectif du reportage écrit ?
Des milliers d'enfants sont livrés chaque nuit à la drogue, à la violence et à la misère de la ville. Sans compter la menace des commandos chargés du "nettoyage social".
CANDELARIA est là, sous les arcades de la place principale de la capitale, Guatemala, à quelques dizaines de mètres du palais présidentiel. Assise en tailleur, ses yeux lourds ne fixent aucun sujet, ils luisent anéantis. Elle se balance en saccades rapprochées ; son visage harmonieux se déforme sous l'effet de convulsions. Elle tremble et mord sa lèvre inférieure.
Aussi menue que chétive, Candelaria a 14 ans. Elle est enceinte de quatre mois. Elle est venue avec sa famille à la capitale, Guatemala, il y a quelques années, fuyant la misère du département de Quezaltenango, dans le sud du pays, où ses parents pensaient mieux vivre. Victime de mauvais traitements et d'abus de la part de son père, elle a préféré suivre sa sœur aînée, âgée de 20 ans, dans les rues. Chaque soir, la nuit venue, après avoir erré toute la journée autour des commerces, des gares, des terminaux de bus, des hôpitaux, des marchés ou des parcs, comme les autres enfants des rues, elle se met à la recherche d'un abri pour quelques heures.
"Si elle ne sort pas de la rue immédiatement, elle ne survivra pas aux rixes, à la drogue, à la faim, aux viols, au sida ; elle ne passera pas les mois ou les quelques semaines qui viennent", explique Rudy, le médecin des rues de l'association Solo Para Mujeres (SPM), qui chaque jour et chaque nuit, après son travail dans un dispensaire de la capitale, vient avec des éducatrices à la rencontre de ces jeunes filles, qui forment environ le tiers de cette population des rues, estimée à 6 000 enfants.
Sur la seule place centrale de Guatemala, Rudy connaît au moins cinq lieux, comme celui de Candelaria, où les enfants se retrouvent pour se protéger ; le plus spectaculaire est celui de la Concha Acustica, une fontaine dont la structure à demi ouverte offre un toit protecteur et une humidité dévastatrice.
Rudy a eu à la fois beaucoup de malheur et beaucoup de chance dans son enfance. "Mon père, raconte-t-il, était alcoolique et il est mort très jeune ; cela m'a dégoûté à jamais de toute drogue, à commencer par le tabac et l'alcool. Ma mère, une humble cuisinière, m'a toujours donné l'amour dont tous ces enfants sont privés." Il regarde Candelaria, à l'agonie. Le vent n'en finit pas de s'engouffrer à travers les arcades de son repère de fortune. Elle se penche sur le côté gauche et chute ; elle ne bouge plus.
"Ce n'est rien, elle hallucine", explique Rudy. Sous l'effet de la colle, des solvants ou plus certainement du crack, dont les effets ravagent autant les corps que les cerveaux, elle délire. "Cela rend fou, le crack", poursuit Rudy en citant, effaré, le cas d'un jeune père qui, il y a quelques jours, "a vendu son enfant âgé d'un an pour une boulette d'un gramme de cette saloperie". Rudy, la mère et une éducatrice ont réussi, in extremis, à récupérer le bébé.
Ils déambulent, les enfants malingres des rues de Guatemala, leur petite bouteille (pachita) pleine de solvants dans une main, quand l'autre, crispée sur un coton imbibé, tamponne l'espace qui couvre les narines jusqu'au menton. "Ils peuvent consommer jusqu'à cinq pachitas par jour ; ce n'est pas très cher, beaucoup moins qu'une pierre de crack", explique Rudy.
A la maigreur de leurs corps, on croirait voir une cohorte de fantômes, et la moiteur glacée de la main molle qu'ils tendent pour vous saluer ne donne qu'une faible idée de la dureté de leur vie. "Ils ne disent jamais qu'ils ont choisi de vivre dans la rue par plaisir ou goût de l'aventure", explique Nancy, une ancienne gamine des rues, aujourd'hui éducatrice à SPM.
Pour survivre, chaque jour, ils mendient, volent ou font à l'occasion des petits boulots. Ils sont des proies faciles pour les trafiquants de drogue qui les utilisent pour faire le guet ou des livraisons dangereuses. Beaucoup de jeunes filles se prostituent.
