Introduction BTS

Indications pratiques

1. Ponctualité et assiduité

Indispensable pour réussir. Groupe engagé dans un parcours d'étude. Respect d'autrui : enseignants, camarades.

2. Le support de cours.

Principal instrument de travail. Classeur ou cahier. Cependant, chaque élève se doit d'avoir toujours avec soi la séquence en cours. Les notions (stylistique, genres et mouvements, histoire littéraire, histoire des arts) et les points de méthodes étudiés doivent être nettement repérés sur le support.

3. Informations sur les objets d'étude

Lien vers le projet annuel de BTS 1ère année

Objectifs :

- définir les attentes de l'enseignement et de l'épreuve de culture générale et d'expression en BTS.

Seance 01

Définitions

Cette séance est destinée à expliquer la nature et les objectifs du français en STS

Lecture
Nature de l'enseignement du français en STS

Objectifs et contenus

Le but de l’enseignement du français dans les sections de techniciens supérieurs est de donner aux étudiants la culture générale dont ils auront besoin dans leur vie professionnelle et dans leur vie de citoyen et de les rendre aptes à une communication efficace à l’oral et à l’écrit.

Culture générale

La culture générale est développée par la lecture de tout type de textes et de documents (presse, essais, œuvres littéraires, documents iconographiques, films) en relation avec les questions d’actualité rencontrées dans les médias, les productions artistiques, les lieux de débat.

En première année, le choix des thèmes de réflexion, des textes et documents d’étude est laissé à l’initiative du professeur qui s’inspire des principes suivants :

- créer une culture commune chez des étudiants arrivant d’horizons scolaires variés ;

- développer la curiosité des étudiants dans le sens d’une culture générale ouverte sur les problèmes du monde contemporain (questions de société, de politique, d’éthique, d’esthétique) ;

- développer le sens de la réflexion (précision des informations et des arguments, respect de la pensée d’autrui, formation à l’expression d’un jugement personnel) en proposant des textes et documents de qualité en accord avec les compétences de lecture du public concerné.

En deuxième année, deux thèmes sont étudiés. Ces thèmes, dont l’un est renouvelé chaque année, font l’objet d’une publication au B.O. Cette publication précise un intitulé, une problématique et des indications bibliographiques qui orientent et délimitent la problématique de chaque thème.

Expression

Une communication efficace à l’oral et à l’écrit suppose la maîtrise d’un certain nombre de capacités et de techniques d’expression. Cette maîtrise suppose, à son tour, une connaissance suffisante de la langue (vocabulaire et syntaxe) et une aptitude à la synthèse pour saisir avec exactitude la pensée d’autrui et exprimer la sienne avec précision.

Des exercices variés concourent à cette maîtrise : débat oral, exposé oral, analyse des interactions verbales ; analyse et résumé d’un texte, comparaison de textes plus ou moins convergents ou opposés, étude logique d’une argumentation, constitution et analyse d’une documentation, compte rendu d’un livre lu, composition d’une synthèse à partir de textes et de documents de toute nature, rédaction d’un compte rendu, d’une note, d’une réponse personnelle à une question posée, d’une argumentation personnelle.

Bulletin officiel [B.O.] n° 47 du 21 décembre 2006 (extrait)

Lecture
Définition des épreuves culture générale et expression pour l'examen du BTS

Objectifs

L’objectif visé est de certifier l’aptitude des candidats à communiquer avec efficacité dans la vie courante et dans la vie professionnelle.

L’évaluation sert donc à vérifier les capacités du candidat à :

  • tirer parti des documents lus dans l’année et de la réflexion menée en cours ;
  • rendre compte d’une culture acquise en cours de formation ;
  • apprécier un message ou une situation ;
  • communiquer par écrit ou oralement ;
  • appréhender un message ;
  • réaliser un message.

Formes de l’évaluation

Ponctuelle (écrite, durée : 4 h)

On propose trois à quatre documents de nature différente (textes littéraires, textes non litté raires, documents iconographiques, tableaux statistiques, etc.) choisis en référence à l’un des deux thèmes inscrits au programme de la deuxième année de STS. Chacun d’eux est daté et situé dans son contexte.

