Lycée Chevrollier, Rue Adrien Recouvreur, 49000 Angers

Enseignant : M. D. AUBRIL

Descriptif EAF 2011-2012

Première S 2

NOM DE L'ELEVE : ...


Manuel : Français, 1re L/ES/S, coll. Empreintes littéraires, éd. Magnard, 2011

Séquence 01

Objet d'étude

Le personnage de roman, du XVIIème siècle à nos jours.

La construction du personnage romanesque

Problématique générale :

Dans la nouvelle fantastique Les Ruines circulaires, l'écrivain argentin J. L. Borges propose, à travers l'histoire d'un homme qui parvient à créer un autre homme en le rêvant, une image de la création littéraire. Dans quelle mesure la narration et le portrait romanesques permettent-ils de donner vie à un être humain ?

Lectures analytiques :

Madame de La Fayette, La Princesse de Clèves, 1678. (manuel, p. 68)

H. De Balzac, Avant- propos à la Comédie Humaine, 1842 (extrait).

G. Flaubert, L'Education sentimentale, 1869 (manuel, p. 92).

A. Robbe-Grillet, La Jalousie, 1957 (manuel, p. 79).

Lectures complémentaires :

Sur le personnage réaliste : H. de Balzac, La maison-du-Chat-qui-pelote, 1829, ou Ferragus, 1833, (choix laissé aux élèves). (oeuvre intégrale).

Sur la remise en cause du personnage traditionnel :

  • R. L. Stevenson, L'étrange cas du Docteur Jekyll et de Mr Hyde, 1885, trad. Théo Varlet. (extrait) ;
  • F. Kafka, Le Procès, 1925, trad. A. Vialatte, coll. Folio, éd. Gallimard. (extrait) ;
  • Nathalie Sarraute, L'Ère du soupçon, 1956, coll. Folio Essais, éd. Gallimard. (extrait).

Histoire des arts

Le portrait en peinture, (manuel p. 80-82) :

  • J. Van Eyck, Marguerite Van Eyck, 1439 ;
  • A. del Pallaiolo, Portrait de jeune femme, 1465 ;
  • P. P. Rubens, Portrait équestre du duc de Lerma, 1603 ;
  • E. G. L. Schielderup, Portrait de Mlle Guimard (copie d'après Fragonard, original de la première moitié du XVIIIe s.) ;
  • H. Matisse, Portrait de Madame Matisse, 1905 ;
  • A. Warhol, Ten Lizes, 1963.

Séquence 02

Objet d'étude

Le personnage de roman, du XVIIème siècle à nos jours.

Abbé Prévost, Histoire du chevalier des Grieux et de Manon Lescaut, 1731.

Problématique générale :

Dans l'Histoire du chevalier des Grieux et de Manon Lescaut, un jeune homme de bonne famille raconte l'histoire de ses relations tumultueuses avec une jeune femme volage qu'il a aimée, pour laquelle il a tout perdu, et qui est finalement morte dans ses bras. Quelle image du personnage féminin est-elle construite à travers la narration rétrospective de son amant ?

Support :

Abbé Prévost, Histoire du chevalier des Grieux et de Manon Lescaut, coll. Les Classiques de Poche, Le Livre de Poche, éd. LGF.

Lectures analytiques :

La rencontre, p. 90-93 (de "J'avais marqué le temps de mon départ..." à "...pour la rendre heureuse.")

La visite de Manon à Saint-Sulpice, p. 124-126 (de "Elle s'assit..." à "...un seul de tes regards.")

La mort de Manon, p. 307-309 (de "Pardonnez, si j'achève..." à "...qui me restait.")

Perspectives d'étude :

  • Portraits de deux déclassés : Les deux héros du livre ne sont-ils qu'un "fripon" et une "catin", pour reprendre le jugement de Montesquieu (Mes Pensées, p. 360 de l'édition utilisée) ?
  • La progression dramatique du récit : Comment ce roman oscille-t-il entre comédie de moeurs, drame bourgeois et tragédie classique ?
  • La peinture sociale : Comment le parcours de Des Grieux traverse-t-il plusieurs milieux sociaux de la France du XVIIIe s. ?
  • L'esthétique du coeur : Comment les propos et les scènes de ce livre posent-ils la question de la connaissance du coeur humain ? D'un côté, le "silence de Manon" ; de l'autre, le récit prolixe mais ambigu du chevalier, qui oscille entre justification a posteriori d'un comportement immoral et plaidoyer pour le droit au bonheur personnel.

Lectures complémentaires

Sur la quête du bonheur et la question du libertinage :

  • C. de Saint-Evremond, Sur les plaisirs (extrait), 1705 (manuel, p. 380)
  • A. Prévost, la démonstration de des Grieux à Tiberge, p. 179-180 (de "Tiberge, repris-je, qu'il vous est aisé de vaincre..." à "...certaine que par la foi.")
  • C. de Laclos, Les Liaisons dangereuses, extrait de la lettre IV, 1782.