Encore plus loin, dans une rue sombre du quartier de Terminal, dans la zone 4, vaste gare routière et immense marché, un groupe salue Rudy et Nancy. Lucito se dirige vers eux ; il se déplace avec des béquilles de bois. Il y a trois mois, un inconnu lui a tiré trois balles qui ont brisé ses jambes, près du parc Concordia, dans la zone 1. Rudy donne des anti-inflammatoires à un enfant dont le bras gauche a doublé de volume. "Tu en prends un maintenant et deux autres demain." Le malheureux sourit, entre deux tamponnages, les yeux perdus vers un groupe qui arrive avec une brassée de cartons, destinés à préparer l'abri de la nuit. Il serre sa pachita contre son cœur.
Le médecin n'est pas certain que l'enfant ait entendu ses recommandations. Interrogé sur les raisons de sa présence dans les rues, sur sa famille, sur sa ville ou sa province d'origine, il ferme les yeux, se concentre et répète plusieurs fois : "Je suis ici, ici." Beaucoup d'enfants ne s'expriment que par borborygmes ou bredouillements inaudibles. "Cela prend du temps de parler avec eux", explique Nancy, presque confuse.
A Guatemala, les enfants des rues meurent jeunes. "Leur espérance de vie n'excède pas quatre ou cinq années pour une moyenne d'âge de 15 à 16 ans", explique Betty de Rueda, la directrice de SPM, une Equatorienne installée à Guatemala depuis vingt-cinq ans. "Ils ont fui les mauvais traitements, les coups, la misère, les viols, l'inceste", ajoute-t-elle, mais leur vie dans les rues signifie "encore plus de douleur". Elle souligne que "la montée de la violence est sensible depuis ces dernières années", marquée en particulier par une augmentation du "nettoyage social". Selon Betty et différents observateurs, "une cinquantaine d'enfants ont été abattus au cours de l'année 2002"et plusieurs dizaines d'autres sont morts de maladie (sida, entre autres), de sous-alimentation, ou victimes de bagarres.
Il y a un an, trois gamins ont été abattus de sang-froid et trois autres gravement blessés par des inconnus alors qu'ils dormaient dans un recoin de la 9 e avenue, dans la zone 8.
Parmi les victimes, une jeune femme de 20 ans, originaire du Honduras, Loani, a reçu trois balles dans le dos. Elle avait été accueillie dans le foyer de l'ONG Casa Alianza, où était né son enfant, en janvier.
Une autre des victimes, un jeune Guatémaltèque âgé de 17 ans, n'a pas survécu aux deux balles qui ont fracassé son crâne. Il y a quelques années - il vivait déjà dans les rues -, un homme avait aspergé son corps d'essence avant d'y mettre le feu. Brûlé au troisième degré, il avait passé plus de trois mois à l'hôpital. "Aucun des auteurs de ces assassinats n'a été retrouvé, comme dans 90 % des homicides qui se produisent au Guatemala", explique Francisco Arturo Echeverria, le directeur de Casa Alianza au Guatemala, une ONG aux moyens importants qui vient en aide aux enfants des rues et dont le service juridique suit plus de trois cents procédures.
Dans la nuit du 15 octobre 2002, des hommes armés arrivés en voiture et à moto ont tenté de tuer des enfants dans un abri de la zone 4, dont s'occupent Rudy et les éducatrices de SPM. Situé près de l'Hôtel Conquistador, à quelques mètres d'une boîte de nuit sordide, El Oro Solido, cet abri regroupe une quarantaine d'enfants.
Dans les décombres d'un parking abandonné, sur une terre de déchets et dans un fatras d'ordures carbonisées ou en décomposition, les enfants ont construit contre les murs qui subsistent des semblants d'abris. L'odeur rance des lieux se parfume, au gré du vent et des courants d'air, des effluves de solvants ou de colle.
L'entrée principale sur la rue et l'accès à chaque cabane sont protégés par des bâches noires. L'impact de balles y est encore parfaitement identifiable, en particulier sur celle de l'entrée de "la maison" de Sandra et Henry.
Agée de 17 ans et enceinte de six mois, la jeune fille rassemble ses cheveux en arrière et montre la trace de la balle qui lui a balafré le crâne au niveau de l'oreille. Henry, "mon mari", dit-elle, s'est précipité pour la protéger. Une balle lui a perforé le torse juste au-dessus du poumon ; il relève sa chemise et montre la cicatrice, juste sous la clavicule. Il se tourne et désigne maladroitement avec sa main dans le dos l'autre cicatrice, là où le projectile est ressorti. Henry entoure Sandra d'un bras protecteur avant qu'elle ne le quitte, pour quelques heures avec les éducatrices dans un foyer d'accueil de SPM, tout proche.
Pedro, un jeune policier, n'a rien à cacher et il veut bien raconter ce qu'il sait sur ces enfants des rues "qui fatiguent tout le monde".