Première partie : synthèse (notée sur 40)

Le candidat rédige une synthèse objective en confrontant les documents fournis.

Deuxième partie : écriture personnelle (notée sur 20).

Le candidat répond de façon argumentée à une question relative aux documents proposés. La question posée invite à confronter les documents proposés en synthèse et les études de documents menée dans l’année en cours de “culture générale et expression”.

La note globale est ramenée à une note sur 20 points.

Bulletin officiel [B.O.] n° 47 du 21 décembre 2006 (extrait)

Document

Session 2011

Ce document est destiné à montrer aux étudiants un exemple d'épreuve

Observation

Le sujet ci-contre a été donné l'année précédente aux étudiants de BTS.


BREVET DE TECHNICIEN SUPÉRIEUR

TOUTES SÉRIES




CULTURE GÉNÉRALE ET EXPRESSION

SESSION 2011




DURÉE : 4 HEURES


PREMIÈRE PARTIE : SYNTHÈSE (/40 POINTS)

Génération(s)

Vous rédigerez une synthèse concise, objective et ordonnée des documents suivants:

Document 1 : Christine Castelain-Meunier, Pères, mères, enfants (1998)

Document 2 : Philippe Geluck, Entrechats (1999)

Document 3 : Nicolas Jonas, La famille (2007)

Document 4 : Victor Hugo, Les Misérables, Tome III, Livre III, « Le grand-père et le petit-fils» (1862)


DEUXIÈME PARTIE: ÉCRITURE PERSONNELLE (/20 POINTS)

Selon vous, les liens intergénérationnels s'imposent-ils ou se construisent-ils?

Vous répondrez à cette question de façon argumentée en vous appuyant sur les documents du corpus, vos lectures de l'année et vos connaissances personnelles.


Documents

Document 1

Soucieux de leur identité personnelle, convaincus des valeurs que sont la performance et l'efficacité, les parents entretiennent parfois des rapports de compétition, que l'on retrouve dans les relations parents-enfant. L'enfant constitue un merveilleux support de projection des affects personnels, il peut être investi par les représentations les plus inattendues. De plus, la jalousie peut s'installer entre l'enfant qui fait son entrée dans la vie et l'adulte nouvellement parent, exacerbée par la valeur culturelle liée à la «fraîcheur» génétique, cellulaire, instinctuelle, rajeunissante du nouveau-né et par l'attendrissement que son état de dépendance et sa fragilité suscitent. L'adulte refoulera ce sentiment et tentera de présenter une authenticité positive dans ce contexte culturel en mouvement, qui mythifie la jeunesse et dévalorise le vieillissement, le contourne et l'évite.

L'ambiguïté inhérente à la venue de l'enfant est patente. La journaliste Claire Brisset évoque dans son livre, un monde qui dévore ses enfants, les dieux de la mythologie aux prises avec l'enfant dans le combat pour l'éternité. L'enfant est source de fierté, il projette

l'adulte dans l'avenir, dans la continuité de l'histoire humaine, dans le registre de la transcendance. Le père, en acceptant de reconnaître l'enfant, de lui donner son nom, l'inscrit dans son histoire familiale, par le biais de la filiation, et le fait accéder à une part d'éternité. La mère, unie à l'enfant, en s'en déliant physiquernent, est reconnue comme l'actrice principale, en même temps qu'elle doit, progressivement, se distancier de cette situation particulière qu'est la grossesse et qui l'a définie pendant neuf mois. Elle doit accepter que l'histoire de l'enfant lui succède et l'inscrive, elle aussi, dans l'éternité.

Si pour le père et pour la mère le bébé est symbole de fierté, de regénérescence (à condition qu'il se révèle conforme aux «normes» médicales socialernent en vigueur), il est aussi le symbole d'un achèvement. Il constitue la relève et représente ainsi la fin d'une étape. Or, l'acceptation philosophique de la limite n'est pas si facile. La force intérieure et l'équilibre psychique doivent être individuellement suffisamment développés pour accepter cette notion de limite, afin de permettre à un troisième être, aussi adorable soit-il, de prendre sa place. (. . )

Concevoir un enfant dans un contexte marqué par la recherche d'excellence comporte des risques: l'écart entre l'enfant réel et l'enfant imaginaire peut constituer un fossé de plus en plus difficile à compter.