Histoire des Arts

F. Boucher, La toilette, 1742 et L'Odalisque blonde, 1752.

J.-H. Fragonard, Le Verrou, 1778 (manuel, p. 381) et Le baiser à la dérobée, entre 1787 et 1788.

J.-B. Greuze, Le Chapeau blanc, 1780.

Séquence 03

Objet d'étude

La question de l'homme dans les genres de l'argumentation, du XVIe s. à nos jours.

"D'un homme à un autre homme"

Problématique générale :

Dans ses Essais, Montaigne écrit : "Plutarque dit quelque part qu'il ne trouve pas une aussi grande distance d'un bête à une autre qu'il en trouve d'un homme à un autre homme" (I, XLII, éd. Gallimard, coll. Quarto.) Quelle image la littérature moraliste donne-t-elle des relations entre les hommes ?

Lectures analytiques :

M. de Montaigne, Des Cannibales, Essais, I, 31, 1595 (manuel, p. 316)

J. de La Bruyère, Les Caractères, Des biens de Fortune, 83 (portraits de Giton et de Phédon), 1688

J. de La Fontaine, Les Animaux malades de la peste, Fables, VII, 1, 1768 (manuel, p. 332)

Lectures complémentaires :

Sur la littérature moraliste :

  • F. de La Rochefoucaud, Maximes, 1675 (extraits) ;
  • J. de La Bruyère, Les Caractères, Des biens de Fortune, 47, 128, 1688 (extraits).

Sur la question de la nature humaine :

T. Morrison, Un don, 2008, coll. 10/18, éd. Christian Bourgeois (oeuvre intégrale).

Sur cette dernière oeuvre, les pistes suivantes ont été explorées :

  • L'instabilité de la nature humaine : Comment les différents personnages évoluent-ils dans le roman ? Comment Florens, en particulier, devient-elle 'la sauvagerie incarnée' ?
  • L'orphelinage et ses conséquences : Quelle est la place de l'orphelinage dans le roman ? Quelles sont ses conséquences, au niveau des valeurs de chacun, du dialogue entre les êtres et de la constitution d'une identité humaine ?
  • Les Vanités : Comment l'homme, privé de l'espoir d'une descendance, affronte-il la mort ?

Histoire des Arts :

En relation avec le texte de Montaigne : J. N. R. Fleury, Réception de Christophe Colomb... à Barcelone en 1493, XIXe (manuel, p. 317).

En relation avec le regard porté sur l'homme par la littérature moraliste :

  • L. Lippi, Allégorie de la simulation, vers 1640 ;
  • G. de la Tour, Madeleine à la veilleuse, entre 1625 et 1650.

Séquence 04

Objet d'étude

Le texte théâtral et sa représentation, du XVIIème siècle à nos jours

"Le théâtre est comme la peste"

Problématique générale :

Dans Le Théâtre et son double, A. Artaud écrit : "Le théâtre est comme la peste... Une vraie pièce de théâtre bouscule le repos des sens, libère l'inconscient comprimé, pousse à une sorte de révolte virtuelle et ... impose aux collectivités rassemblées une attitude héroïque et difficile." En quoi le théâtre constitue-t-il souvent une contestation de la morale et de l'ordre établis ?

Lectures analytiques :

J. Racine, Phèdre, II, 5, 1677 (de "Ah, cruel !" à "que ta main doit frapper.") (manuel p. 128).

Marivaux, Le Jeu de l'amour et du hasard, Acte I, scène 6, 1730.

Alfred Jarry, Ubu roi, Acte I, scène 1, 1896

W. Mouawad, Incendies, 19, coll. Babel, éd. Actes Sud, 2002 (de "A cause des travaux... " à la fin)

Lectures complémentaires :

Sur l'analogie entre le théâtre et la peste :

  • A. Artaud, Le théâtre et son double, éd. Gallimard, 1938 (extrait)
  • Sophocle, OEdipe Roi, éd. GF–Flammarion, trad. de Robert Pignarre (extrait)

Sur les sources d'Ubu roi : W. Shakespeare, Macbeth, I, 7, 1606, trad. François Guizot (extrait)

Pour illustrer une vision plus 'merveilleuse' de la représentation théâtrale :

  • J. Giraudoux, L'Impromptu de Paris, 1937 (manuel, p. 158-159) (extrait)
  • W. Shakespeare, Le Songe d'une nuit d'été, env. 1595 (oeuvre intégrale)

Histoire des Arts :

Etude comparée de deux mises en scène de l'aveu de Phèdre (II, 5) : Mise en scène de Bernard de Coster, 1998 ; Mise en scène de Patrice Chéreau, 2003.