"Oui", il veut bien parler du "nettoyage social" et jure qu'il "n'a jamais reçu de ses chefs l'ordre d'abattre des enfants des rues". Ce n'est pas la police qui fait cela, explique-t-il, tout en reconnaissant qu'il a "entendu dire que certains policiers pouvaient se joindre à des groupes privés de sécurité, qui exécutent ce type d'opérations" pour le compte de propriétaires de commerces ou de maisons qui les paient "pour nettoyer un quartier".
En fait, précise Pedro, pour comprendre la raison de ces exécutions, "il faut se mettre dans la tête des gens qui subissent les vols des gamins. C'est simple, certaines personnes ne supportent pas les rats, alors que d'autres s'en fichent. C'est la même chose avec les enfants des rues : il y en a qui ne les supportent pas".
Selon tous les observateurs, les accords de paix signés en 1996 et les différentes actions internationales ont mis l'accent sur les atrocités commises dans le passé contre les enfants des rues. "Cela a eu pour effet de faire baisser notablement la répression des forces de sécurité de l'Etat contre eux", explique Nidia Aguilar del Cid, responsable de l'enfance au bureau du procureur des droits de l'homme.
"Ces assassinats sont des formes d'autojustice qui s'exercent dans le cadre d'un climat de croissance de la délinquance et de l'impunité, et l'appui indirect de certains secteurs de la population est réel", explique la députée de gauche Nineth Montenegro, qui a beaucoup travaillé sur la protection de l'enfance. "La pire des choses à laquelle nous nous heurtons, en fait, sur ce problème et sur tant d'autres, c'est l'indifférence des gens, mais surtout du gouvernement." Pour Betty de Rueda, les autorités ne peuvent pas être accusées pour ces crimes : "Le gouvernement ne tue pas, mais il laisse faire. Il a perdu tout sens du social."
Le Guatemala, le plus grand pays d'Amérique centrale, avec 12 millions d'habitants, frontalier du Mexique, est à sa manière un eldorado pour les autres : le Honduras, le Salvador ou le Nicaragua, eux-mêmes ruinés par les guerres civiles d'un passé encore récent et par la pauvreté. C'est, pour son malheur, un chemin vers le nord, c'est- à-dire les Etats-Unis ; il attire de nombreux candidats au rêve. "Pour chaque enfant des rues, combien d'autres sont enfermés dans des ateliers clandestins ou contraints de se prostituer ?", demande Maria Eugenia Villarreal, la représentante en Amérique centrale d'Ecpat, une association dont le siège est à Bangkok et qui lutte contre l'exploitation sexuelle des enfants. Elle cite, "en exemple de l'horreur", la ville de Tecun Uman, dans le nord du pays, à la frontière avec le Mexique, "où des centaines d'enfants enlevés sont aux mains de bandes et de trafiquants en tout genre".
Selon une éducatrice de SPM, chacun des enfants des rues "a été au moins une fois le témoin d'un meurtre", ce qui augmente leur peur et rend encore plus difficile le contact avec eux. "Affamées et malades, les jeunes femmes sont écoutées, nourries, soignées. On les aide à retrouver l'estime de soi et à décrocher de la drogue. Elles reprennent contact avec la lecture et l'écriture. A long terme, l'objectif est de leur permettre de se réinsérer en bénéficiant d'une formation scolaire et professionnelle", explique Anne Pascal, la responsable de l'association Les Trois Quarts du monde, basée à Paris, qui finance les activités de Solo Para Mujeres.
Leur premier foyer, ouvert jour et nuit à Guatemala, offre un abri "pour trente jeunes filles et dix bébés" ; le second, avec la même capacité, ouvert en 2002, ne fonctionne que le jour dans le quartier chaud de Terminal. Mais les conditions financières précaires de l'association (un budget de 115 000 euros, alimenté par cent vingt et un donateurs pour l'année 2001) ne permettent pas à Anne Pascal de "s'engager au-delà de trois ans" et d'ouvrir jour et nuit le deuxième foyer. Celui où Candelaria pourrait s'arrêter.
Alain Abellard
les trois quarts du monde, 45, rue de richelieu, 75001 paris. tél. : 01-40-20-44-88.
Le Monde, article paru dans l'édition du 06-07-2003
1. Dans les extraits suivants, trouvez un mot ou un groupe de mots qui peut être déplacé et supprimé sans que la phrase devienne incorrecte.
a) "Candelaria est là, sous les arcades de la place principale de la capitale, à quelques dizaines de mètres du palais présidentiel."
b) "Chaque soir, la nuit venue, après avoir erré toute la journée, elle se met à la recherche d'un abri."
c) "Encore plus loin, dans une rue sombre du quartier de Terminal, un groupe salue Rudy et Nancy."
d) "Il y a un an, trois gamins ont été abattues alors qu'ils dormaient dans un recoin de la 9e avenue."