Des rituels d'accompagnement et d'initiation à l'entrée et au suivi de la parentalité devraient pouvoir se développer afin de favoriser une meilleure acceptation de l'enfant par les parents et une meilleure prise de responsabilité. Car accepter l'enfant tel qu'il est n'est pas facile. Lorsque l'individu devient parent, ce sont ses ressources individuelles qui sont sollicitées. Avant l'industrialisation, lorsque la référence à la communauté était prévalente, l'histoire de l'enfant était toute tracée. S'il survivait, son arrivée à maturité représentait une garantie pour l'avenir. Cela n'a désormais pas le même sens: les rapports entre les générations n'intègrent pas la même solidarité familiale qu'autrefois, les conditions de la retraite et les organismes spécialisés ont changé.

Il est attendrissant de constater que dans les faire-part de naissance contemporains règne une confusion des places telle qu'il est parfois difficile d'identifier les parents, la petite sœur ou le grand-frère, et le nouveau-nè. Tout le monde semble en apparence appartenir à la même génération. Le nouveau-né annonce qu'il est en pleine forme, la grande sœur qu'elle est fière. .. La réponse à la devinette apparaît, au bas du faire-part, en petits caractères: le prénom des parents et leur adresse. On est loin des faire-part de naissance qui passaient en revue une partie de la généalogie familiale. La distinction entre générations. À l'inverse, les traumatismes interrompent la transmission car ils ne peuvent pas être scénarisés et figurés dans la psyché : ils ne peuvent faire l'objet d'une narration et restent présents comme des blessures non cicatrisées, non mentalisées, corps étrangers dans le corps qui poussent à la répétition pour décharger la tension et la souffrance qu'ils maintiennent.

Christine Castelain-Meunier, Pères, mères, enfants (1998)

Document 2

Générations

Philippe Geluck, Entrechats (1999)

Document 3

Le désir d'affiliation existe-t-il encore?

Ce que les acteurs contemporains reprochent à la famille, c'est surtout sa fonction d'assignation, son caractére obligatoire qui enferme chacun dans des rôles et des allégeances non discutables. Avec la montée de l'individualisme, soulignée par tant de sociologues, la norme qui semble s'imposer est celle de l'élection, de la gratuité et du libre arbitre. Mais les individus refusent-ils pour autant de se réclamer d'une famille? Le lien familial est-il vraiment devenu un lien comme un autre, fragile et révocable?

Pour savoir si le lien de filiation a gardé encore une spécificité, Jean-Hugues Déchaux a analysé la façon dont les individus gardent la mémoire de leurs aïeux décédés, lors de la fête de la Toussaint. Contrairement à ce qu'on aurait pu penser, l'individualisme n'a pasconduit à la disparition du souvenir des morts. On conserve, on fête et on ravive encore de nos jours le souvenir de nos parents décédés. Ce constat peut sembler paradoxal, mais Jean-Hugues Déchaux nous explique bien que cette survivance de la mémoire provient de la nécessité de se construire une identité: « Le symbolisme de la filiation procure au sujet une sécurité ontologique d'autant plus précieuse qu'elle est mise à mal par l'évolution de la société. » On n'existe qu'à partir de quelque chose. Or, repenser à ses ancêtres, perpétuer leur souvenir revient à s'inscrire dans une histoire, une chronologie qui permet de s'ancrer dans une réalité stable, perpétuelle et anhistorique. Se souvenir permet de conjurer l'angoisse de la mort, de s'inscrire dans une filiation et, surtout, d'affirmer son identité.