Séquence 05

Objet d'étude

Le texte théâtral et sa représentation, du XVIIème siècle à nos jours

V. Hugo, Ruy Blas, 1838.

Problématique générale :

Au sujet de la pièce de V. Hugo, le scénographe et costumier Ezio Toffolutti a parlé d'"un univers clos, qui peut devenir étouffant et oppressant" et d'"une pièce sur le pouvoir, sur la manipulation, sur des forces qui écrasent l'homme et l'empêchent de vivre." Ruy Blas expose-t-il la victoire ou la défaite de l'individu qui tente d'échapper à une réalité oppressante ?

Support :

V. Hugo, Ruy Blas, coll. Le Théâtre de Poche, éd. LGF.

Lectures analytiques :

L'exposition, Acte I, scène 1, v. 1 à 46.

La réapparition de Don César, IV, 2, v. 753-805.

Le dénouement de Ruy Blas, V, 4, v. 2213-2252.

Perspectives d'étude :

  • Le héros romantique : En quoi se distingue-t-il des autres formes de personnage dramatique ?
  • Les décors et les costumes dans la pièce : En quoi les objets et les lieux, dans la pièce, deviennent-ils partie intégrante de l'action dramatique ?
  • La rupture romantique : En quoi Ruy Blas rompt-il avec les règles du théâtre classique ?
  • Les relations entre maître et serviteur : Comment les relations entre le valet et son maître sont-elles représentées dans la pièce ?
  • La vraisemblance de la pièce : Dans quelle mesure cette pièce vous paraît-elle être un "miroir" de la réalité ?

Lectures complémentaires :

Sur le héros romantique :

  • V. Hugo, préface de Cromwell, 1827 (extrait).
  • A. de Musset, Lorenzaccio, III, 3, 1834 (extrait).
  • A. de Vigny, Chatterton, III, 1, 1835 (extrait).

Sur les relations entre maître et serviteur :

  • Molière, Dom Juan, I, 2, 1665 (extrait).
  • Beaumarchais, Le Mariage de Figaro, IV, 3, 1780 (extrait).
  • J. Genet, Les Bonnes, 1947 (extrait).

Histoire des Arts :

D. Velasquez, Les Ménines, 318×276cm, 1656 (manuel, p. 253).

Une photographie de la mise en scène de Ruy Blas par C. Schiaretti, Théâtre National Populaire de Villeurbanne, 2011.

Propos sur Ruy Blas, par B. Jaques-Wajeman ; entretien avec E. Toffolutti, scénographe et costumier, extraits du programme de Ruy Blas à la comédie-Française (2001).

Séquence 06

Objet d'étude

Écriture poétique et quête du sens, du Moyen Âge à nos jours

G. Apollinaire, Alcools, 1913.

Problématique générale :

"A la fin tu es las de ce monde ancien" écrit G. Apollinaire en tête de son recueil Alcools, dans une période d'intense bouleversement de toutes les formes artistiques. Comment ce recueil du début du XXe s. tente-t-il de renouveler le langage poétique en associant tradition et modernité ?

Support :

G. Apollinaire, Alcools, coll. Classicolycée, éd. Belin/Gallimard.

Lectures analytiques :

Le Pont Mirabeau, p. 19-20.

Nuit rhénane, p. 113.

Zone, v. 1 à 24, p. 11-12.

Perspectives d'étude :

  • La poésie comme commémoration des grands évènements d'une vie : Dans quelle mesure le recueil Alcools présente-t-il une autobiographie poétique ?
  • La fuite du temps : En quoi Alcools renouvelle-t-il un lieu commmun de la poésie élégiaque ?
  • Les figures féminines évoquées par le poète : Comment le poète compose-t-il son histoire amoureuse, entre femmes légendaires et femmes réelles, grandes amours et 'passes' ?
  • Une esthétique de la surprise et de la rupture : Comment G. Apollinaire a-t-il mis en application sa devise "J'émerveille" dans la composition des poèmes et du recueil lui-même ?

Lectures complémentaires :

Sur la poésie de la ville moderne :

  • C. Baudelaire, Le Cygne, Tableaux Parisiens, Les Fleurs du mal, 1857 (texte intégral).
  • B. Cendrars, Les Pâques à New York, Du Monde entier, 1912 (extraits).

Sur l'évolution d'une forme fixe :

  • P. de Ronsard, Comme un chevreuil, Amours de Cassandre, 1552 (manuel p. 266).
  • P. de Marbeuf, Et la mer et l'amour, Recueil de vers, 1628 (manuel p. 250).
  • G. de Nerval, El Desdichado, Les Chimères, 1853.
  • G. Apollinaire, Les Colchiques, Alcools, 1913.

Sur la quête poétique : J. L. Borges, Le Miroir et le masque, in Le Livre de sable, coll. Folio, éd. Gallimard, 1975 (texte intégral).

Histoire des Arts :

G. Moreau, Orphée, 1865.

E. Munch, La Séparation, 1896 (manuel, p. 99).

P. Picasso, Bouteille de Vieux-Marc, verre et journal, 1913, fusain, papiers collés et épinglés sur papier.