2. Quelle est la nature de ces mots ou de ces groupes ?
3. A quoi servent-ils dans la phrase ?
1. Dans les phrases soulignées, identifiez les CC et indiquez leur nature.
KORKINO (OURAL) ENVOYÉ SPÉCIAL
Au-dessus de la deuxième plus grande mine de charbon à ciel ouvert du monde, à Korkino, dans l'Oural, on n'entend que le vent glacial souffler. Un silence rarement interrompu par un bruit sourd, en bas, à plus de 600 mètres de profondeur, où l'extraction du charbon se poursuit tant bien que mal. Dans cette région houillère du coeur de la Russie, l'industrie était déjà mise à mal depuis quelques années : le gaz a remplacé le charbon pour alimenter les centrales électriques, tandis que la houille est d'une qualité de plus en plus médiocre.
Une catastrophe pour des villes qui ne connaissent aucune autre industrie que celle du charbon.
"Avant, ça grouillait en permanence ici", se rappelle Viktor Belov, ancien mineur à Korkino, en pointant l'énorme gouffre de trois kilomètres de circonférence. Aujourd'hui, rares sont les wagonnets qui circulent sur les petits rails qui ceignent la "Tasse", comme on appelle ici ce cratère monstrueux. De la crête, on voit bien quelques machines au fond, rendues minuscules par la distance, mais l'activité est minimale.
Pourtant, la ville de Korkino n'existe que pour la Tasse. Lorsque l'extraction houillère a débuté, dans les années 1930, ce n'était qu'un hameau. Aujourd'hui, c'est une ville de 60 000 habitants qui encercle la Tasse, tandis qu'une seconde mine, souterraine, a été creusée à proximité. Située à une cinquantaine de kilomètres de la capitale régionale, Tcheliabinsk, la ville de Korkino constitue, avec les municipalités de Kopeïsk et d'Emangelinsk, l'un des trois sites d'extraction de la Compagnie houillère de Tcheliabinsk (TchOuK).
Alexandre Billette, Le Monde, Article paru dans l'édition du 03.03.09
Par groupes de deux, écrivez un reportage sur un sujet que vous choisirez. Les photos sont autorisées, mais vous ne serez notés que sur le texte. Vous pouvez traiter d'un sujet réel, ou bien inventer, ou mélanger réel et fictif.
Sur une feuille, inscrivez :
Disposition du texte |
Titre, chapeau, paragraphes |
... / 2 pts |
Contenu du texte |
Chapeau qui présente le sujet du reportage de façon objective Accroche par une description initiale détaillée et pertinente Présence d'anecdotes plus ou moins développées Citations introduites par des verbes de parole variés Crédibilité des informations données |
... / 10 pts |
Maîtrise de la langue |
Orthographe Syntaxe Ponctuation |
.../8 pts |
Dans les extraits suivants, indiquez ce qui doit être amélioré.
1. Nous sommes en compagnie de la famille de la jeune fille Julia qui s'est enfui il y a deux jours. La mère de Julia nous explique que la jeune fille est partit sans les prévenir et qu'elle ne savait pas pourquoi elle était partis. Ses proches sont sous le choc. [C'est le début du texte.]
2. Son professeur principal a confier les résultats de julien ainsi que les excuses qu'il utilise pour justifier c'est absences. « Julien a des résultats catastrophique, par exemple : sa moyenne en français est de 2. Pour finir je vais vous parlé de c'est absence cela risque de vous choquer il n'est venu cette année que 5 jour par mois je vous laisse faire le calcul que 40 jour dans l'année ceci est inadmissible sachant que julien devais passer son bac en fin d'année. »
3. Une infirmière licencier de cet établissement témoigne. «Je me souviens de se jour où un patient voulait appeler sa fille, elle l'a plaquer au sol et l'a taper encore et encore jusqu'à temps qu'il ne se débatte plus. Ensuite elle est partit se calmer dehors alors moi et deux autres infirmières nous nous sommes précipiter pour le réanimer. Malheureusement a cause de la violence des coups, il n'a pas survécu. Je fus renvoyer car après ça je n'osait plus retourner travailler, alors je me rendis tout de suite au commissariat. Personne n'avait eu le courage de témoigné, et je regretta longtemps de ne pas l'avoir dénoncé avant.»