Il est donc difficile d'être soi dans sa vie familiale sans pouvoir s'approprier une mémoire. Or, cette nécessité de se créer une origine est une caractéristique relativement récente, comme le montrent les débats actuels sur l'accouchement sous X. L'accouchement sous X, qui consiste en un accouchement anonyme suivi de l'abandon de l'enfant auprès d'institutions médicales, est reconnu par le Code civil en 1993. Mais on est passé en l'espace de dix ans de la légalisation de cette forme d'abandon à sa remise en cause profonde. Pour Cécile Ensellem, ce retournement s'explique par la capacité des défenseurs de l'«accès aux origines» à soutenir l'idée que l'abrogation de la loi est nécessaire pour tout le monde. Beaucoup craignaient, en effet, que la possibilité pour un enfant adopté de connaître l'identité de sa mère biologique ne fragilise la position de la famille adoptive. Les opposants à la loi sous X expliquent, au contraire, que le fait que l'enfant adopté sache d'où il vient lui permettra de se construire dans de meilleures conditions. Le droit d'accès aux origines serait le garant du bien-être des familles d'accueil et de l'enfant adopté. Il est nécessaire, pour tout le monde, de connaître et de se voir reconnaître ses origines biologiques. Mais cette nécessité d'affiliation ne concerne-t-elle que des parents liés par le sang ?

Bérengère Véron a montré, dans une étude sur les familles recomposées, qu'un enfant pouvait accorder à son beau-parent une place dans sa mémoire biographique aussi importante que celle qu'occupe un vrai père ou une vraie mère. Pourtant, cet attachement presque filial au beau-parent n'engendre pas d'affiliation avec la famille du beau-parent.

L'enfant n'a pas le sentiment d'appartenir à cette famille par alliance et préfère s'inscrire dans les lignées de ses parents biologiques. Il y a donc une forme d'idéologie du sang dans ce désir d'affiliation qui s'exprime aujourd'hui. Mais les individus disposent d'une certaine marge de manœuvre. Ils choisissent, parmi leurs aïeux, ceux avec lesquels ils se reconnaissent un lien. On peut se choisir des références parmi les membres passés et présents de sa parenté, mais on n'est pas obligé de les accepter tous. On a donc surtout affaire à une affiliation imaginaire, une affiliation symbolique. Même si elle est dominée par l'idéologie du sang (et donc par un certain déterminisme contraire à l'idée de libre arbitre), elle exprime l'idéal d'une affiliation sans contrainte conforme à la montée de l'individualisme.

Nicolas Jonas, La famille (2007)

Document 4

Dans le roman Les Misérables, le personnage de Marius est élevé par son grand-père M. Gillenormand, fidèle à la Monarchie de la Restauration (1815-1830). Le grand-père de Marius refuse de revoir son fils, partisan de Napoléon et opposé à la Monarchie. Marius ne connaÎt donc pas son père.

En 1827, Marius venait d'atteindre ses dix-sept ans. Comme il rentrait un soir, il vit son grand-père qui tenait une lettre à la main.

Marius, dit M. Gillenormand, tu partiras demain pour Vernon.

- Pourquoi ? dit Marius.

- Pour voir ton père.

Marius eut un tremblement. Il avait songé à tout, excepté à ceci, qu'il pourrait un jour se faire qu'il eût à voir son père. Rien ne pouvait être pour lui plus inattendu, plus surprenant, et, disons-le, plus désagréable. C'était l'éloignement contraint au rapprochement. Ce n'était pas un chagrin, non, c'était une corvée.

Marius, outre ses motifs d'antipathie politique, était convaincu que son père, le sabreur, comrne l'appelait M. Gillenormand dans ses jours de douceur, ne l'aimait pas; cela était évident, puisqu'il l'avait abandonné et laissé à d'autres. Ne se sentant point aimé, il n'aimait point. Rien de plus simple, se disait-il.

Il fut si stupéfait qu'il ne questionna pas M. Gillenormand. Le grand-père reprit:

- Il paraît qu'il est malade. Il te demande.

Et après un silence il ajouta:

- Pars demain matin. Je crois qu'il y a cour des Fontaines une voiture qui part à six heures et qui arrive le soir. Prends-la. Il dit que c'est pressé.

Puis il froissa la lettre et la mit dans sa poche. Marius aurait pu partir le soir même et être près de son père le lendemain matin. Une diligence de la rue du Bouloi faisait à cette époque le voyage de Rouen la nuit et passait par Vernon. Ni M. Gillenormand ni Marius ne songèrent à s'informer.

Le lendemain, à la brune, Marius arrivait à Vernon. Les chandelles commençaient à s'allumer. Il demanda au premier passant venu: la maison de monsieur Pontmercy. Car dans sa pensée il était de l'avis de la restauration, et, lui non plus, ne reconnaissait son père ni baron ni colonel.

On lui indiqua le logis. Il sonna. Une femme vint lui ouvrir, une petite lampe à la main.

- Monsieur Pontmercy ? dit Marius.

La femme resta immobile.

- Est-ce ici ? demanda Marius.

La femme fit de la tête un signe affirmatif.

- Pourrais-je lui parler ?

La femme fit un signe négatif.

- Mais je suis son fils, reprit Marius. Il m'attend.

- Il ne vous attend plus, dit la femme.

Alors, il s'aperçut qu'elle pleurait.

Elle lui désigna du doigt la porte d'une salle basse. Il entra.

Dans cette salle qu'éclairait une chandelle de suif posée sur la cheminée, il y avait trois hommes, un qui était debout, un qui était à genoux, et un qui était à terre et en chemise couché tout de son long sur le carreau. Celui qui était à terre était le colonel.

Les deux autres étaient un médecin et un prêtre qui priait. (...)

A la clarté crépusculaire de la chandelle, on distinguait sur la joue du colonel gisant et pâle une grosse larme qui avait coulé de son œil mort. L'œil était éteint, mais la larme n'était pas séchée. Cette larme, c'était le retard de son fils.

Marius considéra cet homme qu'il voyait pour la première fois, et pour la dernière, ce visage vénérable et mâle, ces yeux ouverts qui ne regardaient pas, ces cheveux blancs, ces membres robustes sur lesquels on distinguait çà et là des lignes brunes qui étaient des coups de sabre et des espèces d'étoiles rouges qui étaient des trous de balles. Il considéra cette gigantesque balafre qui imprimait l'héroïsme sur cette face où Dieu avait empreint la bonté. Il songea que cet homme était son père et que cet homme était mort, et il resta froid.

La tristesse qu'il éprouvait fut la tristesse qu'il aurait ressentie devant tout autre homme qu'il aurait vu étendu mort.

Le deuil, un deuil poignant, était dans cette chambre. La servante se lamentait dans un coin, le curé priait, et on l'entendait sangloter, le médecin s'essuyait les yeux; le cadavre lui-même pleurait.

Ce médecin, ce prêtre et cette femme regardaient Marius à travers leur affliction sans dire une parole; c'était lui qui était l'étranger. Marius, trop peu ému, se sentit honteux et embarrassé de son attitude; il avait son chapeau à la main, il le laissa tomber à terre, afin de faire croire que la douleur lui ôtait la force de tenir.

Les Misérables, Tome III, Livre III, Victor Hugo, Le grand-père et le petit-fils (1862)

Seance 02

Rédiger un portrait

Cette séance est consacrée à un travail d'enquête et d'écriture

Observation

1. Quel est l'objectif de ces deux textes ?

2. Quels sont les éléments qui composent ces portraits ?

Recherche

Par groupes de deux, à tour de rôle, interrogez-vous, et rassemblez les éléments nécessaires à l'écriture d'un portrait.

Ecriture

Rédigez un portrait de type journalistique de l'étudiant que vous avez interrogé.

Ian Ference, dans les ruines de New York

Surtout, ne lui parlez pas de fantômes. Bien que Ian Ference prenne un malin plaisir à se glisser dans des ruines, à arpenter de longs couloirs désaffectés ou à enjamber les herbes folles de jardins délaissés, ce n'est pas pour chasser des ectoplasmes mais pour capter une âme. Celle de ces lieux qui, faute d'argent, d'attention ou de raison d'être, pourrissent lentement, souvent dans l'indifférence. Ce trentenaire originaire de Rochester (nord de l'Etat de New York) a fait de l'archéologie urbaine son thème de prédilection, et de New York et ses environs son terrain d'exploration.

The Kingston Lounge est le nom d'un club de jazz abandonné, situé en face de l'appartement de Brooklyn où Ian vivait à l'époque où il a créé le blog. Depuis l'adolescence, appareil photo en bandoulière, il arpente la ville à la recherche de vieilles bâtisses. Mais ce n'est qu'en 2008 qu'il se décide à rassembler sur un blog les images qu'il avait jusqu'alors l'habitude de publier sporadiquement sur Internet.

RACONTER UNE HISTOIRE

"A cette époque, le sort de l'Admiral's Row, un ensemble de bâtiments historiques où logeaient autrefois les policiers de Brooklyn, était en discussion et j'ai pensé pouvoir contribuer à sa préservation en interpellant le public", explique-t-il. Une fois le blog créé, le travail de Ian prend alors une autre dimension: au-delà de la qualité technique des images mises en ligne sur The Kingston Lounge, Ian souhaite avant tout raconter une histoire.

"Notez bien que je dis “une histoire”, pas “l'histoire”, insiste-t-il. Ces endroits sont complexes, il y a une multitude de choses à dire sur chaque bâtiment, que ce soit l'histoire du Divine Lorraine Hotel, laissé à l'abandon par un promoteur peu scrupuleux, ou celle de “Thyphoid” Mary, une célèbre pensionnaire de l'hôpital de North Brother Island." Photographe-archéologue, Ian n'est pas qu'un professionnel de l'image, il est également chercheur.

Car dénicher de "nouveaux" bâtiments abandonnés demande une belle dose de patience. "Plusieurs centaines d'heures de recherche", estime-t-il. Un travail de documentation colossal qui lui permet d'alimenter une base de données d'environ 1000 lieux différents qu'il a l'ambition d'explorer.

Unique en son genre, The Kingston Lounge, de l'aveu même de son créateur, a vu son audience décoller cette année, avec pas moins de 100 000 visiteurs par mois. Un chiffre "gratifiant" pour Ian, même s'il regrette le peu d'interactions qu'il peut se permettre avec les internautes, "faute de temps". Parmi les centaines d'e-mails qu'il reçoit chaque jour, il répond en priorité aux personnes souhaitant acheter des tirages. "Mon blog n'est pas monétisé [pas rémunéré par la publicité], explique-t-il, donc je ne peux pas mettre de côté les propositions commerciales qui me sont faites." Pas question de vendre son âme au diable, donc, même si Ian avoue qu'il cherche un travail à temps plein, "car ce serait quand même mieux d'avoir une couverture sociale et un revenu stable".

Audrey Fournier, article publié dans Le Monde, 04.08.11

Seance 03

Les portraits - remarques

Cette séance est consacrée à un travail d'enquête et d'écriture

Remarques

Remarques sur ces premiers textes => impératifs pour les textes suivants.

1. La présentation. Matériel : style, copie. Rédaction : paragraphes. Pas de sauts de lignes.

2. La syntaxe, le vocabulaire, la ponctuation, l'orthographe : attention : une communication efficace implique une construction correcte des phrases, une utilisation correcte des mots... ATTENTION : l'informatique, c'est avant tout de la syntaxe et de l'orthographe...

3. Le choix des temps : plus jamais de passé simple. Langue littéraire. Inutile dans le domaine de la communication.

4. La structure du texte. Il faut que votre texte paraisse avancer dans une direction. Eviter l'effet bric-à-brac.

Il a passé son brevet... Il est passionné de jeux vidéo... Il est allé au lycée... Il aime la guitare... Après son bac, il a choisi informatique...

Pour cela : une question au départ ; puis un parcours qui répond de façon logique à la question.

Les faits doivent être expliqués et reliés les uns avec les autres. Un texte n'est pas une suite de phrases.

Il a fait une fac de psychologie. Il a changé d'orientation. Il fait souvent du skate-board. Il loge dans un appartement avec un co-locataire.

5. Attention à la hiérarchie des informations. Ne pas mettre au premier plan des informations secondaires, et vice-versa.

X. a choisi de faire un BTS informatique. Au début, il voulait le faire au Mans, mais il n'y avait pas de place, donc il a fait une demande sur Angers en juin 2011 sur la plate-forme d'orientation post-bac...

6. L'utilisation des citations. Elles doivent être :

  • présentes
  • utiles (éviter les tautologies)
  • pertinentes (utiliser la citation pour donner de la variété et pour faire entendre la personne, ses opinions, son regard sur les choses)